Marie Portolano a été relaxée ce mercredi par le tribunal correctionnel de Paris dans le procès en diffamation que lui avait intenté Pierre Ménès. L’ancien chroniqueur vedette du Canal Football Club avait porté plainte contre la journaliste après la publication de son livre Je suis la femme du plateau, dans lequel elle dénonçait notamment une agression sexuelle qu’elle affirme avoir subie en 2016 sur le plateau de Canal+. Cette décision intervient douze jours avant le procès de Pierre Ménès pour les faits dénoncés par son ancienne collègue.
Une plainte déposée après les accusations de Marie Portolano
La procédure avait été engagée en juin 2024, trois mois après la publication du livre de Marie Portolano aux éditions Stock. Pierre Ménès contestait deux passages de l’ouvrage dans lesquels la journaliste décrivait les comportements d’un ancien collègue, sans le nommer directement.
Dans l’un de ces extraits, elle écrivait : « Il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l’entouraient. De toucher qui il voulait, où il voulait. » Un autre passage affirmait : « Il avoue qu’il l’a fait. » Pierre Ménès, qui estimait être clairement identifiable, avait décidé de poursuivre la journaliste pour diffamation. Le directeur général des éditions Stock, Manuel Carcassonne, était également poursuivi.
Comme nous l’avions expliqué lors de l’ouverture du procès en septembre, cette affaire trouve son origine dans des accusations remontant à plusieurs années.
« Il touchait souvent mes fesses ou mes seins » : les accusations maintenues devant le tribunal
Lors de l’audience du 7 septembre, devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, Marie Portolano avait maintenu ses accusations contre Pierre Ménès. Elle avait notamment raconté un épisode survenu le 28 août 2016, lors de l’enregistrement du Canal Football Club.
Selon son témoignage, l’ancien consultant lui avait soulevé la jupe et touché les fesses, hors antenne, devant plusieurs personnes présentes sur le plateau. Elle avait expliqué avoir réagi en lui donnant une gifle avant de quitter momentanément le plateau.
La journaliste avait également dénoncé des comportements répétés de son ancien collègue. « J’ai souvent été touchée par Pierre Ménès. J’avais adopté une stratégie d’évitement. Il touchait souvent mes fesses ou mes seins », avait-elle déclaré devant les juges.
Elle avait poursuivi : « J’avais beau lui dire que cela me mettait mal à l’aise, que c’était désagréable, cela le faisait rire. » Marie Portolano avait également affirmé que certaines maquilleuses avaient subi des comportements similaires.
Pour étayer ses déclarations, sa défense avait produit plusieurs témoignages écrits, notamment ceux de maquilleuses et d’Hervé Mathoux, présentateur historique du Canal Football Club. Ces témoignages corroboraient les faits qu’elle décrivait.
Pierre Ménès absent à l’audience, le procureur avait défendu la bonne foi de la journaliste
Pierre Ménès n’avait pas assisté à l’audience du 7 septembre. Son avocate avait sollicité un report, invoquant un rendez-vous médical prévu de longue date à Rennes. Le tribunal avait rejeté cette demande et décidé d’examiner l’affaire en son absence.
Au cours des débats, une séquence vidéo issue du documentaire Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, réalisé par Marie Portolano et diffusé en 2021, avait été projetée. Dans cet extrait, initialement écarté de la version diffusée sur Canal+, la journaliste confrontait Pierre Ménès aux faits qu’elle lui reprochait.
L’ancien consultant affirmait ne pas se souvenir de l’épisode et déclarait notamment : « Si je ne peux plus chambrer une meuf parce que c’est une meuf, c’est insupportable. »
À l’issue de l’audience, le procureur avait estimé que Marie Portolano était « de bonne foi », au regard notamment des témoignages produits pour appuyer ses déclarations.
Son avocat, Me Christophe Bigot, avait dénoncé une « procédure abusive et détestable qui consiste à poursuivre sa victime ». Il avait également demandé la condamnation de Pierre Ménès pour abus de constitution de partie civile.
Le tribunal avait mis sa décision en délibéré au 4 novembre. Il a finalement prononcé la relaxe de Marie Portolano ce mercredi.
Pierre Ménès attendu devant la justice le 16 novembre pour agression sexuelle
Le volet pénal de cette affaire doit désormais être examiné par le tribunal correctionnel de Nanterre. Pierre Ménès doit y être jugé le 16 novembre pour les faits d’agression sexuelle dénoncés par Marie Portolano.
Cette procédure est distincte du procès en diffamation qui vient de s’achever. La relaxe de la journaliste concerne les propos publiés dans son livre et ne constitue pas un jugement sur la culpabilité pénale de Pierre Ménès concernant les faits de 2016.
L’ancien consultant a déjà été condamné dans une autre affaire d’agression sexuelle. En avril 2023, le tribunal correctionnel de Paris lui avait infligé deux mois de prison avec sursis pour des faits commis en 2018 sur une vendeuse d’un magasin Nike situé sur les Champs-Élysées. Il avait été relaxé de deux autres accusations examinées lors de cette audience.
Le 16 novembre, les magistrats de Nanterre devront se prononcer sur les accusations concernant Marie Portolano, dix ans après les faits qu’elle affirme avoir subis sur le plateau du Canal Football Club.









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