Les 9 victimes du crash d’un Learjet 60, survenu dimanche 1er novembre en Floride, ont désormais été identifiées. Parmi elles figurent Adam Robinson, un entrepreneur américain de 45 ans ayant fait fortune dans les nouvelles technologies, son épouse Helen Sharp, leurs deux enfants âgés de 4 et 2 ans, leur nounou, deux amis du couple et les deux pilotes de l’appareil. Le jet privé, qui reliait le Texas aux Bahamas, s’est écrasé dans une zone résidentielle après une chute vertigineuse, avant d’exploser et de laisser un immense cratère dans la chaussée.
Adam Robinson, entrepreneur à succès, a péri avec sa femme et leurs deux enfants
Adam Robinson, 45 ans, était un entrepreneur américain spécialisé dans les nouvelles technologies et le marketing numérique. Il avait notamment cofondé Robly, une plateforme de marketing par courrier électronique, avant de créer Retention.com, une entreprise permettant aux sites de commerce en ligne d’identifier leurs visiteurs et de développer leurs bases de clients. Il était également à l’origine de RB2B, une société spécialisée dans l’identification des visiteurs professionnels.
Diplômé de l’université Rice, à Houston, il avait travaillé dans la finance, notamment chez Lehman Brothers et Barclays Capital, avant de se lancer dans l’entrepreneuriat. Ses entreprises avaient connu un important développement et lui avaient permis de faire fortune.
Installé avec sa famille à Aspen, dans le Colorado, il avait récemment évoqué son bonheur de pouvoir concilier sa vie professionnelle et sa vie familiale. « J’ai l’impression de vivre un rêve. J’adore pouvoir voir mes enfants le matin et le soir, et ne pas avoir à voyager autant pour le travail. », avait-il confié dans un podcast consacré à l’entrepreneuriat.
Son épouse, Helen Sharp, 40 ans, était artiste céramiste. Elle avait auparavant travaillé dans les relations publiques avant de se consacrer à ses créations artistiques.
Le couple voyageait avec ses deux enfants, Emma Robinson, 4 ans, et Charlie Robinson, 2 ans. Tous les quatre ont été tués dans l’accident. Leurs proches ont rendu hommage à des parents profondément attachés à leurs enfants, dont la générosité et la chaleur humaine étaient appréciées de leur entourage.
Leur nounou et deux amis du couple ont également trouvé la mort
Trois autres passagers accompagnaient la famille Robinson à bord du Learjet.
Anita Maria Cetina s’occupait des deux enfants du couple. La jeune femme, qui faisait partie de leur quotidien, était particulièrement proche d’Emma et de Charlie. Elle avait accompagné la famille pour ce déplacement vers les Bahamas.
Les deux autres victimes étaient Rachael Reed et Charmi Fehr, deux amis proches du couple. Les familles des sept passagers ont confirmé leurs identités dans une déclaration commune publiée après la catastrophe.
Les proches ont également adressé leurs condoléances aux familles des deux pilotes, rappelant que neuf personnes avaient perdu la vie dans cet accident.
Nathalia Gadelha Filgueiras, une copilote de seulement 20 ans
La copilote du Learjet était Nathalia Gadelha Filgueiras, une jeune Américaine d’origine brésilienne âgée de seulement 20 ans.
Originaire de Boca Raton, en Floride, elle avait obtenu sa licence de pilote privé en 2023, à 17 ans, alors qu’elle était encore lycéenne à West Boca Raton Community High School. Elle avait bénéficié d’un programme de formation aéronautique financé par le district scolaire du comté de Palm Beach.
À l’époque, la jeune femme avait attiré l’attention des médias locaux en devenant pilote avant même de posséder son permis de conduire. « Certaines personnes trouvent étrange que je puisse piloter des avions, mais que je ne puisse pas conduire une voiture. Je trouve ça drôle. », avait-elle déclaré en 2023.
Elle avait ensuite poursuivi sa formation pour devenir pilote professionnelle. Titulaire des qualifications nécessaires pour exercer les fonctions de copilote sur Learjet 60, elle n’était toutefois pas habilitée à commander seule ce type d’appareil.
Sa mère, Camila Corteleti, a confirmé son décès. Sa famille a décrit une jeune femme travailleuse et responsable, passionnée par l’aviation depuis l’adolescence.
Le commandant de bord a été identifié comme Jeff Gregory, 55 ans. Son décès a notamment été confirmé par East Coast Jets, une entreprise pour laquelle il avait travaillé entre 2016 et 2017. Les deux membres d’équipage ont péri dans la catastrophe.
