Face à une mobilisation lycéenne qui dure depuis plusieurs jours, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray ouvre ce lundi soir une plateforme nationale de concertation. Tous les lycéens de France pourront y exposer directement leurs difficultés, leurs attentes, leurs inquiétudes et leurs revendications, individuellement ou collectivement.
Cette initiative intervient alors que la crise dans les lycées reste particulièrement tendue et qu’une nouvelle journée de mobilisation est annoncée mardi 6 octobre. Plusieurs centaines d’établissements ont encore été totalement ou partiellement fermés ce lundi, après une semaine marquée par des blocages, des dégradations et de nombreux affrontements autour de certains établissements.
Deux questions posées à tous les lycéens de France
Le principe de la plateforme se veut volontairement simple. À partir de ce lundi soir, les élèves pourront répondre à deux questions : « Quelles sont vos difficultés ? Quelles sont vos attentes ? » Édouard Geffray veut ainsi permettre aux jeunes de s’exprimer sans passer nécessairement par leurs représentants syndicaux ou les instances de leur établissement.
La participation pourra être individuelle ou collective. Le ministre assure que chaque lycéen pourra faire remonter ce qu’il rencontre dans son quotidien scolaire : absence de professeurs, conditions matérielles, rythme des journées, état des bâtiments, effectifs dans les classes, organisation des cours ou problèmes plus personnels liés à la vie au lycée. « Tous les élèves de France, à titre individuel ou collectif, pourront le faire. Ils seront lus, et ils seront crus », a assuré Édouard Geffray.
Les lycéens pourront participer jusqu’au 16 octobre
La consultation doit rester ouverte jusqu’au vendredi 16 octobre. L’objectif affiché par le ministère est de recueillir suffisamment de contributions pour obtenir une photographie nationale des préoccupations des élèves, mais également de pouvoir identifier les différences entre les établissements et les territoires.
Les réponses doivent ensuite être rendues publiques et analysées, notamment à l’aide de l’intelligence artificielle. Édouard Geffray a promis que « tout sera publié » et que la base pourra être interrogée afin de faire ressortir les principales préoccupations exprimées par les lycéens.
Une restitution nationale doit ensuite être organisée afin de présenter les résultats de cette consultation et les réponses envisagées par le gouvernement. Le ministère promet des propositions structurées à partir des thèmes qui auront été le plus souvent évoqués.
Une réponse politique après plusieurs jours de crise
La plateforme constitue l’un des volets de la réponse du gouvernement à une mobilisation qui a fortement perturbé les établissements scolaires ces derniers jours. Les tensions ont pris une ampleur considérable, avec des violences contre des personnels de l’Éducation nationale et les forces de l’ordre, tandis que plusieurs centaines de lycées ont été touchés par des blocages ou des fermetures.
Édouard Geffray a parallèlement annoncé un plan destiné à accélérer le remplacement des professeurs absents, avec une priorité accordée aux classes préparant un examen. Le ministre souhaite également engager une réflexion plus large sur les rythmes scolaires, l’une des revendications avancées par une partie des élèves mobilisés.
Les organisations lycéennes maintiennent la pression
L’ouverture de cette plateforme n’a pas suffi à mettre un terme au mouvement. Plusieurs organisations lycéennes continuent de réclamer des mesures immédiates sur les moyens accordés aux établissements, le remplacement des enseignants, les effectifs ou encore l’état des bâtiments scolaires. Les premières annonces du gouvernement ont également été jugées insuffisantes par plusieurs syndicats de l’Éducation nationale.
Une nouvelle mobilisation nationale est ainsi prévue mardi 6 octobre. Le gouvernement espère désormais que la consultation permettra de transformer une partie de la contestation en dialogue direct avec les élèves, alors que les prochaines semaines doivent être consacrées à l’examen des revendications et à la préparation des premières réponses concrètes.

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