Israël a annoncé un bouclage de la Cisjordanie occupée pour le mardi 27 octobre 2026, jour des élections législatives israéliennes. Cette décision, présentée par l’armée comme une mesure de sécurité, prévoit la fermeture des points de passage terrestres et l’interdiction de déplacement des travailleurs palestiniens vers les colonies et les zones industrielles israéliennes. Elle intervient après une attaque armée près d’Hébron, qui a entraîné une vaste opération militaire et le déplacement d’environ 2 000 habitants palestiniens. À deux jours d’un scrutin décisif pour Benjamin Netanyahou, les tensions s’intensifient dans un territoire déjà marqué par une forte présence militaire.
Les autorités israéliennes ont confirmé dimanche 25 octobre la mise en place de restrictions exceptionnelles de circulation à l’occasion des élections législatives. Dès dimanche et lundi, les travailleurs palestiniens ne pourront plus accéder aux colonies israéliennes de Cisjordanie et de la vallée du Jourdain, à l’exception de certaines zones industrielles et de quelques secteurs bénéficiant d’autorisations spécifiques. Mardi, ces dérogations seront supprimées et l’ensemble des passages terrestres concernés seront fermés pendant la journée électorale. L’armée explique cette décision par la nécessité de prévenir de nouvelles attaques et de garantir le déroulement du scrutin. Le dispositif intervient dans un climat particulièrement tendu depuis l’attaque du vendredi 23 octobre près d’Hébron. Deux assaillants palestiniens ont été tués par les forces israéliennes après une fusillade ayant également coûté la vie à deux soldats israéliens, selon les informations communiquées par les autorités. Benjamin Netanyahou avait immédiatement réagi en ordonnant un renforcement des opérations militaires dans la région, laissant entrevoir une intervention d’une ampleur inhabituelle.
Hébron sous pression, Netanyahou face à un scrutin décisif
La situation est particulièrement préoccupante à Hébron, principale ville du sud de la Cisjordanie. Samedi, les forces israéliennes ont procédé à l’évacuation d’environ 2 000 Palestiniens dans plusieurs secteurs de la ville, notamment dans le quartier d’Ein Dir Baha, d’où seraient originaires les auteurs présumés de l’attaque. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, affirme que l’opération vise une cellule du Hamas et que les habitants déplacés ne pourront regagner leur domicile avant la fin des interventions militaires. Une quarantaine de personnes ont également été arrêtées, certaines étant soupçonnées d’appartenir au Hamas ou au Jihad islamique. Les autorités palestiniennes dénoncent des mesures touchant indistinctement les populations civiles et demandent une intervention internationale. Le gouverneur d’Hébron, Khaled Dudin, redoute une extension des opérations à d’autres quartiers, tandis que la municipalité cherche des solutions d’hébergement pour les familles déplacées. Ces événements s’ajoutent à une multiplication des violences en Cisjordanie, où les affrontements, les opérations militaires et les attaques de colons contre des habitants palestiniens alimentent un climat d’insécurité persistant.
Sur le plan politique, cette décision intervient à un moment crucial pour Benjamin Netanyahou, dont l’avenir à la tête du gouvernement dépendra du résultat des élections du 27 octobre. Le Premier ministre israélien a fait de la sécurité nationale l’un des principaux thèmes de sa campagne, dans un contexte de fortes divisions politiques et de tensions persistantes avec les Palestiniens. Ses adversaires lui reprochent notamment sa gestion des crises sécuritaires, tandis que ses alliés les plus nationalistes réclament une politique encore plus ferme en Cisjordanie. Le bouclage annoncé pourrait également avoir des conséquences économiques importantes pour les travailleurs palestiniens dépendant des emplois proposés dans les colonies et les zones industrielles. Au-delà de la seule journée électorale, les opérations en cours à Hébron soulèvent des interrogations sur l’évolution de la politique israélienne dans les territoires occupés. Alors que les autorités militaires présentent ces restrictions comme temporaires, leur application intervient dans une période où la perspective d’une désescalade entre Israéliens et Palestiniens paraît particulièrement éloignée.

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