Ségolène Royal a visiblement du mal à digérer sa défaite à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Arrivée troisième avec seulement 7,62% des voix, très loin derrière Raphaël Glucksmann et ses 66,13%, l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 tente d’expliquer son mauvais résultat par le prix demandé aux électeurs pour participer au scrutin. Dans un long message publié sur X, elle affirme avoir perdu de nombreuses voix à cause des 15 euros exigés pour voter, s’interroge sur les 80.000 nouveaux inscrits et va jusqu’à menacer de se désolidariser de l’union de la gauche si celle-ci prend une orientation qu’elle juge trop proche du macronisme.
Les 15 euros du vote, responsables de son échec selon elle
Avec seulement 9.165 voix, contre 79.613 pour Raphaël Glucksmann et 17.398 pour Olivier Faure, Ségolène Royal a subi une sévère défaite lors de la primaire organisée pour désigner le candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle de 2027. Mais plutôt que de s’attarder sur l’écart considérable qui la sépare du vainqueur, l’ancienne ministre met en avant le coût de la participation au scrutin.
« Je sais que j’ai perdu beaucoup de voix à cause du prix à 15 euros », assure-t-elle, expliquant avoir demandé que le tarif soit ramené à 4 euros. Elle affirme que de nombreux sympathisants, notamment des jeunes et des personnes issues des catégories populaires, auraient souhaité voter pour elle mais y auraient renoncé pour des raisons financières.
Pour appuyer son propos, elle rapporte même les paroles de personnes rencontrées pendant sa campagne : « Pourquoi c’est cher, on n’aurait bien voulu voter pour vous en famille car au moins on comprend que vous, vous nous voulez du bien, mais on ne peut pas c’est trop cher ». Ségolène Royal se dit désolée de cette situation et laisse entendre que son résultat aurait pu être sensiblement différent si la participation avait été moins coûteuse.
Le problème est qu’aucun élément chiffré ne permet d’établir combien d’électeurs auraient effectivement voté pour elle avec un tarif inférieur. Surtout, avec près de 70.500 voix de retard sur Raphaël Glucksmann, il aurait fallu une mobilisation supplémentaire considérable en sa faveur pour inverser le résultat.
Elle s’interroge aussi sur les 80.000 nouveaux inscrits
Autre élément avancé par Ségolène Royal pour commenter sa défaite : la composition du corps électoral. Dans son message, elle reprend les interrogations de sympathisants qui se demandent si les 80.000 nouveaux inscrits à cette primaire étaient réellement de gauche.
« Vous me demandez si les 80.000 nouveaux inscrits sont de gauche puisque c’est une primaire de gauche ? Je ne le sais pas plus que vous. » Cette remarque remet implicitement en question le profil politique d’une partie des participants. La consultation comptait quelque 140.000 inscrits, pour un peu plus de 120.000 votants. Raphaël Glucksmann a remporté le scrutin dès le premier tour avec plus des deux tiers des suffrages, tandis que Ségolène Royal n’a même pas atteint la barre des 10%.
Battue par Glucksmann, elle menace désormais de prendre ses distances avec l’union de la gauche
L’ancienne ministre prévient également qu’elle pourrait refuser de participer au rassemblement de la gauche si celui-ci ne correspond pas à ses orientations politiques.
« S’il y a l’union à gauche, j’y aiderais comme promis. Si ça dérive vers le macronisme qui a mis la France en faillite financière, et qui a gouverné par la peur et la brutalité, ce sera sans moi », écrit-elle. Une déclaration qui ressemble à une mise en garde adressée au vainqueur de la primaire, alors que les cinq candidats avaient pris l’engagement de soutenir celui qui remporterait le scrutin.
Cette menace fait suite à une campagne pendant laquelle Ségolène Royal avait multiplié les attaques contre Raphaël Glucksmann. Elle avait notamment comparé son rival à un « stagiaire », mettant en cause son expérience politique face à la sienne. Après la victoire de l’eurodéputé, elle avait également repris cette comparaison avec ironie, en déclarant que « le stagiaire a gagné, malheureusement ».
Ségolène Royal n’annonce donc pas encore officiellement une rupture avec le rassemblement, mais elle conditionne clairement sa participation à la ligne politique qui sera choisie. Deux jours seulement après la victoire de Raphaël Glucksmann, la candidate battue remet ainsi publiquement en discussion son engagement à soutenir l’union de la gauche.
Voici la déclaration intégrale de Ségolène Royal sur X :
« Je voudrais vous dire à tous ceux et celles qui m’ont soutenue et encouragée, et qui m’envoyez tant de messages que je suis aussi déçue que vous après cette campagne claire et courageuse avec les débats que vous avez aimés.
Vous me demandez si les 80.000 nouveaux inscrits sont de gauche puisque c’est une primaire de gauche ? Je ne le sais pas plus que vous.
Vous me dites aussi que beaucoup de gens n’ont pas voté à cause du prix ? Ça c’est vrai. J’avais demandé que ce soit 4 euros. Je sais que j’ai perdu beaucoup de voix à cause du prix à 15 euros : vous me l’avez souvent dit, notamment les jeunes, encore récemment devant les lycées, et les catégories populaires : «pourquoi c’est cher, on n’aurait bien voulu voter pour vous en famille car au moins on comprend que vous, vous nous voulez du bien, mais on ne peut pas c’est trop cher» J’en suis désolée croyez-le.
S’il y a l’union à gauche, j’y aiderais comme promis. Si ça dérive vers le macronisme qui a mis la France en faillite financière, et qui a gouverné par la peur et la brutalité, ce sera sans moi #2027Elections »

Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.