Xavier Niel a violemment attaqué les députés socialistes après l’adoption d’une nouvelle taxe sur les données numériques à l’Assemblée nationale. Le fondateur de Free n’a pas mâché ses mots, samedi, sur X, en qualifiant les élus à l’origine de cette mesure d’« ignares incompétents », avant de leur reprocher de ne savoir rien faire d’autre que créer de nouveaux impôts. Une charge particulièrement virulente contre une disposition fiscale adoptée par seulement 11 voix contre 10, malgré l’opposition du gouvernement.
« Ce sont des ignares incompétents » : Xavier Niel ne prend pas de gants
Tout est parti d’une question posée sur X par un internaute, qui souhaitait connaître l’avis du milliardaire sur la taxe de 0,055 euro par gigaoctet de données téléchargées, votée à l’initiative de députés socialistes.
La réponse de Xavier Niel a été cinglante : « Ce sont des ignares incompétents. » Une attaque directe contre les parlementaires qui ont soutenu cette nouvelle contribution fiscale, destinée à faire payer les entreprises qui diffusent des contenus numériques vers les internautes français.
L’entrepreneur ne s’est pas arrêté là. Lorsqu’un autre utilisateur a accusé les élus de faire les poches des Français, le fondateur de Free a renchéri : « Ils savent rien faire d’autre que créer de nouveaux impôts. »
Une nouvelle taxe votée par seulement 11 députés contre 10
La colère de Xavier Niel vise un amendement au projet de loi de finances pour 2027, déposé par le député socialiste Laurent Lhardit et adopté vendredi à l’Assemblée nationale.
Le texte prévoit de taxer les fournisseurs de contenus numériques à hauteur de 5,5 centimes pour chaque gigaoctet de données envoyé vers les abonnés français. Les entreprises concernées comprennent notamment les grandes plateformes de streaming, les réseaux sociaux, les services de vidéo et les distributeurs de jeux vidéo.
Le vote s’est déroulé dans un hémicycle largement déserté. Seulement 21 suffrages ont été exprimés : 11 députés ont voté pour, 10 contre. Le gouvernement et le rapporteur général du budget avaient pourtant émis un avis défavorable.
Les auteurs de l’amendement espèrent récupérer jusqu’à 10 milliards d’euros par an grâce à cette nouvelle taxe. Ils entendent notamment faire contribuer davantage les géants américains du numérique, parmi lesquels Google, Meta, Amazon et Netflix.
GTA VI, Netflix, jeux vidéo : des hausses de prix redoutées
La taxe serait officiellement payée par les entreprises qui émettent les données, et non directement par les internautes. Mais ses opposants craignent que les plateformes répercutent ces nouvelles charges sur leurs clients, en augmentant le prix des abonnements et des services.
Le secteur des jeux vidéo pourrait être particulièrement touché. Comme le montre le cas de GTA VI, dont le téléchargement pourrait générer jusqu’à 12€ de taxe supplémentaire, les titres les plus volumineux seraient directement concernés.
À titre d’exemple, le téléchargement d’un jeu vidéo de 200 Go représenterait une taxation théorique de 11 euros pour son distributeur. Une heure de streaming en 4K consommant 7 Go générerait une contribution d’environ 39 centimes.
Les fournisseurs d’accès à Internet, comme Free, Orange, SFR et Bouygues Telecom, seraient chargés de mesurer les volumes de données transmis, sous la supervision des autorités compétentes.
Le dispositif prévoit toutefois un plafonnement de la taxe, fixé à 15% du chiffre d’affaires réalisé en France ou à 2% du chiffre d’affaires mondial des entreprises concernées.
Les patrons de la tech montent au créneau
Xavier Niel n’est pas le seul entrepreneur à dénoncer cette mesure. L’association VideoLAN, qui développe le célèbre lecteur multimédia gratuit VLC, a également vivement critiqué les députés socialistes. Elle estime que la taxe pourrait représenter plus d’un million d’euros par an pour son activité, avant application des plafonds prévus.
Octave Klaba, fondateur d’OVHcloud, a lui aussi dénoncé les conséquences financières du dispositif. Selon ses calculs, son entreprise pourrait devoir supporter une charge annuelle de plusieurs dizaines de millions d’euros, avec un risque de répercussion sur les tarifs facturés à ses clients.
Le fondateur de Free, déjà habitué aux prises de position musclées sur les réseaux sociaux, avait notamment échangé des insultes avec Elon Musk, avant de lui proposer de régler leur différend au Lidl.
La taxe n’est cependant pas encore définitivement adoptée. L’amendement devra franchir les prochaines étapes de l’examen du budget 2027, notamment au Sénat, avant une éventuelle entrée en vigueur.









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