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Accident mortel de car dans l’Ain: le chauffeur mis en examen pour homicide involontaire

Accident mortel de car dans l’Ain: le chauffeur mis en examen pour homicide involontaire
Accident mortel de car dans l’Ain: le chauffeur mis en examen pour homicide involontaire

Le chauffeur du car qui s’est accidenté vendredi à Lent, dans l’Ain, provoquant la mort d’une fillette de 7 ans et d’un jeune homme de 18 ans, a été mis en examen ce dimanche pour homicide involontaire et blessures involontaires. Âgé de 26 ans, le conducteur a confirmé aux enquêteurs qu’il s’était endormi au volant après avoir ressenti de la fatigue. Placé sous contrôle judiciaire, il a désormais l’interdiction de conduire et doit se soumettre à une obligation de soins. Le drame a également fait de nombreux blessés, dont plusieurs grièvement.

Le chauffeur confirme s’être endormi avant de percuter les arbres

L’accident s’est produit vendredi, vers 7h30, sur la route départementale 22, à hauteur de Lent, au sud de Bourg-en-Bresse. Le car, qui assurait une liaison interurbaine entre Lyon et Bourg-en-Bresse, transportait 49 personnes, dont 23 mineurs, principalement des élèves se rendant dans leurs établissements scolaires.

Le véhicule a quitté sa voie de circulation, traversé la chaussée et percuté plusieurs arbres avant de terminer sa course dans un ravin. La violence du choc a provoqué la mort de deux jeunes passagers et fait de nombreux blessés⁠. Une partie de la carrosserie de l’autocar a été arrachée, tandis que plusieurs occupants se sont retrouvés piégés à l’intérieur.

Blessé aux jambes, le chauffeur avait été hospitalisé vendredi sous le régime de la garde à vue. Dès ses premières déclarations aux enquêteurs, le conducteur avait reconnu s’être endormi au volant⁠. La procureure de la République de Bourg-en-Bresse, Karine Malara, avait alors déclaré : « Il indique qu’il se serait assoupi et se serait réveillé de l’autre côté de la chaussée. »

Ce dimanche, le parquet a confirmé que le conducteur avait maintenu cette version au cours de ses nouvelles auditions. Selon la procureure, « l’intéressé, à nouveau auditionné par les enquêteurs de la section de recherches de Lyon, a confirmé ses premières déclarations, à savoir qu’il avait pris son service très tôt le matin, s’était senti fatigué et s’était endormi avant le choc ».

Deux morts et deux blessés dont le pronostic vital reste engagé

L’accident a coûté la vie à une fillette de 7 ans, de nationalité bosnienne, et à un étudiant de 18 ans originaire de Lyon. Les secours ont également pris en charge de nombreux passagers blessés, certains ayant dû être désincarcérés du véhicule.

Le dernier bilan communiqué par le parquet fait état de trois personnes hospitalisées en urgence absolue, dont deux avec un pronostic vital engagé, et de 25 autres blessés plus légèrement. Les autorités n’ont pas donné de nouvelles précisions sur l’évolution de l’état de santé des victimes les plus gravement touchées.

Les opérations de secours avaient nécessité la mobilisation de 102 sapeurs-pompiers, de 58 véhicules de secours, de 50 gendarmes et de plusieurs équipes médicales. Quatre moyens aériens avaient également été engagés pour évacuer les blessés vers les établissements hospitaliers de la région.

Le drame avait suscité de nombreuses réactions, notamment celle du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, qui avait adressé une pensée aux élèves victimes de l’accident⁠. Une cellule de soutien psychologique a également été mise en place pour accompagner les victimes et leurs proches.

Pourquoi le chauffeur est poursuivi pour homicide involontaire et non pour homicide routier

Dans les premières heures suivant l’accident, le parquet avait ouvert une enquête pour homicide routier et blessures routières aggravées. Ces qualifications ont finalement été abandonnées, les investigations n’ayant établi aucune circonstance aggravante permettant de les retenir.

Les dépistages d’alcoolémie et de stupéfiants effectués sur le chauffeur se sont révélés négatifs. Aucun excès de vitesse aggravant n’a été établi. Le conducteur avait indiqué qu’il utilisait le régulateur de vitesse du car, réglé à 70 km/h, correspondant à la limitation applicable sur cette portion de route.

La procureure Karine Malara a expliqué que « les qualifications initiales d’homicide et blessures routières ne sont pas retenues, compte tenu de l’absence de circonstances aggravantes ».

Créé par la loi du 9 juillet 2025, le délit d’homicide routier suppose la présence d’au moins une circonstance aggravante, comme la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, l’utilisation du téléphone au volant ou un excès de vitesse d’au moins 30 km/h.

L’homicide involontaire commis par le conducteur d’un véhicule terrestre à moteur est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, contre sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende pour l’homicide routier.

Le conducteur placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de conduire

Après sa présentation à un juge d’instruction ce dimanche, le chauffeur a été mis en examen pour homicide involontaire par conducteur d’un véhicule terrestre à moteur et blessures involontaires, avec des incapacités de travail différentes selon la gravité des blessures des victimes.

Âgé de 26 ans et sans antécédent judiciaire, il a été placé sous contrôle judiciaire conformément aux réquisitions du parquet. Cette mesure comprend notamment une interdiction de conduire et une obligation de soins. Il reste présumé innocent.

Le conducteur travaillait depuis peu pour l’entreprise Philibert Transports, qui assurait cette liaison pour le compte de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il exerçait toutefois le métier de chauffeur depuis environ 18 mois.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, qui s’était rendu sur les lieux de l’accident vendredi, avait précisé que le chauffeur avait fait l’objet d’un contrôle inopiné de dépistage à la mi-octobre, dont le résultat était négatif.

Une journée de travail la veille et une prise de service à 5h30

Le conducteur avait effectué une journée complète de transport scolaire jeudi, avant de reprendre son service très tôt vendredi matin. Le départ du car était prévu vers 5h30 à Lyon. L’accident s’est produit environ deux heures plus tard, alors que le véhicule circulait en direction de Bourg-en-Bresse.

Les enquêteurs cherchent désormais à reconstituer précisément les dernières heures du conducteur, ses périodes de repos et ses conditions de travail. Ils doivent notamment déterminer s’il avait bénéficié d’un temps de repos suffisant entre ses deux journées de service et vérifier les horaires enregistrés par son employeur.

Les investigations portent également sur les données techniques du véhicule, notamment sa vitesse au moment de l’accident, ainsi que sur une éventuelle défaillance mécanique. Les enquêteurs doivent déterminer si l’assoupissement reconnu par le conducteur constitue l’unique cause de la sortie de route.

L’enquête a été confiée à la section de recherches de Lyon, avec l’appui de spécialistes de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale. Les constatations techniques et les témoignages des passagers doivent permettre de reconstituer les dernières secondes précédant le choc.

Deux des passagers blessés se trouvaient toujours, selon le dernier bilan communiqué ce dimanche, dans un état engageant leur pronostic vital.

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