Alors que les lycéens entament leur cinquième semaine de mobilisation, le gouvernement affirme que le déploiement des 3 000 professeurs remplaçants promis par le ministre de l’Éducation nationale a bel et bien débuté. Les syndicats enseignants, eux, pointent des dysfonctionnements sur le terrain.
Le mouvement lycéen, lancé à la mi-septembre, ne faiblit pas. Un cinquième temps fort de manifestations est prévu ce mardi, maintenant la pression sur l’exécutif. Pour tenter d’apaiser la contestation, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray avait annoncé le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants dans les établissements les plus touchés par les absences. Lundi matin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a confirmé que cette mesure était désormais en cours d’application, tout en reconnaissant la complexité logistique de l’opération. Un « outil d’optimisation » a été mis en place en urgence pour coordonner les affectations, a-t-elle précisé, insistant sur le fait qu’un enseignant de mathématiques absent ne saurait être remplacé par un collègue de lettres.
Maud Bregeon, qui occupe également le portefeuille de l’Énergie au sein du gouvernement, a appelé à un retour au calme tout en reconnaissant la légitimité d’une partie des revendications. « Il y a des revendications qu’on doit entendre. La question du remplacement en fait évidemment partie », a-t-elle déclaré.
Les syndicats dénoncent une mesure déconnectée du terrain
Du côté des organisations enseignantes, le bilan est nettement plus nuancé. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, juge l’annonce « assez déconnectée des réalités du terrain ». Elle rapporte que des professeurs ont déjà été sollicités pour intervenir dans une discipline qui n’est pas la leur. Dans ces cas-là, le ministère indique que ces enseignants n’assureront pas le cours à proprement parler mais pourront éventuellement proposer du soutien, ce que la syndicaliste traduit sans détour : « l’heure de cours restera perdue ».

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