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Cisjordanie : une commission de l’ONU accuse Israël de crimes contre l’humanité, dont l’extermination

Cisjordanie : une commission de l’ONU accuse Israël de crimes contre l’humanité, dont l’extermination
Cisjordanie : une commission de l’ONU accuse Israël de crimes contre l’humanité, dont l’extermination

Une commission d’enquête internationale indépendante mandatée par les Nations unies accuse Israël d’avoir commis plusieurs crimes contre l’humanité en Cisjordanie occupée, notamment des actes d’extermination, de torture, de viol et de persécution. Dans un rapport rendu public ce lundi 26 octobre 2026, les enquêteurs estiment que les autorités et les forces israéliennes ont mené des attaques généralisées et systématiques contre la population civile palestinienne. Ces conclusions, particulièrement graves, interviennent à la veille des élections législatives israéliennes. Israël rejette catégoriquement les accusations et dénonce une campagne visant à délégitimer son existence.

Créée en 2021 par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, cette commission indépendante examine les violations présumées du droit international dans les territoires palestiniens occupés et en Israël. Son nouveau rapport décrit une dégradation considérable de la situation en Cisjordanie depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et le déclenchement de la guerre à Gaza. Selon les enquêteurs, les opérations militaires israéliennes, associées aux violences persistantes de certains colons, s’inscriraient dans une politique de persécution et de déplacement de la population palestinienne. Le document souligne notamment l’augmentation spectaculaire du nombre de Palestiniens tués lors de frappes aériennes en Cisjordanie. Alors que six personnes avaient été tuées dans de telles frappes entre 2008 et le 6 octobre 2023, les enquêteurs recensent 254 morts entre le 7 octobre 2023 et le 30 septembre 2026. La commission fait également état de destructions d’habitations, de déplacements forcés et de violences sexuelles. Elle considère que certains de ces actes pourraient relever des qualifications pénales les plus graves prévues par le droit international. Ces conclusions constituent toutefois celles d’un organe d’enquête indépendant et non un jugement rendu par une juridiction internationale.

Israël rejette des accusations particulièrement graves

Le président de la commission, le juriste indien Srinivasan Muralidhar, estime que les homicides, les blessures infligées aux civils et les destructions de logements participent d’une stratégie plus large visant à exterminer et à déplacer les Palestiniens, tout en leur imposant des conditions de vie insoutenables. Les enquêteurs accusent également les autorités israéliennes d’avoir cherché à punir collectivement la population de Cisjordanie en réaction aux attaques du Hamas. Le rapport évoque des persécutions fondées sur plusieurs critères discriminatoires, notamment la nationalité, l’origine ethnique et l’appartenance raciale. Il maintient par ailleurs les conclusions précédemment formulées par la commission concernant des actes de génocide dans la bande de Gaza, une qualification qu’Israël conteste fermement. La représentation israélienne auprès des Nations unies à Genève a immédiatement dénoncé les nouvelles accusations, estimant que le rapport s’inscrivait dans une campagne de désinformation destinée à présenter l’État hébreu comme criminel. L’ambassadeur israélien Daniel Meron a accusé la commission de chercher à remettre en cause le droit d’Israël à exister et à se défendre. Les autorités israéliennes demandent sa dissolution et contestent son impartialité.

La publication de ce rapport pourrait accentuer les tensions diplomatiques autour de la situation dans les territoires palestiniens occupés. La Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, compte plus de trois millions de Palestiniens et environ 500 000 colons israéliens. Les colonies y sont considérées comme illégales au regard du droit international, une interprétation contestée par Israël. Ces dernières années, les opérations militaires, les violences commises par des colons et les déplacements de populations ont suscité des préoccupations croissantes parmi les organisations internationales de défense des droits humains. En septembre 2026, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme avait déjà alerté sur les déplacements forcés de dizaines de milliers de Palestiniens, évoquant de possibles crimes contre l’humanité. Les conclusions de la nouvelle commission pourraient désormais alimenter les travaux des juridictions internationales et les débats sur les responsabilités individuelles des auteurs présumés de violations du droit humanitaire. Elles ne constituent cependant pas, à elles seules, une condamnation judiciaire d’Israël. À la veille d’un scrutin législatif particulièrement sensible, ce nouveau rapport replace la situation des civils palestiniens et la conduite des opérations israéliennes au centre des préoccupations internationales.

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