Alors que le gouvernement demande aux Français de nouveaux efforts financiers et cherche à réduire les dépenses publiques, le projet de budget de l’État pour 2027 réserve une enveloppe de 2,3 millions d’euros à l’installation d’Emmanuel Macron dans ses futurs bureaux d’ancien président de la République. Une somme destinée à financer un bail de six ans, l’aménagement et la sécurisation des locaux. Le chef de l’État quittera l’Élysée en mai 2027, après deux mandats consécutifs.
2,3 millions d’euros pour préparer l’après-Élysée
Emmanuel Macron n’a pas encore quitté la présidence de la République que les contribuables connaissent déjà une partie du coût de son installation après son départ. Un rapport parlementaire consacré au projet de loi de finances pour 2027 révèle que 2,3 millions d’euros ont été provisionnés pour ses futurs bureaux professionnels.
Cette enveloppe doit couvrir un bail de six ans, comprenant notamment le loyer, l’aménagement des locaux et les travaux nécessaires à leur sécurisation. Les 2,3 millions d’euros constituent une provision budgétaire et non une somme déjà dépensée ou directement versée au président.
Autre particularité : Emmanuel Macron n’aurait pas encore choisi ses futurs bureaux. L’administration anticipe ainsi une dépense importante avant même de connaître l’adresse des locaux qui accueilleront l’ancien chef de l’État.
Cette préparation intervient alors que le budget 2027 et les économies demandées aux Français alimentent déjà les débats sur les dépenses publiques.
Sept collaborateurs, deux agents de service et des frais pris en charge
Les 2,3 millions d’euros destinés aux locaux ne représentent qu’une partie des avantages auxquels Emmanuel Macron pourra prétendre après son départ.
Le décret du 4 octobre 2016 prévoit que les anciens présidents de la République peuvent bénéficier, pendant les cinq premières années suivant la fin de leur mandat, de sept collaborateurs permanents et de deux agents de service rémunérés par l’État.
Après cette période, les effectifs sont réduits à trois collaborateurs et un agent de service. Les anciens chefs de l’État bénéficient également de bureaux meublés et équipés, dont le loyer, les charges et les frais généraux sont financés par les finances publiques.
À ces avantages s’ajoutent la prise en charge de certains frais de déplacement et de réception, ainsi qu’un véhicule avec chauffeur dans le cadre des dispositifs prévus pour les anciens présidents.
Ces avantages accordés aux anciens dirigeants de l’État font régulièrement l’objet de critiques, notamment sur leur coût pour les contribuables.
Sarkozy et Hollande ont déjà coûté 1,42 million d’euros en 2025
Les dépenses consacrées aux anciens présidents représentent déjà une charge significative pour l’État. En 2025, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont coûté ensemble 1 421 940 euros au titre des moyens matériels, humains et logistiques mis à leur disposition.
Dans le détail, les dépenses ont atteint 756 463 euros pour Nicolas Sarkozy et 665 477 euros pour François Hollande. Ces montants représentent une augmentation de 2,2% par rapport à 2024 et ne comprennent pas l’ensemble des dépenses de protection policière, financées séparément par le ministère de l’Intérieur.
Le coût du cabinet de Nicolas Sarkozy a notamment été alourdi par des dépenses postales liées aux nombreux courriers reçus et aux réponses adressées par l’ancien président.
L’arrivée d’Emmanuel Macron parmi les anciens chefs de l’État devrait donc faire augmenter la facture globale à partir de 2027. François Hollande pourrait également contribuer à cette hausse avec son installation annoncée dans de nouveaux locaux.
Des millions pour les anciens présidents, des économies demandées aux Français
Ces dépenses prennent une dimension particulièrement sensible alors que la France cherche à maîtriser son déficit public et que le gouvernement multiplie les mesures d’économies budgétaires.
Le contraste est frappant : tandis que les Français sont appelés à accepter des restrictions et que les finances publiques sont sous pression, plusieurs millions d’euros sont réservés aux moyens matériels et humains des anciens dirigeants.
La question du coût des avantages accordés aux responsables politiques revient régulièrement dans le débat public. Elle pose notamment celle du maintien de dispositifs généreux pour les anciens présidents alors que l’État cherche à réduire ses dépenses dans de nombreux secteurs.
Emmanuel Macron, qui aura 49 ans à son départ de l’Élysée, a annoncé qu’il ne percevrait pas sa retraite présidentielle. Cette décision ne remet toutefois pas en cause les avantages matériels et les moyens humains prévus pour les anciens chefs de l’État.
Parallèlement, l’avenir politique d’Emmanuel Macron après 2027 fait déjà l’objet de spéculations, notamment autour de l’hypothèse d’une nouvelle candidature en 2032, après une interruption de cinq ans.
Une facture appelée à augmenter dès 2027
Avec trois anciens présidents vivants après mai 2027, contre deux actuellement, les dépenses de fonctionnement liées à leurs cabinets devraient mécaniquement progresser.
Le montant exact de cette augmentation dépendra notamment des locaux finalement retenus par Emmanuel Macron, des effectifs effectivement mobilisés et des dépenses de fonctionnement engagées.
Une chose est déjà établie : 2,3 millions d’euros sont prévus dans le projet de budget 2027 pour les futurs bureaux d’Emmanuel Macron, avant même son départ de l’Élysée.
Alors que les décisions d’Emmanuel Macron et les choix budgétaires du gouvernement sont régulièrement contestés, cette dépense risque de relancer le débat sur les privilèges accordés aux anciens présidents de la République et sur les efforts financiers demandés aux contribuables.

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