Une nouvelle journée de mobilisation se prépare dans l’Éducation nationale. Plusieurs organisations syndicales ont annoncé vendredi 6 novembre un appel à la grève et aux manifestations pour le mardi 10 novembre 2026. Ce mouvement concernera les enseignants, les personnels éducatifs, les agents administratifs, mais également les salariés de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les organisations souhaitent prolonger la mobilisation du 5 novembre, qu’elles présentent comme particulièrement suivie dans les collèges et les lycées. Au cœur de leurs revendications figurent les rémunérations, les suppressions de postes, les conditions de travail et les moyens accordés aux établissements scolaires et universitaires. Cette nouvelle journée d’action pourrait entraîner des perturbations dans plusieurs établissements, même si l’ampleur de la participation reste encore inconnue.
Selon le SNES-FSU, 52 % des personnels relevant des catégories représentées par le syndicat auraient participé à la grève du jeudi 5 novembre. L’organisation fait également état de près d’un millier de lycées bloqués, partiellement ou totalement, ou fermés administrativement. Ces chiffres, communiqués par le syndicat, témoignent de l’importance qu’il attribue à cette mobilisation, dont les résultats font l’objet d’appréciations différentes selon les acteurs. Les représentants des personnels estiment que les premières annonces gouvernementales concernant les postes, les moyens et les bâtiments scolaires ne répondent pas suffisamment aux difficultés rencontrées sur le terrain. Ils dénoncent notamment la dégradation du pouvoir d’achat des agents publics et réclament une véritable revalorisation des carrières. Le mouvement s’inscrit dans un contexte de tensions sociales plus larges, alors que plusieurs secteurs de la fonction publique contestent les orientations budgétaires pour 2027.
Salaires, recrutements et rénovation des établissements au cœur des revendications
Les syndicats réclament notamment le dégel du point d’indice, qui sert de référence au calcul des traitements des fonctionnaires, ainsi que des augmentations salariales sans contreparties. Ils demandent également des créations de postes d’enseignants, de conseillers principaux d’éducation, de psychologues de l’Éducation nationale et de personnels d’accompagnement des élèves en situation de handicap. Pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), les organisations souhaitent la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B, afin d’améliorer leur statut professionnel. Dans l’enseignement supérieur, elles réclament 15 000 postes de titulaires supplémentaires et des financements permettant, selon leurs estimations, de répondre au manque de 150 000 places dans les formations. La rénovation des bâtiments scolaires et universitaires constitue également une priorité, les syndicats estimant que les conditions matérielles d’accueil et d’enseignement nécessitent des investissements importants.
Les organisations mobilisées critiquent par ailleurs la réponse apportée par les autorités aux mouvements lycéens et universitaires, dénonçant des interventions policières et des fermetures administratives de campus qu’elles jugent disproportionnées. Elles souhaitent également que les agents de la fonction publique soient pleinement associés aux discussions nationales sur les salaires, alors qu’une conférence sociale doit se tenir lundi 9 novembre. Des préavis de grève ont été déposés pour les prochaines semaines, laissant ouverte la possibilité d’une poursuite du mouvement au-delà de mardi. Les syndicats doivent se retrouver dans la soirée du 10 novembre pour décider des suites à donner à leur mobilisation, en coordination avec les organisations interprofessionnelles. Pour les familles, les conséquences concrètes de cette nouvelle journée dépendront du nombre de personnels grévistes dans chaque établissement. À trois jours de l’échéance, aucune estimation nationale fiable ne permet encore d’évaluer les éventuelles fermetures de classes ou perturbations des cours.









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