La France a réalisé mardi 6 octobre un tir d’exercice de la troisième version du missile balistique stratégique M51 depuis le sous-marin nucléaire lanceur d’engins Le Vigilant, au large du Finistère. Emmanuel Macron a observé l’opération depuis une frégate de la Marine nationale, ont annoncé l’Élysée et le ministère des Armées. Le missile ne transportait aucune charge nucléaire. Il est retombé dans l’Atlantique Nord, à plusieurs centaines de kilomètres des côtes, selon le ministère.
L’essai s’inscrit dans l’opération SMERTRIOS et devait vérifier la capacité du Vigilant à mettre en œuvre le missile après une période d’entretien et de réparations. Les autorités ont suivi l’engin durant l’ensemble de son vol. Le ministère affirme que l’opération s’est déroulée dans le respect des engagements internationaux de la France. Si le tir avait été annoncé, la présence du président de la République n’avait pas été rendue publique à l’avance et aucun média n’accompagnait son déplacement.
Un exercice au cœur de la modernisation de la dissuasion
La version utilisée du M51 est entrée en service il y a un an. Elle participe à la modernisation de la composante océanique de la dissuasion française, fondée sur les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. L’objectif annoncé de l’exercice porte ici sur la capacité du bâtiment à employer son système d’armes après sa maintenance. Il convient donc de distinguer cette validation opérationnelle de la mise en service initiale du missile : le tir ne constitue pas le premier lancement d’un M51 dans l’histoire du programme.
La participation d’Emmanuel Macron donne également une visibilité politique à cette opération militaire. Elle intervient dans un contexte de tensions européennes, après les avertissements du président concernant des actions hybrides imputées à la Russie. À la mi-septembre, le chef de l’État avait promis une réponse à ces menaces. Les éléments communiqués sur l’exercice ne permettent toutefois pas de le présenter comme une riposte directe à un événement précis. Sa finalité annoncée demeure la vérification des capacités du Vigilant, dans le cadre de l’entretien et de la modernisation de la dissuasion.

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