Marie Portolano doit comparaître ce lundi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour diffamation envers Pierre Ménès. L’ancien chroniqueur vedette de Canal+ a engagé cette procédure après la publication du livre Je suis la femme du plateau, dans lequel la journaliste raconte notamment l’agression sexuelle qu’elle affirme avoir subie en 2016 lorsqu’elle travaillait pour la chaîne cryptée.
Un procès qui pourrait toutefois ne pas avoir lieu ce lundi. La défense de Pierre Ménès a demandé le renvoi de l’audience à une date ultérieure, en invoquant un rendez-vous médical prévu à Rennes avec un spécialiste. L’avocat de Marie Portolano et des éditions Stock s’oppose à cette demande.
Cette audience constitue une nouvelle étape d’une affaire que nous avions déjà racontée lors de la mise en examen de Marie Portolano après la plainte de Pierre Ménès.
Deux passages du livre de Marie Portolano au cœur de la plainte
Pierre Ménès avait saisi la justice en juin 2024, trois mois après la parution aux éditions Stock de Je suis la femme du plateau. La plainte vise précisément deux passages de l’ouvrage. Marie Portolano n’y nomme pas directement l’ancien consultant du Canal Football Club, mais celui-ci considère être identifiable.
Dans le premier passage contesté, la journaliste décrit le comportement de l’homme qu’elle met en cause : « Il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l’entouraient. De toucher qui il voulait, où il voulait, avec le consentement non des personnes concernées évidemment, mais de celles qui auraient tout à fait pu l’arrêter. » Le deuxième extrait visé est beaucoup plus court. Marie Portolano écrit : « Il avoue qu’il l’a fait. »
Manuel Carcassonne, directeur général des éditions Stock, est également poursuivi dans cette affaire.
Marie Portolano accuse Pierre Ménès d’une agression sexuelle en 2016
L’affaire trouve son origine dans un épisode qui se serait déroulé en août 2016 sur le plateau du Canal Football Club. Marie Portolano accuse Pierre Ménès de lui avoir soulevé la jupe et touché les fesses, hors antenne mais devant le public présent sur le plateau. Pierre Ménès a pour sa part affirmé ne pas se souvenir de cet épisode.
Le scandale avait pris une dimension considérable en 2021 avec la diffusion du documentaire Je ne suis pas une salope, je suis journaliste, coréalisé par Marie Portolano et consacré au sexisme dans le journalisme sportif.
Des images mettant directement en cause Pierre Ménès avaient été coupées du documentaire diffusé par Canal+, avant d’être révélées par la suite. On y voyait notamment Marie Portolano confronter son ancien collègue au sujet de l’épisode de 2016. La polémique avait précipité la fin de près de 12 années de collaboration entre Pierre Ménès et Canal+.
Pierre Ménès demande le report du procès
Alors que le dossier doit désormais être examiné sur le fond, l’audience de ce lundi pourrait être renvoyée. Chloé Redon, nouvelle avocate de Pierre Ménès, a demandé son report en raison d’un rendez-vous médical à Rennes, prévu de longue date avec un médecin spécialiste.
Une demande à laquelle s’oppose Christophe Bigot, avocat de Marie Portolano et des éditions Stock. Celui-ci estime que Pierre Ménès cherche à éviter que l’affaire soit plaidée immédiatement : « Il ne veut pas que cette affaire se plaide, parce que maintenant, il voit que ce n’est pas forcément très bien engagé. »
La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris doit donc d’abord décider si elle accepte ou non cette demande de renvoi. Nous avions déjà détaillé ce week-end les enjeux du procès en diffamation opposant Marie Portolano à Pierre Ménès.
Une condamnation de Pierre Ménès dans une autre affaire
Le procès de ce lundi porte exclusivement sur la diffamation reprochée à Marie Portolano et ne doit pas être confondu avec d’autres procédures concernant Pierre Ménès.
En avril 2023, l’ancien consultant avait été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à deux mois de prison avec sursis pour agression sexuelle dans une autre affaire, concernant des faits commis en 2018 sur une vendeuse d’un magasin Nike des Champs-Élysées. Il avait en revanche été relaxé pour deux autres accusations examinées lors du même procès et avait fait appel de sa condamnation.
Les faits racontés par Marie Portolano concernant le plateau du Canal Football Club en 2016 sont distincts de cette procédure.
Ce lundi, la justice doit donc se prononcer non pas sur l’agression sexuelle dénoncée par Marie Portolano, mais sur les propos qu’elle a publiés dans son livre. Si la demande de Pierre Ménès est acceptée, le débat sur le fond sera repoussé à une nouvelle audience. Dans le cas contraire, Marie Portolano et son éditeur devront défendre devant le tribunal les deux passages contestés de Je suis la femme du plateau.
