SOCIÉTÉ Manifestations et conflits sociaux

Manifestations du 31 octobre: 70 000 policiers mobilisés, des milliers de personnes dans les rues, des blindés devant l’Élysée

Manifestations du 31 octobre: 70 000 policiers mobilisés, des milliers de personnes dans les rues, des blindés devant l'Élysée
Manifestations du 31 octobre: 70 000 policiers mobilisés, des milliers de personnes dans les rues, des blindés devant l'Élysée

La France connaît ce samedi une troisième journée de mobilisation contre la vie chère, à l’appel de syndicats, d’organisations lycéennes et étudiantes et de collectifs de Gilets jaunes. Environ 150 défilés sont prévus sur le territoire, avec un dispositif exceptionnel de 70 000 policiers et gendarmes. Les premiers cortèges se déroulent globalement dans le calme en milieu d’après-midi, notamment à Paris, Nice et Limoges. Plusieurs manifestations ont toutefois été interdites ou déplacées, tandis que les autorités redoutent des violences en soirée, à l’occasion d’Halloween.

Paris : le cortège s’est élancé, Jean-Luc Mélenchon présent

À Paris, les manifestants ont quitté la porte de Bagnolet peu après 14h pour rejoindre la porte de Charenton, dans le 12e arrondissement. Le défilé progresse sous une importante surveillance policière, avec notamment un hélicoptère mobilisé pour suivre le cortège. Vers 14h50, les manifestants avaient atteint le secteur de la porte de Montreuil, sans affrontement signalé sur l’itinéraire.

Jean-Luc Mélenchon a rejoint le rassemblement vers 14h25, accompagné de plusieurs élus de La France insoumise, dont Rima Hassan, Thomas Portes et Manon Aubry. Sur la place de la Bastille, où des appels à manifester avaient également circulé, les policiers ont procédé à des contrôles et fait évacuer plusieurs personnes qui s’étaient rassemblées malgré l’interdiction.

Le parcours parisien a fait l’objet d’un bras de fer judiciaire. Dans la nuit de vendredi à samedi, le Conseil d’État a finalement interdit le trajet Bastille-Nation, initialement demandé par les organisations syndicales. La plus haute juridiction administrative a donné raison à la préfecture de police, qui souhaitait éloigner les manifestants des principaux quartiers commerçants.

Nice, Limoges, Marseille : des milliers de manifestants mobilisés

À Nice, la préfecture des Alpes-Maritimes a comptabilisé 2 400 manifestants en début d’après-midi. Le rassemblement, organisé notamment à l’appel des syndicats, se déroule dans le calme. Le parcours autorisé emprunte plusieurs grandes artères autour de la place Masséna, en évitant une partie du centre commerçant.

À Limoges, plus de 2 000 personnes se sont réunies au carrefour Tourny vers 14h30. Le rassemblement, qui n’avait pas été officiellement déclaré, a entraîné le blocage du carrefour sans affrontements signalés à cette heure.

À Marseille, plusieurs centaines de personnes ont commencé à se rassembler dans le secteur des Réformés et de la Canebière, malgré l’absence de parcours déclaré et autorisé. Des militants des unions locales de la CGT ont assuré un service d’ordre, alors que l’union départementale n’avait pas officiellement appelé à manifester. Les forces de police surveillent particulièrement les accès au centre-ville.

Lyon, Bordeaux, Rennes : les manifestations maintenues sous conditions

À Lyon, les autorités ont autorisé un défilé entre la Manufacture des Tabacs et la place Jean-Macé, en passant notamment par le cours Gambetta, la rue Garibaldi et l’avenue Berthelot. Entre 10 000 et 15 000 participants étaient attendus par la préfecture, qui a mobilisé plus de 1 000 policiers et gendarmes. Les rassemblements revendicatifs restent interdits dans plusieurs secteurs de l’hypercentre.

À Bordeaux, la manifestation autorisée doit relier la place de la Bourse à la place de la Victoire, avec un départ à 14h. Des restrictions de rassemblement ont été prises dans certains secteurs du centre-ville. À Rennes, le parcours initial a été modifié après une première interdiction. Les manifestants sont autorisés à défiler du mail François-Mitterrand jusqu’à l’esplanade Charles-de-Gaulle.

