Roland Lescure a pris position dimanche en faveur de l’Ukraine, qualifiant Volodymyr Zelensky de « héros » et excluant toute réduction des sanctions européennes contre la Russie, alors que Washington a conclu un accord commercial avec Moscou.
Le ministre français des Finances Roland Lescure a tenu à marquer clairement la position de Paris ce dimanche, au lendemain d’un accord surprise entre les États-Unis et la Russie portant sur l’achat massif de diesel russe, accompagné d’un assouplissement des sanctions américaines. Donald Trump avait également estimé que l’Ukraine devrait « se doter d’un nouveau président », critiquant les frappes de Kiev sur les raffineries russes. Face à ces déclarations, Roland Lescure a été catégorique : « On ne trahira pas l’Ukraine. On a été à ses côtés depuis le début et on le sera jusqu’au bout. »
Le ministre a également défendu Volodymyr Zelensky, rappelant que le président ukrainien avait proposé de cesser les attaques sur les raffineries russes à condition que Moscou renonce en retour aux frappes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. « L’Ukraine a des hivers rigoureux », a souligné Roland Lescure, insistant sur la nécessité de protéger les capacités énergétiques du pays. Quant à la légitimité du chef d’État ukrainien, il a été sans ambiguïté : « Le peuple ukrainien est seul aujourd’hui à même de choisir son leader, et s’il veut en changer un jour, il le fera selon des règles démocratiques. »
Les sanctions européennes, un levier que Paris entend préserver
Sur le plan économique, Roland Lescure a indiqué que la réunion des ministres des Affaires étrangères européens prévue lundi à Luxembourg serait l’occasion d’examiner une extension des sanctions contre la Russie, que la France ne cherche « en aucun cas » à réduire. Interrogé sur un éventuel impact de l’accord américano-russe sur les cours mondiaux du diesel, le ministre s’est montré prudent, répondant simplement « on verra ».
Ce positionnement intervient dans un contexte où des entreprises françaises encore présentes en Russie, comme Auchan et l’ex-Leroy Merlin, ont vu leurs actifs saisis par Moscou, une situation que Roland Lescure avait qualifiée en septembre d’acte « hostile » envers la France.

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