Dix jours après le verdict de la cour d’assises de Paris, l’affaire Federico Martin Aramburu va connaître un nouveau procès. Loïk Le Priol, condamné à 26 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de l’ancien international argentin de rugby, a fait appel ce lundi 5 octobre. Romain Bouvier, condamné à 19 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre, avait déjà engagé la même démarche vendredi. Les deux hommes seront donc rejugés devant une autre cour d’assises.
Le 25 septembre, après trois semaines de procès, Loïk Le Priol et Romain Bouvier avaient été reconnus coupables pour les tirs qui avaient coûté la vie à Federico Martin Aramburu, le 19 mars 2022 à Paris. Le premier verdict avait condamné Loïk Le Priol à 26 ans de réclusion et Romain Bouvier à 19 ans.
Loïk Le Priol fait appel au dernier jour du délai
Loïk Le Priol disposait jusqu’à ce lundi pour décider s’il contestait sa condamnation. L’ancien militaire de 32 ans a finalement interjeté appel le 5 octobre, au dernier jour du délai. Romain Bouvier, 35 ans, avait pris sa décision trois jours plus tôt.
Le recours des deux condamnés entraîne la tenue d’un nouveau procès. Une autre cour d’assises devra examiner à nouveau les faits, entendre les accusés, les témoins, les experts et les parties civiles avant de rendre un nouveau verdict.
Pour la famille de Federico Martin Aramburu, cette décision signifie également un retour devant la justice après les trois semaines de débats qui viennent de s’achever. Après l’appel de Romain Bouvier, Me Yann Le Bras, avocat de la veuve de Federico Martin Aramburu, avait rappelé ce droit reconnu à tout condamné : « Le droit au procès s’accompagne du droit d’appel pour faire rejuger l’affaire. »
Dix coups de feu dans les rues de Paris
Les faits remontent au 19 mars 2022. Federico Martin Aramburu, ancien joueur du Biarritz Olympique et international argentin, se trouvait à Paris avec son ami et ancien rugbyman Shaun Hegarty. Une altercation avait éclaté dans une brasserie du boulevard Saint-Germain, dans le VIe arrondissement.
Après cette première confrontation, Romain Bouvier avait ouvert le feu à quatre reprises sur Federico Martin Aramburu. Deux projectiles l’avaient atteint, notamment au flanc et à la cuisse. Quelques instants plus tard, Loïk Le Priol avait à son tour tiré à six reprises. Deux de ses tirs avaient été mortels.
Lors de l’ouverture du procès, le récit de Shaun Hegarty avait permis de revenir en détail dans sur les derniers instants de Federico Martin Aramburu, mort à 42 ans. Son assassinat avait provoqué une très forte émotion en France, en Argentine et au Pays basque, où l’ancien trois-quarts s’était installé après sa carrière.
La préméditation écartée, l’intention homicide retenue
Loïk Le Priol avait initialement été renvoyé devant les assises pour assassinat, tandis que Romain Bouvier était poursuivi pour tentative d’assassinat. Le renvoi de Loïk Le Priol devant la cour d’assises pour assassinat avait été confirmé en septembre 2025.
À l’issue du procès, les jurés n’ont finalement pas retenu la préméditation. Loïk Le Priol a donc été reconnu coupable de meurtre et condamné à 26 ans de réclusion criminelle, soit un an de moins que les 27 ans requis par l’avocat général. Romain Bouvier a été condamné à 19 ans pour tentative de meurtre.
La cour a en revanche retenu l’intention homicide des deux hommes. Dans sa motivation, elle avait notamment évoqué « l’alchimie funeste du duo », leur « fascination commune pour les armes et la violence » ainsi que, concernant Loïk Le Priol, une « idéologie mortifère ».
Le Priol et Bouvier avaient contesté toute volonté de tuer
Durant leur procès, les deux accusés avaient reconnu avoir fait usage de leurs armes mais contesté avoir voulu tuer Federico Martin Aramburu. Ils avaient expliqué leurs tirs par la peur et affirmé avoir cherché à se dégager face à l’ancien international argentin et à Shaun Hegarty.
Loïk Le Priol avait également invoqué les conséquences psychologiques de son passé militaire. Sa défense avait plaidé une altération du discernement ainsi que la légitime défense. Ces arguments n’avaient pas convaincu la cour, qui avait écarté aussi bien la légitime défense que l’altération du discernement.
Les débats avaient également longuement porté sur le parcours des deux hommes et leur appartenance à la mouvance d’ultradroite parisienne. Le Priol est notamment un ancien membre du GUD.
Tout sera rejugé devant une nouvelle cour d’assises
L’appel remet désormais le dossier devant une nouvelle formation. Loïk Le Priol et Romain Bouvier bénéficieront d’un second procès au cours duquel les faits et leur responsabilité pénale seront à nouveau examinés.
La date de ce procès en appel n’est pas encore connue. Plus de quatre ans après la mort de Federico Martin Aramburu et quelques jours seulement après un premier verdict très attendu, l’affaire judiciaire est donc loin d’être terminée.

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