Emmanuel Macron serre la vis face aux manifestations. Après les violences, les pillages et les affrontements du 17 octobre, le président de la République a demandé au gouvernement d’empêcher de nouveaux débordements lors de la mobilisation prévue samedi 24 octobre. Des manifestations non déclarées pourront être interdites, mais également des cortèges officiellement déclarés lorsque les autorités estiment que leur encadrement ne garantit pas suffisamment la sécurité.
Macron veut empêcher de nouvelles manifestations violentes
Depuis le Qatar, mercredi 21 octobre, Emmanuel Macron a confirmé avoir donné des instructions de fermeté au gouvernement et aux préfets. Le chef de l’État entend empêcher la répétition des violences qui ont touché plusieurs grandes villes françaises le 17 octobre.
« Les gens qui veulent faire le désordre dans les centres-villes samedi prochain seront empêchés de faire le désordre », a-t-il prévenu. Le président a également confirmé le recours aux couvre-feux et aux interdictions de rassemblements dans les secteurs les plus exposés.
Lors de son allocution du dimanche 18 octobre, Emmanuel Macron avait déjà annoncé que les préfets pourraient aller jusqu’à « interdire, quand il le faut, certains rassemblements ». Les premières décisions ont depuis été prises dans plusieurs villes.
Même des manifestations déclarées pourront être interdites
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a précisé les conditions des nouvelles restrictions. Les préfectures pourront interdire les manifestations non déclarées présentant des risques de troubles à l’ordre public, mais aussi des manifestations déclarées lorsque les organisateurs ou leur service d’ordre n’offrent pas de garanties suffisantes contre les débordements.
Cette distinction est importante. Une manifestation ne devient pas illégitime au seul motif qu’elle n’est pas organisée par un syndicat. Les associations, collectifs citoyens, organisations étudiantes et formations politiques peuvent également organiser des rassemblements, à condition de respecter les obligations légales.
En revanche, les autorités pourront s’opposer à un cortège lorsqu’elles estiment que sa tenue présente des risques sérieux pour la sécurité des personnes et des biens. La déclaration préalable ne protège donc pas automatiquement une manifestation contre une interdiction préfectorale.
Paris, Rouen, Le Havre, Toulon : les interdictions se multiplient
À Paris, la préfecture de police a interdit jeudi 22 octobre, entre 8h et 20h, les manifestations et rassemblements non déclarés dans plusieurs secteurs sensibles. Les périmètres concernés comprennent notamment les abords de l’Élysée, de Matignon, de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Louvre, des Champs-Élysées et de plusieurs grandes places parisiennes.
À Rouen et au Havre, les préfectures ont également décidé d’interdire les manifestations dans les centres-villes samedi 24 octobre. À Toulon, les rassemblements sont aussi interdits pour cette journée. Au Mans, l’interdiction des manifestations dans le centre-ville court jusqu’au mardi 27 octobre à 8h.
À Lyon, une manifestation prévue jeudi 22 octobre et organisée par l’UNEF et le Nouveau Parti anticapitaliste a également été interdite. Les autorités justifient ces différentes décisions par les risques de nouvelles violences après les événements du 17 octobre.
Un dispositif de sécurité exceptionnel pour le 24 octobre
Pour faire appliquer ces restrictions, le gouvernement prépare une mobilisation policière et sécuritaire particulièrement importante. Comme annoncé dans le cadre du dispositif exceptionnel prévu pour les manifestations du 24 octobre, le RAID, le GIGN, la BRI, des véhicules blindés Centaure et des moyens aériens doivent être mobilisés.
Des militaires de l’opération Sentinelle seront également déployés pour assurer certaines missions de protection statique, permettant ainsi de libérer des policiers et des gendarmes pour le maintien de l’ordre.
Le gouvernement veut aussi modifier la manière dont les forces de sécurité répondent aux groupes violents. Les unités doivent pouvoir agir plus rapidement contre les casseurs mobiles, accusés d’avoir multiplié les attaques et dispersé les effectifs policiers lors des précédentes manifestations.
Le droit de manifester reste ouvert aux organisations non syndicales
En France, la loi n’accorde aucun monopole aux syndicats pour organiser des manifestations. Un collectif de citoyens, une association ou un mouvement étudiant peut légalement déposer une déclaration préalable auprès des autorités compétentes. Celles-ci peuvent toutefois prononcer une interdiction lorsque les risques de troubles à l’ordre public le justifient.
Les préfets disposent déjà de ce pouvoir en application du Code de la sécurité intérieure. Les décisions d’interdiction peuvent être contestées devant la justice administrative. Ce cadre juridique avait notamment été rappelé après les premières annonces de Macron concernant les interdictions de manifester et les sanctions contre les casseurs.
Le gouvernement entend désormais utiliser plus largement ces possibilités à l’approche du 24 octobre, nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère et la politique de l’exécutif.
Macron réunit les services de renseignement, Lecornu reçoit les partis politiques
Ce jeudi, Emmanuel Macron réunit les services de renseignement, le Premier ministre et plusieurs ministres afin d’examiner les violences du 17 octobre et les mesures de sécurité prévues pour les prochaines mobilisations.
De son côté, Sébastien Lecornu a reçu mercredi les principales organisations syndicales, avant une nouvelle série de rencontres avec les formations politiques et les maires de Paris, Lyon et Marseille.
L’exécutif prépare ainsi une nouvelle journée de mobilisation placée sous de fortes restrictions. Samedi 24 octobre, les manifestations autorisées pourront se tenir, mais les cortèges visés par un arrêté d’interdiction ne pourront légalement se rassembler dans les périmètres concernés.

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