La journée de mobilisation nationale du samedi 17 octobre a été marquée par de très graves violences dans plusieurs grandes villes françaises. À Lyon, l’office de tourisme de la place Bellecour a été pillé et ravagé par un spectaculaire incendie. À Marseille, des manifestants ont forcé les portes de l’hôtel de ville à l’aide d’un bélier avant de pénétrer dans le bâtiment. À Paris, les affrontements avec les forces de l’ordre et les dégradations se sont multipliés. Des commerces ont été attaqués, des incendies allumés et des policiers visés par des projectiles. Dès la mi-journée, les autorités faisaient état de 166 interpellations à travers le pays.
Cette nouvelle journée de violences avait été précédée de premiers affrontements et de dizaines d’interpellations dès la matinée.
Lyon : l’office de tourisme de la place Bellecour ravagé par un gigantesque incendie
À Lyon, la situation a dégénéré dès la matinée, avec des rassemblements sauvages, des barricades improvisées et des affrontements avec les forces de l’ordre. Les violences ont atteint leur paroxysme en début d’après-midi, lorsque l’office de tourisme situé place Bellecour, en plein cœur de la ville, a été pris pour cible.
Des individus ont d’abord saccagé un pavillon situé sur la place. L’office de tourisme a ensuite été attaqué et pillé, avant qu’un violent incendie ne se déclare à l’intérieur des locaux.
Vers 14h30, le bâtiment était déjà la proie des flammes. Les images tournées sur place sont impressionnantes : un immense brasier a envahi plusieurs ouvertures de la façade, tandis qu’une épaisse colonne de fumée noire s’élevait au-dessus de la place Bellecour. Le feu a gagné une grande partie des locaux, sous les yeux de nombreux témoins.
Des individus, dont certains avaient le visage dissimulé, ont continué à circuler à proximité immédiate du bâtiment en flammes. Des débris jonchaient le sol et plusieurs petits foyers d’incendie étaient visibles aux alentours.
À Lyon, les pompiers gênés dans leur intervention
La situation s’est encore aggravée lorsque les secours ont tenté d’intervenir. Vers 14h45, des individus hostiles ont entravé les opérations des sapeurs-pompiers venus combattre l’incendie.
Les forces de l’ordre ont également été confrontées à des tirs de mortiers d’artifice et à des jets de projectiles, notamment sur les places Bellecour et de la République. Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les groupes violents.
La préfecture du Rhône a appelé les manifestants à se désolidariser des casseurs. L’office de tourisme avait déjà été visé dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 octobre, lorsque trois individus avaient été interpellés après avoir réalisé des inscriptions hostiles à la police sur sa façade, dont des menaces de mort visant une personne dépositaire de l’autorité publique.
Marseille : l’hôtel de ville attaqué au bélier et envahi par des manifestants
À Marseille, les violences ont également pris une tournure spectaculaire. Plusieurs dizaines de manifestants ont pris d’assaut l’hôtel de ville, situé sur le Vieux-Port. Des individus ont utilisé une barrière de sécurité comme bélier pour défoncer une porte du bâtiment municipal, avant de pénétrer dans le hall en scandant : « C’est la Révolution, on prend la Bastille ! »
L’intrusion a provoqué des dégradations à l’intérieur de la mairie. Le maire de Marseille, Benoît Payan, a dénoncé des actes « indescriptibles, inacceptables », précisant que plusieurs carreaux avaient été brisés. Les forces de l’ordre sont intervenues pour évacuer les intrus et sécuriser les accès au bâtiment.
Cette attaque contre le siège de la municipalité a constitué l’un des épisodes les plus marquants des violences marseillaises. Des manifestants ont ainsi réussi à forcer l’entrée d’un bâtiment institutionnel en plein centre-ville, avant d’en être délogés par les policiers.
Commerces pillés, incendies et véhicules blindés déployés à Marseille
Les violences ne se sont pas limitées à l’hôtel de ville. Sur la Canebière et dans les rues commerçantes du centre, plusieurs établissements ont été vandalisés ou pillés. Une boutique SFR a notamment vu sa vitrine défoncée, tandis qu’un magasin Audika situé près du Vieux-Port a été pillé puis incendié.
