Julie Ollivier, la première femme à avoir porté plainte pour viols contre Sébastien Cauet, s’est suicidée lundi à l’âge de 28 ans. Son décès a été confirmé ce vendredi par l’association MeToo Media, dont elle était membre. La jeune femme avait déclenché l’affaire judiciaire visant l’animateur en novembre 2023, en dénonçant des faits de viols qu’elle affirmait avoir subis alors qu’elle était mineure, puis plusieurs années plus tard. Sébastien Cauet, mis en examen en mai 2024, conteste les accusations portées contre lui.
« On est dévastés » : l’émotion de l’association MeToo Media
La disparition de Julie Ollivier a profondément bouleversé les membres de MeToo Media, une association qui accompagne les personnes dénonçant des violences sexistes et sexuelles dans les médias. Sa fondatrice, Emmanuelle Dancourt, a exprimé sa stupéfaction : « On est dévastés, on est dans la sidération. »
Julie Ollivier entretenait des relations régulières avec plusieurs membres de l’association. « On la connaissait très bien. Elle était adhérente à l’association, où elle avait une écoutante, des amies. Elle venait à nos événements. On ne s’y attendait pas. C’est une période où on pensait qu’elle allait mieux », a expliqué Emmanuelle Dancourt. Les circonstances précises du décès de la jeune femme n’ont pas été rendues publiques.
Une première plainte déposée en novembre 2023
Le 18 novembre 2023, Julie Ollivier avait déposé plainte contre Sébastien Cauet à la gendarmerie de Saint-Laurent-sur-Saône, en Saône-et-Loire. Elle accusait l’animateur de lui avoir imposé des actes sexuels en 2014, dans une chambre d’hôtel à Genève, alors qu’elle n’avait que 16 ans. Elle dénonçait également d’autres faits qui se seraient produits en 2022.
Ses accusations avaient été suivies par celles de plusieurs autres femmes. En mai 2024, Sébastien Cauet avait été mis en examen pour viols et agression sexuelle dans une procédure concernant quatre plaignantes, dont plusieurs étaient mineures au moment des faits dénoncés. L’animateur a toujours nié les faits qui lui sont reprochés et bénéficie de la présomption d’innocence.
La procédure judiciaire était toujours en cours au moment du décès de Julie Ollivier. Le 14 octobre dernier, Sébastien Cauet avait été interrogé sur le fond des accusations par la juge d’instruction chargée du dossier.
Cauet avait également porté plainte contre Julie Ollivier pour menaces de mort et harcèlement
Les relations entre Julie Ollivier et Sébastien Cauet avaient donné lieu à plusieurs procédures judiciaires distinctes. Comme nous l’avions précédemment rapporté, l’animateur et sa compagne Nathalie Dartois avaient déposé plainte contre la jeune femme pour menaces de mort et harcèlement moral.
Cette plainte, déposée en décembre 2025, portait notamment sur plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux et sur un appel téléphonique anonyme reçu par Nathalie Dartois. L’avocate de Julie Ollivier, Me Helin Köse, avait dénoncé une « tentative de déstabilisation généralisée de ma cliente ».
Julie Ollivier avait elle-même déposé une plainte en juillet 2025, notamment pour cyberharcèlement, atteinte à l’intimité de la vie privée et violation du secret de l’instruction. Les différentes procédures se poursuivaient parallèlement à l’enquête principale visant Sébastien Cauet.
Sa famille annonce vouloir poursuivre le combat judiciaire
Après l’annonce du décès, Me Helin Köse a fait part de son immense tristesse. L’avocate a salué la détermination de Julie Ollivier, qui avait maintenu ses accusations contre l’animateur depuis le dépôt de sa première plainte.
« Elle a eu le courage de dénoncer ce qu’elle a subi et de porter sa parole jusqu’au bout », a déclaré l’avocate, avant d’annoncer la volonté des proches de la jeune femme de poursuivre les démarches judiciaires.
« Sa famille a choisi de poursuivre le combat judiciaire qu’elle a engagé et se constituera partie civile », a précisé Me Helin Köse, ajoutant : « Notre seul souhait est que son deuil soit respecté. »
Le décès de Julie Ollivier ne met pas fin à l’information judiciaire ouverte contre Sébastien Cauet. L’instruction se poursuit, tandis que la famille de la jeune femme entend désormais défendre ses intérêts dans la procédure. Aucun élément public n’établit à ce stade de lien de causalité entre son suicide et les procédures judiciaires auxquelles elle était partie.









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