Le parquet de Paris a annoncé ce samedi 24 octobre 2026 l’ouverture d’une enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), après les graves blessures subies par un photographe lors des manifestations du 17 octobre dans la capitale. Âgé de 25 ans, le jeune homme affirme avoir été touché par une grenade tirée par les forces de l’ordre, place de la République. Hospitalisé en urgence après une importante hémorragie, il a déposé plainte pour tentative d’homicide volontaire.
Une semaine après les violents affrontements qui ont marqué la journée du 17 octobre à Paris, les circonstances des blessures d’un jeune photographe font désormais l’objet d’investigations judiciaires. Ahmed B., âgé de 25 ans, s’était rendu place de la République pour documenter la mobilisation lorsqu’il aurait été atteint à la cuisse par une grenade policière. Selon la plainte déposée par son avocat, Me Arié Alimi, un fragment du projectile aurait perforé son artère fémorale, provoquant une hémorragie particulièrement importante. Des personnes présentes sur les lieux lui auraient alors porté secours en réalisant un garrot avant de le transporter jusqu’à une ambulance. Le photographe a ensuite été conduit à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il a subi une intervention chirurgicale de plus de trois heures. Son avocat indique qu’il a échappé de peu à la mort et que les conséquences à long terme de ses blessures demeurent incertaines, notamment concernant l’usage de sa jambe.
La plainte, déposée jeudi 22 octobre avec constitution de partie civile, vise notamment des faits de tentative d’homicide volontaire et de violences aggravées commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique. Me Arié Alimi accuse également les policiers présents de ne pas avoir immédiatement secouru son client, une affirmation qui devra être examinée par les enquêteurs. Samedi, le parquet de Paris a confirmé avoir ouvert une enquête pour violences commises par une personne dépositaire de l’autorité publique, ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, dans le cadre d’une manifestation sur la voie publique. Les investigations ont été confiées à l’IGPN, chargée d’établir les circonstances du tir, d’identifier les agents éventuellement impliqués et de déterminer si l’usage de la force était conforme aux règles applicables. L’enquête du parquet se déroule parallèlement à la plainte avec constitution de partie civile afin de préserver les éléments de preuve. À ce stade, la qualification de tentative d’homicide demandée par l’avocat n’a pas été retenue dans l’enquête annoncée par le ministère public.
L’usage des grenades policières au cœur des interrogations
Cette affaire relance les interrogations sur l’utilisation de certaines munitions lors des opérations de maintien de l’ordre. Les manifestations du 17 octobre ont été marquées par de nombreux affrontements entre les forces de l’ordre et des groupes violents, mais également par plusieurs signalements de blessures graves parmi les participants et les professionnels présents pour couvrir les événements. Des enquêtes journalistiques ont notamment documenté les conséquences de l’explosion de grenades utilisées par la police, dont le modèle GL-304, introduit pour réduire certains risques associés aux précédents équipements. La nature exacte du projectile impliqué dans les blessures d’Ahmed B. devra néanmoins être établie par les investigations. Pour les défenseurs des libertés publiques et les organisations de journalistes, ces incidents soulèvent la question de la protection des personnes qui documentent les manifestations. Les forces de l’ordre disposent de moyens pour faire face aux violences, mais leur utilisation doit respecter les principes de nécessité et de proportionnalité.
L’ouverture de cette nouvelle enquête intervient dans un contexte de multiplication des procédures portant sur des interventions policières survenues pendant les mobilisations sociales d’octobre. Vendredi 23 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait indiqué que huit enquêtes de l’IGPN concernaient des faits survenus lors du week-end des 17 et 18 octobre. D’autres dossiers portent notamment sur des manifestants grièvement blessés à Saint-Étienne ou à Mulhouse. Dans le cas du photographe parisien, les enquêteurs devront analyser les images disponibles, recueillir les témoignages et examiner les éléments médicaux pour reconstituer précisément le déroulement des faits. L’enjeu sera de déterminer les responsabilités éventuelles sans préjuger des conclusions judiciaires. Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation est organisée ce samedi 24 octobre, cette affaire place une nouvelle fois les méthodes de maintien de l’ordre et la sécurité des journalistes au centre du débat public.

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