Face à un mouvement lycéen qui s’étend, Sébastien Lecornu a adressé à ses ministres une feuille de route en cinq chantiers, attendant des résultats concrets d’ici fin octobre. Les organisations syndicales de l’enseignement estiment que ces engagements restent sans financement.
Le Premier ministre a publié dimanche une lettre adressée à ses ministres, détaillant plusieurs axes de travail pour répondre à la mobilisation des lycéens : remplacement des professeurs absents, rénovation du bâti scolaire et réforme de Parcoursup figurent parmi les priorités affichées. Sébastien Lecornu demande notamment que, dès cette semaine, chaque académie traite en priorité les absences longues et les postes non pourvus. Des premières décisions sont attendues avant la fin du mois.
Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, cette démarche révèle avant tout la fragilité de l’exécutif face à la pression de la rue. « C’est le signe d’un gouvernement qui est acculé », a-t-elle déclaré. La syndicaliste pointe un « angle mort » dans le courrier gouvernemental : la question budgétaire. « S’il n’y a pas des sommes conséquentes qui sont mises sur la table, alors les problèmes ne seront pas résolus », a-t-elle affirmé.
Des engagements à chiffrer et à financer
Sur le dossier du remplacement des enseignants, le Snes-FSU estime qu’il faudrait recruter des contractuels, y compris parmi ceux dont les contrats n’ont pas été renouvelés. Mais une telle mesure suppose, selon la représentante syndicale, de « trouver un budget ». Mettre des engagements « par écrit sur Twitter » ne suffit pas, insiste-t-elle : « il va falloir aussi le chiffrer et surtout le financer ».
Le syndicat réclame par ailleurs l’annulation des 1 500 suppressions de postes d’enseignants inscrites au projet de budget 2027, ainsi que le rétablissement intégral de l’enveloppe dédiée à la rénovation thermique des établissements scolaires, amputée de 40 millions d’euros en début de mois. Alors qu’un troisième temps de mobilisation lycéenne et étudiante est attendu mardi, Sophie Vénétitay a appelé à manifester sans violence, tout en demandant au gouvernement de ne pas répondre « de manière répressive ».

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