SOCIÉTÉ Éducation

Parcoursup face à la colère lycéenne : ce que la plateforme a changé, et ce qu’elle n’a pas résolu

Parcoursup face à la colère lycéenne : ce que la plateforme a changé, et ce qu’elle n’a pas résolu
Parcoursup face à la colère lycéenne : ce que la plateforme a changé, et ce qu’elle n’a pas résolu

Alors que des dizaines de milliers de lycéens manifestent depuis plusieurs semaines contre Parcoursup, retour sur les raisons qui ont conduit à la suppression de son prédécesseur, APB, et sur les limites persistantes du système actuel.

Parcoursup est entré en vigueur en 2018 pour mettre fin à Admission post-bac (APB), une plateforme qui avait elle-même remplacé un dispositif limité aux seules filières sélectives. APB permettait aux candidats de formuler jusqu’à 24 vœux, classés par ordre de préférence de façon définitive. Ce classement alimentait un algorithme qui ne délivrait qu’une seule proposition à la fois : dès qu’une formation acceptait un lycéen, tous ses vœux inférieurs étaient automatiquement supprimés. La procédure ne comportait que trois vagues de réponses dans l’année, à des dates fixes. Pour les licences en tension, comme le droit, la psychologie ou les Staps, le système recourait au tirage au sort lorsque la demande dépassait les capacités d’accueil.

Des études ont montré que les élèves ainsi écartés connaissaient des parcours plus heurtés, certains abandonnant définitivement les études supérieures. En 2017, après la dernière vague de réponses, 87 000 bacheliers sur 864 000 étaient encore sans proposition de formation, soit 10% des candidats, un chiffre en hausse de 25 000 par rapport à l’année précédente. La Commission nationale de l’informatique et des libertés avait alors mis en demeure le ministère de cesser de fonder des décisions sur le seul algorithme. Le taux d’échec en première année de licence avoisinait par ailleurs les 60%.

Parcoursup a supprimé le tirage au sort et modifié profondément le fonctionnement de la procédure : les candidats peuvent désormais recevoir plusieurs propositions simultanément, sans avoir à classer leurs vœux de manière irréversible, et le système est actualisé chaque nuit, libérant des places au fil des refus. Le nombre de vœux est limité à dix, auxquels s’ajoutent des sous-vœux et dix vœux supplémentaires en apprentissage.

Des résultats qui peinent à convaincre

Malgré ces ajustements, les chiffres restent préoccupants. Lors de sa première édition, en 2018, Parcoursup laissait encore près de 80 000 jeunes sans proposition à la mi-juillet, soit 9% des 888 000 candidats, un niveau comparable à celui d’APB. En 2026, ce sont plus de 126 000 candidats sur 872 000, soit 14%, qui se trouvaient toujours sans affectation à l’issue de la phase principale d’admission. La réussite en licence demeure également insuffisante : moins d’un étudiant de première année sur deux passe en deuxième année, 17% quittent l’université sans diplôme dès la première année, et seulement 36% obtiennent leur licence en trois ans, selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2025.

La question de la transparence des critères de sélection cristallise une grande partie de la colère lycéenne. Si chaque formation est tenue de publier les critères retenus par sa commission d’examen des vœux, les candidats ne peuvent en pratique connaître les modalités précises d’évaluation qu’après avoir essuyé un refus. Les notes minimales requises, le poids accordé au lycée d’origine ou à la filière du candidat ne sont pas rendus publics. Face à la mobilisation, le Premier ministre a évoqué la volonté de rendre la plateforme « plus transparente et intelligible », tandis que le ministre de l’Enseignement supérieur a reconnu la nécessité de faire évoluer l’outil. Un nouvel acte de la mobilisation lycéenne est prévu dans les prochains jours.

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Mis à jour le 10/10/2026 à 09h52

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