L’Espagne a été frappée ce mercredi par une nouvelle catastrophe ferroviaire. Deux trains à grande vitesse sont entrés en collision près d’Urda, dans la province de Tolède, au sud de Madrid. Le bilan atteint désormais au moins 50 morts et plus de 170 blessés, selon les derniers chiffres relayés par les médias espagnols. Plusieurs voitures ont déraillé et les secours ont été massivement mobilisés. Cette tragédie intervient neuf mois après l’accident ferroviaire d’Adamuz, qui avait déjà coûté la vie à 46 personnes.
Un train à grande vitesse percute un autre convoi à l’arrêt
L’accident s’est produit mercredi matin, vers 8h54, sur la ligne ferroviaire à grande vitesse Madrid-Séville, entre les communes de Los Yébenes et d’Urda, au point kilométrique 118. Deux trains transportant plusieurs centaines de voyageurs ont été impliqués : un AVE de la compagnie publique Renfe et un convoi de l’opérateur privé Iryo.
Selon les premiers éléments communiqués après la catastrophe, le train AVE 2080 de Renfe a percuté par l’arrière le train Iryo 6076, qui se trouvait immobilisé sur la voie. La violence du choc a provoqué le déraillement de plusieurs voitures, dont certaines ont basculé dans un talus longeant les voies.
Environ 544 voyageurs se trouvaient à bord des deux trains, dont 397 dans celui de Renfe et 147 dans celui d’Iryo. Les circonstances de l’immobilisation du premier convoi et les raisons pour lesquelles le second train n’a pas pu éviter la collision font désormais l’objet d’investigations.
Au moins 46 morts et plus de 170 blessés : un bilan humain dramatique
Le bilan humain s’est rapidement aggravé au fil de la matinée. Après une première annonce faisant état de 10 décès, les chiffres ont été successivement revus à la hausse. Les derniers bilans relayés par les médias espagnols font état d’au moins 46 morts et de plus de 170 blessés, dont plusieurs dans un état grave.
Les équipes de secours ont été confrontées à des conditions d’intervention particulièrement difficiles. Des voitures ferroviaires fortement endommagées, des débris éparpillés sur les voies et les talus ainsi que la présence de nombreux passagers blessés ont compliqué les opérations d’évacuation.
Les pompiers, les services médicaux d’urgence, la protection civile et plusieurs hélicoptères sanitaires ont été mobilisés. Des moyens supplémentaires ont été envoyés depuis différentes communes de Castille-La Manche afin de prendre en charge les victimes et d’assurer leur transport vers les établissements hospitaliers.
La porte-parole du gouvernement régional, Esther Padilla, a averti que le bilan pourrait encore s’alourdir. Les recherches se poursuivent dans les voitures accidentées, tandis que les autorités travaillent à l’identification des victimes et à l’information de leurs proches.
Des images montrent l’ampleur de la catastrophe
Les premières images diffusées après la collision montrent des voitures ferroviaires déraillées, dont certaines ont basculé sur le côté. Des voyageurs et des secouristes apparaissent au milieu des débris, des bagages et des équipements dispersés à proximité des trains.
Des passagers ont été pris en charge directement sur les lieux avant leur évacuation. Les équipes médicales ont installé des zones de secours afin d’effectuer un premier tri des blessés et de déterminer les priorités de transport vers les hôpitaux.
La violence de l’accident et l’importance du nombre de victimes ont nécessité le déploiement d’un dispositif exceptionnel. Les opérations de secours se poursuivent parallèlement aux premières constatations techniques sur les deux convois.
La liaison Madrid-Séville interrompue, des milliers de voyageurs perturbés
Le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol, Adif, a suspendu la circulation des trains à grande vitesse sur l’axe reliant Madrid à l’Andalousie. Les liaisons desservant notamment Ciudad Real, Cordoue, Séville et Malaga sont concernées par d’importantes perturbations.
Les compagnies ferroviaires ont mis en place des mesures commerciales exceptionnelles, permettant aux voyageurs touchés par les annulations de modifier leurs billets ou d’obtenir leur remboursement. Des dispositifs d’assistance ont également été organisés dans plusieurs gares, notamment à Madrid-Atocha, Séville-Santa Justa et Cordoue.
La reprise du trafic dépendra de l’achèvement des opérations de secours, de l’évacuation des trains accidentés et des vérifications nécessaires sur les voies et les équipements de signalisation.
Neuf mois après les 46 morts d’Adamuz, une nouvelle tragédie ferroviaire
Cette catastrophe frappe l’Espagne neuf mois après l’accident ferroviaire d’Adamuz, en Andalousie, qui avait provoqué la mort de 46 personnes le 18 janvier 2026.
À Adamuz, un train à grande vitesse avait déraillé avant de percuter un autre convoi circulant en sens inverse. L’accident avait entraîné une vaste enquête sur l’état du réseau ferroviaire, notamment sur les rails, les infrastructures et les dispositifs de sécurité.
La catastrophe avait également provoqué une interruption prolongée des liaisons à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie, avant leur réouverture plusieurs semaines plus tard.
Le nouvel accident présente des circonstances différentes. Cette fois, les premières constatations évoquent une collision par l’arrière entre deux trains circulant sur la même ligne. Les enquêteurs devront notamment déterminer pourquoi le convoi Iryo était immobilisé et comment le train Renfe a pu le percuter.
Pedro Sánchez réagit, une enquête ouverte pour comprendre la collision
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a exprimé son émotion après l’annonce de la catastrophe. Le chef du gouvernement s’est déclaré « consterné par ce grave accident », tandis que les autorités nationales et régionales ont mobilisé leurs services pour venir en aide aux victimes.
Le président de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, a annoncé son déplacement sur les lieux. Le gouvernement régional a activé son plan territorial d’urgence, le Platecam, afin de coordonner les opérations de secours, l’assistance aux blessés et la prise en charge des familles.
L’enquête devra reconstituer précisément les dernières minutes précédant la collision. Les investigations porteront notamment sur la vitesse du train Renfe, les conditions d’arrêt du convoi Iryo, le fonctionnement de la signalisation ferroviaire et les éventuelles défaillances des systèmes de sécurité.
Avec au moins 46 morts et plus de 170 blessés, l’Espagne connaît sa deuxième catastrophe ferroviaire particulièrement meurtrière de l’année 2026. Les opérations de secours se poursuivent et les autorités doivent encore établir le bilan définitif des victimes.









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