Alors que la mobilisation lycéenne et étudiante se poursuit en France, le président de l’université Paris Dauphine-PSL, Bruno Bouchard, tire la sonnette d’alarme sur le financement de l’enseignement supérieur et de la recherche. Invité de franceinfo ce jeudi 15 octobre, il a appelé les candidats à l’élection présidentielle de 2027 à présenter un véritable programme d’investissement sur dix ans. « C’est massif ce qu’il faut faire », a-t-il insisté, estimant que les moyens actuellement consacrés aux universités ne permettent plus de répondre aux besoins. Son intervention survient alors que son propre établissement est bloqué par des étudiants, une situation inédite depuis dix ans.
Sans approuver nécessairement toutes les formes de contestation, Bruno Bouchard partage certaines revendications des manifestants, notamment celles concernant le manque de moyens dans l’éducation. Il rappelle que l’enseignement supérieur et la recherche jouent un rôle essentiel dans la compétitivité économique et le développement du pays. « Une recherche de haut niveau, c’est ce qui nous permet d’être compétitifs, de produire des richesses, économiques et intellectuelles, de financer notre modèle social et nos retraites », a-t-il expliqué. Le responsable universitaire s’inquiète particulièrement de la dégradation des finances des établissements, affirmant qu’entre 2021 et 2024, les universités ont perdu les deux tiers de leurs fonds de roulement. « On est au bout du chemin », a-t-il averti, appelant les responsables politiques à prendre la mesure de la situation.
Parcoursup n’est pas le principal problème, selon Bruno Bouchard
Le président de Paris Dauphine-PSL estime également nécessaire d’augmenter les capacités d’accueil dans l’enseignement supérieur. Alors que les critiques contre Parcoursup reviennent régulièrement dans les mobilisations étudiantes, il considère que la plateforme d’admission peut encore être améliorée, mais qu’elle fonctionne déjà de manière « hyperefficace ». Selon lui, la difficulté principale réside dans le nombre insuffisant de places proposées par les établissements. « On n’est pas du tout au niveau », a-t-il regretté. Il recommande notamment de réaliser une cartographie précise des besoins afin d’identifier les filières et les territoires où les capacités d’accueil doivent être renforcées.
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions au sein du système éducatif. Plusieurs universités sont perturbées par les mobilisations, tandis que les représentants de l’enseignement supérieur alertent sur les risques de décrochage des étudiants. Pour Bruno Bouchard, la réponse ne peut se limiter à des ajustements budgétaires annuels ou à une réforme des procédures d’admission. Il défend une stratégie de long terme associant davantage de places à l’université, un financement renforcé des lycées et des investissements durables dans la recherche. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, il souhaite ainsi replacer l’enseignement supérieur au cœur des priorités politiques, considérant que sa fragilisation pourrait avoir des conséquences durables sur la formation des jeunes, l’innovation et l’économie française.

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