Un voyage vers les Bahamas interrompu par une chute vertigineuse
Le Learjet 60, immatriculé N722BD, avait décollé dimanche matin de l’aéroport international Austin-Bergstrom, au Texas. Il devait rejoindre l’aéroport de North Eleuthera, aux Bahamas.
Alors qu’il survolait le sud de la Floride, l’appareil avait rencontré des conditions météorologiques difficiles. L’équipage avait signalé des précipitations, des turbulences et la présence de glace sur l’avion.
Les pilotes avaient demandé l’autorisation de monter à 37 000 pieds, soit environ 11 300 mètres, pour tenter de trouver des conditions de vol plus favorables. Quelques instants plus tard, le jet avait commencé à perdre brutalement de l’altitude.
Comme l’avaient révélé les derniers échanges radio entre les pilotes et le contrôle aérien, l’équipage avait signalé une descente atteignant successivement 10 000 puis 20 000 pieds par minute, alors que l’appareil se trouvait en situation de survitesse.
Dans les derniers instants, un message de détresse avait été transmis : « Nous allons nous écraser au sol, nous allons mourir. » Une dernière phrase avait suivi : « Nous n’avons plus le temps. »
Le contact radio avait ensuite été perdu.
Les données de suivi aérien indiquent que l’appareil aurait perdu environ 7 700 mètres d’altitude en seulement 62 secondes. Sa vitesse verticale aurait momentanément dépassé 32 000 pieds par minute, soit plus de 160 mètres par seconde.
Une explosion gigantesque et un cratère au milieu d’une zone résidentielle
Vers 12h50, heure locale, le Learjet s’était écrasé à Greenacres, près de West Palm Beach, dans le comté de Palm Beach.
Les images de l’accident et de l’explosion avaient montré l’avion plongeant presque verticalement avant de percuter le sol. Une énorme boule de feu avait immédiatement suivi l’impact.
Le choc avait provoqué un incendie, endommagé des habitations et creusé un important cratère dans la chaussée. Les débris de l’appareil avaient été projetés dans les environs.
Les autorités avaient procédé à l’évacuation d’environ 600 habitants du secteur et ouvert deux centres d’accueil pour les personnes déplacées. Plusieurs routes avaient été fermées pour permettre aux secours et aux enquêteurs de travailler.
Aucun des neuf occupants de l’avion n’avait survécu. Aucun décès au sol n’avait été signalé dans les premiers bilans.
Givrage, orage violent et possible rupture de l’avion en plein vol
Les enquêteurs du National Transportation Safety Board, l’organisme fédéral américain chargé des enquêtes sur les accidents de transport, cherchent désormais à comprendre ce qui a provoqué la perte de contrôle de l’appareil.
Plusieurs hypothèses sont examinées, notamment celle d’un orage en plein développement, d’un phénomène de givrage ou d’une défaillance structurelle.
Les premiers éléments sur les causes possibles de la catastrophe avaient notamment mis en évidence l’intensification extrêmement rapide d’une cellule orageuse sur la trajectoire de l’avion.
Les conditions météorologiques pourraient avoir soumis le Learjet à de fortes turbulences. Le givrage pourrait également avoir modifié ses caractéristiques aérodynamiques, notamment en réduisant la portance des ailes ou en perturbant le fonctionnement de l’empennage.
Une autre hypothèse concerne une possible rupture de certaines parties de l’appareil avant l’impact. La violence de la descente et les contraintes mécaniques subies par l’avion pourraient avoir endommagé sa structure.
Les enquêteurs examinent notamment la dispersion des débris autour du lieu du crash afin de déterminer si certains éléments se sont détachés pendant le vol.
Aucune de ces hypothèses n’a, à ce stade, été confirmée comme étant à l’origine de l’accident.
Le NTSB devra reconstituer les dernières secondes du Learjet
Les investigations se poursuivent sur les lieux du crash, où une partie de l’épave a été retrouvée enfouie dans le cratère provoqué par l’impact.
Les équipes du NTSB et de la Federal Aviation Administration doivent examiner les débris, les données de trajectoire, les communications radio et les éventuels enregistreurs de bord.
Le constructeur Bombardier a annoncé sa coopération avec les enquêteurs.
L’enquête devra notamment déterminer si la perte de contrôle a été provoquée par les conditions météorologiques, une défaillance technique, une rupture structurelle ou une combinaison de plusieurs facteurs. Le NTSB n’a pas encore établi les causes exactes de la catastrophe.









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