SOCIÉTÉ Police-Justice

Mort de Cédric Chouviat : le procès de trois policiers reporté à juin 2027

Mort de Cédric Chouviat : le procès de trois policiers reporté à juin 2027
Mort de Cédric Chouviat : le procès de trois policiers reporté à juin 2027

Plus de six ans après la mort de Cédric Chouviat lors d’un contrôle routier à Paris, le procès de trois policiers poursuivis pour homicide involontaire a été renvoyé à juin 2027. L’audience s’était ouverte ce lundi 26 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris, en présence des proches du livreur décédé en janvier 2020. Ce report intervient alors que les avocats de la famille contestent depuis plusieurs années la qualification pénale retenue par la justice, estimant que les faits devraient être examinés par une cour d’assises. Les conseils des policiers avaient également demandé davantage de temps pour permettre un examen approfondi du dossier. Cette nouvelle échéance prolonge l’attente d’une famille qui réclame que toutes les circonstances de l’interpellation soient établies.

Les faits remontent au 3 janvier 2020, dans le 7e arrondissement de Paris. Cédric Chouviat, livreur de 42 ans et père de cinq enfants, circule à scooter lorsqu’il est contrôlé par quatre policiers alors qu’il utilise son téléphone. L’échange devient rapidement conflictuel et le conducteur est interpellé pour outrage. Plaqué au sol sur le ventre, son casque toujours sur la tête, il perd connaissance après avoir été immobilisé par plusieurs fonctionnaires. Les enregistrements de la scène, notamment ceux réalisés par son propre téléphone, révèlent qu’il répète à neuf reprises « j’étouffe » en l’espace de treize secondes. Transporté à l’hôpital européen Georges-Pompidou dans un état critique, il meurt le 5 janvier. Les expertises médicales ont mis en évidence une asphyxie liée aux conditions de son immobilisation. Les policiers concernés soutiennent ne pas avoir entendu les appels de détresse du livreur au moment de l’intervention.

En décembre 2024, trois des quatre policiers présents lors du contrôle ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire. Une décision vivement contestée par les proches de Cédric Chouviat, qui considèrent que la qualification retenue ne correspond pas à la gravité des gestes reprochés aux fonctionnaires. Leurs avocats défendent une qualification criminelle de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique. Ils souhaitent ainsi que l’affaire soit examinée devant une cour d’assises et que la responsabilité de l’ensemble des policiers impliqués puisse être étudiée. De leur côté, les avocats de la défense affirment que leurs clients ont procédé à une interpellation qu’ils jugent légitime, dans des conditions difficiles, sans avoir conscience de la détresse respiratoire de l’homme immobilisé. Les trois prévenus demeurent présumés innocents.

Une nouvelle attente pour la famille et un débat sur les méthodes d’interpellation

Le report du procès intervient dans un contexte judiciaire particulièrement sensible. Les avocats des parties civiles comme ceux de la défense avaient souligné que les deux demi-journées initialement prévues pour examiner le dossier étaient insuffisantes au regard de sa complexité. Au-delà des témoignages des policiers et des proches, les débats devront notamment porter sur les vidéos de l’intervention, les expertises médicales et les conditions dans lesquelles les gestes d’immobilisation ont été réalisés. Dans une décision rendue publique en avril 2026, la Défenseure des droits avait estimé que les fonctionnaires avaient adopté un comportement inadapté, négligent et imprudent, en faisant un usage disproportionné de la force. Ces conclusions constituent un élément important du débat sur les pratiques policières, sans se substituer à l’appréciation souveraine des juridictions pénales.

L’affaire Cédric Chouviat est devenue l’un des dossiers emblématiques des interrogations sur les techniques d’interpellation et les risques d’asphyxie positionnelle. La clé d’étranglement utilisée au cours de l’intervention a depuis été interdite dans les pratiques policières françaises. Pour les proches du livreur, le temps écoulé depuis janvier 2020 représente une épreuve supplémentaire, alors qu’aucune décision judiciaire définitive n’a encore établi les responsabilités pénales dans sa mort. Son père, Christian Chouviat, et sa fille Sofia ont régulièrement exprimé leur volonté d’obtenir des réponses et de faire évoluer les pratiques afin d’éviter de nouveaux drames. Le rendez-vous judiciaire de juin 2027 devra permettre un examen plus complet des faits, tout en tranchant les questions de responsabilité soulevées par cette interpellation. Près de sept ans et demi après la mort du livreur, l’enjeu reste de déterminer précisément les circonstances de son décès et les éventuelles fautes pénales commises.

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