C’est un changement majeur dans le système éducatif français. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a annoncé ce lundi 26 octobre son intention de remplacer Parcoursup à l’horizon 2028, après plusieurs semaines de mobilisation des lycéens et des étudiants. Mise en place en 2018 sous le gouvernement d’Édouard Philippe, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur doit être profondément transformée dès 2027, avant l’entrée en vigueur d’un nouveau système l’année suivante. L’exécutif entend ainsi répondre aux critiques concernant l’opacité des critères de sélection, le stress des candidats et les difficultés d’accès aux formations supérieures.
Le Premier ministre a détaillé cette réforme à Matignon, aux côtés du ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray et du ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste. Le calendrier prévoit deux étapes. Dès la campagne 2027, les établissements devront apporter davantage de transparence sur leurs critères de sélection, notamment en motivant les refus et en précisant les éléments pris en compte dans l’examen des candidatures. Le gouvernement souhaite également simplifier la plateforme, généraliser les outils de simulation et mieux encadrer l’utilisation des lettres de motivation. Un comité associant notamment des lycéens et des enseignants doit travailler à la définition du futur dispositif.
Un nouveau système d’admission prévu pour 2028
À partir de la campagne 2028, Parcoursup doit laisser place à un système d’admission repensé. Parmi les pistes évoquées figurent une modification de la prise en compte du contrôle continu, un accompagnement à l’orientation dès la classe de seconde et le développement d’outils numériques utilisant l’intelligence artificielle pour aider les élèves à identifier les formations correspondant à leur parcours. Le gouvernement souhaite notamment réduire la pression exercée sur les lycéens dès la classe de première, où les résultats scolaires jouent aujourd’hui un rôle important dans la constitution des dossiers.
Cette transformation s’accompagne d’autres engagements destinés à répondre aux revendications de la jeunesse. Sébastien Lecornu annonce la création de 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur dès la rentrée 2027, dont 10 000 en BTS, 4 000 en IUT et 1 000 dans les formations de santé. L’exécutif prévoit également de plafonner les effectifs de certaines classes de seconde à 28 élèves, de mobiliser quatre milliards d’euros de prêts pour la rénovation des collèges et lycées et un milliard supplémentaire pour les universités. Les bourses étudiantes sur critères sociaux doivent par ailleurs être indexées sur l’inflation dès la rentrée 2027.
La suppression de Parcoursup constitue l’une des principales revendications du mouvement lycéen engagé depuis septembre. Plusieurs formations politiques, notamment La France insoumise et les Écologistes, réclamaient son abandon, tandis que d’autres responsables défendaient une réforme profonde. France Universités avait toutefois mis en garde contre une suppression sans solution de remplacement, estimant qu’elle risquerait de désorganiser les admissions dans l’enseignement supérieur.

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