À Nantes, plusieurs rassemblements ont été annoncés, notamment au Miroir d’eau et sur la place de la République. À Lille, un cortège contre la vie chère est également autorisé, tandis que Marine Tondelier a annoncé sa participation à la manifestation organisée dans la ville.

Montpellier, Toulouse, Strasbourg : des rassemblements interdits ou non déclarés

À Montpellier, la préfecture a interdit la manifestation prévue, estimant que les garanties de sécurité présentées par les organisateurs étaient insuffisantes. Un périmètre d’interdiction des rassemblements a été instauré dans le centre-ville.

À Toulouse et Strasbourg, aucune manifestation n’avait été officiellement déclarée auprès des préfectures. Des appels à se réunir ont néanmoins circulé sur les réseaux sociaux, notamment sur les allées Jean-Jaurès à Toulouse et sur la place de la Bourse à Strasbourg.

Plusieurs villes ont également instauré des couvre-feux concernant les mineurs non accompagnés, notamment à Nantes, Lille, Nice, Marseille et Montpellier. Les horaires et les périmètres varient selon les arrêtés préfectoraux.

Des blindés Centaure pour protéger l’Élysée, Matignon et l’Assemblée nationale

À Paris, la protection des principales institutions de la République a été renforcée. L’Élysée, Matignon et l’Assemblée nationale font partie des bâtiments particulièrement sensibles que les autorités entendent protéger contre toute tentative d’intrusion ou d’attaque en marge des manifestations. Lors de la précédente mobilisation du 24 octobre, des véhicules blindés Centaure avaient déjà été positionnés aux abords du palais de l’Élysée et de l’Assemblée nationale, avec deux engins déployés devant chacun de ces bâtiments.

Ce samedi, les Centaure font de nouveau partie du dispositif de sécurité déployé dans la capitale et sur l’ensemble du territoire. Ces véhicules blindés de la gendarmerie sont conçus pour protéger les forces de l’ordre, sécuriser les secteurs sensibles et dégager les axes de circulation en cas de barricades. Leur mobilisation s’ajoute aux mesures destinées à empêcher des groupes violents de s’approcher des lieux de pouvoir.

70 000 policiers et gendarmes : un dispositif exceptionnel pour éviter de nouvelles émeutes

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a maintenu un dispositif de sécurité comparable à celui du samedi précédent. Environ 70 000 policiers et gendarmes sont déployés dans toute la France, avec le renfort d’unités spécialisées, dont le RAID, la BRI et le GIGN. Les autorités disposent également de 26 blindés Centaure, de 15 engins lanceurs d’eau, d’hélicoptères et de drones.

Le ministre avait alerté les préfets sur le risque de nouvelles violences urbaines, particulièrement après 20h. Certains appels diffusés sur les réseaux sociaux encouragent des rassemblements nocturnes et des dégradations. Laurent Nuñez a prévenu que « la réponse apportée aux casseurs, aux pilleurs et à ceux qui appellent à l’insurrection sera ferme et républicaine ».

Des contrôles renforcés ont été mis en place dans les gares, les transports en commun et aux abords des zones commerciales. Les forces de l’ordre ont également reçu pour consigne de disperser les attroupements interdits et d’interpeller les personnes soupçonnées de préparer des violences ou des pillages.

Après les 410 000 manifestants du 24 octobre, quelle affluence aujourd’hui ?

La mobilisation de ce samedi fait suite à celle du 24 octobre, qui avait rassemblé 410 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur et près de 800 000 selon la CGT. Cette précédente journée avait également donné lieu à 1 435 interpellations, selon le bilan communiqué depuis par Laurent Nuñez.

Le ministère de l’Intérieur avait par ailleurs recensé, au 29 octobre, 1 193 policiers et gendarmes blessés depuis le début des mobilisations. Plusieurs avaient été hospitalisés après des agressions, des jets de projectiles et des affrontements.

En milieu d’après-midi ce samedi, les premiers chiffres locaux commencent à être communiqués, mais le bilan national définitif de la participation et des interpellations n’est pas encore disponible. Les autorités restent particulièrement mobilisées en prévision de la soirée d’Halloween.

Les organisations étudiantes et lycéennes préparent déjà la poursuite du mouvement. L’Union étudiante a appelé ce samedi à bloquer des lycées et des universités mardi 3 et jeudi 5 novembre. Une journée de grève interprofessionnelle est également annoncée pour le jeudi 5 novembre.

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