Un poste de police municipale a également été attaqué et dégradé. Des groupes d’individus cagoulés ont affronté les CRS à coups de projectiles et de mortiers d’artifice. Les forces de l’ordre ont riposté avec des gaz lacrymogènes, tandis que des poubelles étaient incendiées dans plusieurs rues, notamment rue Saint-Ferréol.
Face à l’ampleur des troubles, des véhicules blindés Centaure ont été déployés en début d’après-midi afin de renforcer le dispositif policier. Benoît Payan a échangé avec le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur pour demander des renforts.
Le centre commercial des Terrasses du Port a également été évacué en urgence en raison des troubles. Plusieurs secteurs du centre-ville ont connu des heures de tensions, alors même que le principal rassemblement était annoncé pour 14h sur le Vieux-Port.
Paris : affrontements place de la République et attaque contre CNews et Europe 1
Dans la capitale, les premières violences ont éclaté avant même le départ des principaux cortèges. Place de la République, des groupes d’individus masqués ont affronté les forces de l’ordre. Des mortiers d’artifice ont été tirés en direction des policiers, qui ont répondu par des gaz lacrymogènes. Un véhicule a également été incendié.
Le siège de CNews et d’Europe 1 a lui aussi été pris pour cible. Une centaine d’individus se sont rassemblés devant les locaux et plusieurs vitres ont été brisées, provoquant une intervention des forces de l’ordre. Une vingtaine d’interpellations ont été réalisées à la suite de cette attaque.
Les autorités avaient pourtant interdit les rassemblements dans plusieurs secteurs sensibles de Paris, notamment aux abords de l’Élysée, de Matignon et des Champs-Élysées. Ces restrictions n’ont pas empêché les affrontements et les dégradations dans d’autres quartiers de la capitale.
166 interpellations dès la mi-journée : une mobilisation nationale qui dégénère
Le bilan communiqué par les autorités à la mi-journée faisait état de 166 interpellations sur l’ensemble du territoire national. À cette heure, 140 actions avaient été recensées en province, réunissant environ 32 800 personnes.
La mobilisation nationale avait été organisée autour de revendications concernant notamment le pouvoir d’achat, les salaires, les retraites et les services publics. Elle a rassemblé des profils très différents, parmi lesquels des lycéens, des étudiants, d’anciens Gilets jaunes, des militants syndicaux et des membres de plusieurs professions.
Les appels à manifester avaient largement circulé sur les réseaux sociaux au cours des dernières semaines, dans le prolongement des mouvements lycéens et des blocages d’établissements scolaires. Ces mobilisations avaient déjà donné lieu à près de 6 900 interpellations lors des précédentes manifestations lycéennes.
Les risques de débordements avaient d’ailleurs été identifiés avant cette journée. Dès jeudi, les syndicats policiers avaient alerté sur les risques de chaos et de violences. La veille, Laurent Nuñez avait annoncé 250 appels à l’action et mis en garde contre de nouveaux débordements.
Emmanuel Macron avait appelé au calme et demandé aux manifestants de ne pas commettre de dégradations. Les événements de Lyon, Marseille et Paris ont néanmoins été marqués par des destructions, des attaques contre des bâtiments publics et des affrontements avec les forces de l’ordre.
De Lyon à Marseille, des bâtiments publics directement pris pour cible
L’incendie de l’office de tourisme de Lyon et l’attaque de l’hôtel de ville de Marseille ont marqué cette journée de mobilisation par leur violence. Dans les deux villes, des bâtiments publics emblématiques ont été directement visés, tandis que les forces de l’ordre et les secours devaient intervenir au milieu des affrontements.
À Lyon, un équipement touristique situé sur l’une des places les plus connues de la ville a été ravagé par les flammes. À Marseille, des manifestants ont réussi à forcer les portes de la mairie et à pénétrer dans le bâtiment. À Paris, les violences ont notamment touché des locaux de médias et plusieurs espaces publics.
En milieu d’après-midi, les opérations de maintien de l’ordre se poursuivaient dans plusieurs agglomérations. Le bilan définitif des destructions, des blessés et des interpellations n’était pas encore établi.

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