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Mort de la mère de Sandrine Bonnaire : l’enquête pour homicide involontaire classée sans suite

Mort de la mère de Sandrine Bonnaire : l’enquête pour homicide involontaire classée sans suite
Mort de la mère de Sandrine Bonnaire : l’enquête pour homicide involontaire classée sans suite

L’enquête ouverte après la mort de la mère de Sandrine Bonnaire dans un Ehpad de Charente-Maritime a été classée sans suite. Le parquet de Saintes a confirmé, ce lundi 26 octobre 2026, cette décision prise le 10 juillet dernier, estimant que les éléments recueillis ne permettaient pas de caractériser suffisamment une infraction d’homicide involontaire. La comédienne française avait porté plainte après le décès de sa mère, survenu en août 2023, dénonçant des négligences dans sa prise en charge. Si les investigations ont révélé certains manquements au sein de l’établissement, la justice considère qu’ils ne permettent pas d’établir une responsabilité pénale dans les circonstances du décès.

L’affaire avait débuté à la fin de l’année 2023, lorsque Sandrine Bonnaire avait publiquement dénoncé les conditions de vie de sa mère dans un établissement public pour personnes âgées situé à Saintes. Âgée de 84 ans, celle-ci avait résidé pendant trois ans dans cet Ehpad de 90 places, avant d’être hospitalisée à Saintes, où elle est décédée le 23 août 2023. L’actrice avait notamment évoqué des problèmes d’hygiène, un manque de fournitures essentielles et des difficultés concernant l’hydratation de sa mère. Convaincue que ces négligences avaient contribué à sa disparition, elle avait annoncé son intention de saisir la justice afin de faire reconnaître les responsabilités éventuelles de l’établissement. Une enquête préliminaire pour homicide involontaire avait été ouverte en mars 2024 et confiée à la police judiciaire de La Rochelle. Les investigations ont notamment reposé sur une expertise médico-légale destinée à déterminer les causes du décès et à examiner les conditions de prise en charge de la résidente. Cette procédure avait suscité une importante attention médiatique, dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les conditions d’accueil des personnes âgées dépendantes.

Des manquements constatés, mais une responsabilité pénale non établie

Selon Benjamin Alla, procureur de la République de Saintes, les investigations ont effectivement permis d’identifier des insuffisances dans l’accompagnement médical et quotidien de la mère de Sandrine Bonnaire. Toutefois, l’expertise a conclu que ces manquements n’avaient contribué qu’indirectement à son décès, notamment compte tenu de son état de santé préexistant. Le magistrat a rappelé que la qualification d’homicide involontaire nécessite, dans les circonstances examinées, de démontrer une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité, ou l’existence d’une faute caractérisée. Or, les éléments recueillis n’ont pas permis d’établir l’une ou l’autre de ces conditions. C’est sur cette base que le parquet a décidé de classer l’enquête sans suite. Cette décision ne signifie donc pas que toutes les critiques formulées concernant la prise en charge étaient infondées. Elle traduit l’absence d’éléments suffisants pour engager des poursuites pénales pour homicide involontaire. À ce stade, aucune nouvelle démarche judiciaire de la famille à la suite de ce classement n’a été annoncée publiquement.

Au-delà de la situation personnelle de Sandrine Bonnaire, cette affaire remet en lumière les difficultés rencontrées par certaines familles pour obtenir des réponses sur les conditions de prise en charge de leurs proches dans les établissements pour personnes âgées. L’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine avait indiqué que l’Ehpad concerné avait fait l’objet d’inspections en 2015 et en 2022. Des dysfonctionnements avaient alors été relevés et des améliorations engagées, mais celles-ci avaient été jugées insuffisantes. L’agence avait également précisé ne pas avoir reçu, pas plus que le conseil départemental, de signalement concernant directement la situation de la mère de l’actrice. Cette affaire intervient plusieurs années après les révélations sur les pratiques du groupe privé Orpea, qui avaient conduit les pouvoirs publics à renforcer la surveillance des établissements accueillant des personnes âgées. Elle illustre également les difficultés juridiques liées à la démonstration d’un lien de causalité entre d’éventuelles négligences et le décès d’une personne âgée. Pour les familles, la question dépasse souvent le seul cadre judiciaire : elle concerne aussi la transparence des établissements, la qualité des soins, les moyens humains disponibles et le respect de la dignité des résidents. Le classement sans suite de cette enquête met un terme à la procédure engagée par le parquet, sans faire disparaître les interrogations plus générales sur le fonctionnement et le contrôle des Ehpad en France.

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