SOCIÉTÉ Manifestations et conflits sociaux

Manifestations: 565 interpellations, des policiers attaqués, Mélenchon demande le départ de Macron, Nuñez dénonce les casseurs de l’ultragauche

Manifestations: 565 interpellations, des policiers attaqués, Mélenchon demande le départ de Macron, Nuñez dénonce les casseurs de l’ultragauche
Manifestations: 565 interpellations, des policiers attaqués, Mélenchon demande le départ de Macron, Nuñez dénonce les casseurs de l’ultragauche

Les manifestations contre la vie chère ont de nouveau mobilisé plusieurs centaines de milliers de personnes, samedi 31 octobre, dans toute la France. Selon le ministère de l’Intérieur, 320 000 manifestants ont défilé, dont 70 000 à Paris. Les organisateurs ont revendiqué près de 500 000 participants au niveau national, dont 200 000 dans la capitale. Cette troisième grande journée de mobilisation a été marquée par des affrontements avec les forces de l’ordre, des incendies de barricades et des tentatives de pillage. Le bilan des interpellations a été porté à 565, contre 511 annoncées précédemment. Sur le plan politique, Laurent Nuñez a dénoncé les violences des casseurs, tandis que Jean-Luc Mélenchon a accentué la pression sur Emmanuel Macron.

Une mobilisation en baisse : 320 000 manifestants selon les autorités

La mobilisation a enregistré un recul par rapport au samedi précédent. Le 24 octobre, les autorités avaient recensé 410 000 manifestants dans toute la France, dont 110 000 à Paris. Une semaine plus tard, les chiffres officiels font apparaître une diminution de près de 22% de la participation nationale, soit 90 000 manifestants de moins.

À Lyon, 19 000 personnes ont défilé. À Bordeaux, les autorités ont comptabilisé 11 000 manifestants, contre 15 500 la semaine précédente, tandis que les syndicats revendiquaient 70 000 participants. Marseille a rassemblé 10 000 personnes selon les autorités, Rennes 13 500, Grenoble 7 300 et Limoges près de 3 000.

Cette baisse confirme la tendance observée lors des précédents rassemblements. La mobilisation du 17 octobre avait réuni 550 000 personnes selon les autorités, contre 410 000 le 24 octobre et 320 000 ce samedi. Le recul de la participation et les premiers affrontements dans plusieurs villes avaient déjà été constatés samedi soir.

Paris : un gendarme visé par un cocktail Molotov, Laurent Nuñez parle de « tentative de meurtre »

À Paris, les principales tensions ont éclaté en fin de manifestation, dans le secteur de la porte de Charenton. Plusieurs centaines d’individus ont affronté les forces de l’ordre, avec des jets de pierres et d’autres projectiles. Des barricades ont été incendiées et un cocktail Molotov a été lancé en direction d’un gendarme mobile, légèrement blessé.

Laurent Nuñez a qualifié cet acte de « tentative de meurtre ». Le ministre de l’Intérieur a dénoncé la « violence inouïe » de groupes de casseurs qui s’en sont pris aux policiers et aux gendarmes. Il a également évoqué des groupes de plusieurs centaines d’individus impliqués dans les affrontements.

Le ministre a directement mis en cause certains militants radicaux : « Comme on s’y attendait et comme je l’avais anticipé, on a eu dans chaque cortège des groupes de casseurs, de pilleurs, beaucoup animés d’ailleurs par la mouvance d’ultragauche et l’extrême gauche radicale. »

Les images des policiers visés par des cocktails Molotov à Paris ont montré la violence des affrontements. Place de la République, des poubelles, un kiosque et une voiture ont également été incendiés. Les forces de l’ordre ont repoussé un cortège non déclaré qui tentait de se diriger vers l’Élysée.

565 interpellations et plus de 40 000 contrôles

Le bilan des opérations policières a été revu à la hausse, avec 565 personnes interpellées à l’issue de cette nouvelle journée de mobilisation. Plus de 40 000 contrôles ont été effectués sur l’ensemble du territoire, dont environ 15 000 en Île-de-France.

Les autorités avaient anticipé des affrontements en renforçant les effectifs et les moyens d’intervention. Les policiers et gendarmes ont notamment été chargés d’empêcher les dégradations de commerces, les pillages et les attaques contre les bâtiments publics.

La précédente journée de mobilisation avait déjà donné lieu à de nombreuses arrestations, avec 1 314 interpellations recensées lors des manifestations du 24 octobre.

Le nombre d’interpellations de ce samedi apparaît donc nettement inférieur à celui de la semaine précédente, même si les violences commises contre les forces de l’ordre ont été particulièrement graves dans certains secteurs.

Grenoble, Marseille, Lyon : des affrontements dans plusieurs villes

À Grenoble, des affrontements ont éclaté à la fin du cortège, notamment autour du parc Paul-Mistral. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes pour disperser plusieurs groupes. Au moins deux jeunes hommes ont été blessés lors d’interpellations.

À Marseille, où la manifestation n’avait pas été déclarée, le défilé s’est d’abord déroulé dans le calme avant que des tensions n’éclatent lors de la dispersion. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement.

Des groupes radicaux ont également tenté de pénétrer dans les centres-villes de Bordeaux, Toulouse, Rennes, Lille, Nantes et Lyon pour commettre des dégradations et des pillages. Les autorités ont annoncé avoir empêché plusieurs de ces actions.

À Lyon, un manifestant légèrement blessé à la jambe a été transporté à l’hôpital. Les dispositifs de sécurité ont été maintenus pendant la soirée dans plusieurs agglomérations, les autorités redoutant de nouveaux rassemblements violents après la dispersion des cortèges.

Des blindés Centaure déployés pour protéger l’Élysée, Matignon et l’Assemblée nationale

Le gouvernement avait déployé des moyens de sécurité importants, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés et des blindés Centaure pour protéger les institutions. Le dispositif comprenait notamment 26 blindés de la gendarmerie, 15 engins lanceurs d’eau et des unités spécialisées du RAID, du GIGN et de la BRI. Des drones, des hélicoptères et des équipes cynophiles complétaient ces moyens.

Plusieurs véhicules blindés Centaure avaient notamment été positionnés pour protéger les abords de l’Élysée, de Matignon et de l’Assemblée nationale contre d’éventuelles attaques ou tentatives d’intrusion de manifestants violents.

Les autorités avaient également renforcé les restrictions de circulation et les interdictions de rassemblement dans certains secteurs sensibles de la capitale. Le Conseil d’État avait notamment interdit le parcours Bastille-Nation, donnant raison à la préfecture de police qui souhaitait éloigner les manifestants des quartiers commerçants.

Laurent Nuñez dénonce l’ultragauche et défend l’action des forces de l’ordre

Malgré les affrontements, Laurent Nuñez a estimé que les « cortèges se sont bien déroulés » dans leur ensemble. Le ministre a mis en avant l’efficacité des contrôles préventifs et des opérations policières qui ont permis, selon lui, d’éviter plusieurs pillages et destructions dans les centres-villes.

Il a directement désigné les groupes de casseurs liés à l’ultragauche comme responsables d’une grande partie des violences. Le ministre avait déjà alerté les préfets sur les risques de nouvelles émeutes, particulièrement après 20h, en raison des appels à des rassemblements nocturnes diffusés sur les réseaux sociaux.

Pour justifier le maintien des dispositifs pendant la nuit, Laurent Nuñez a expliqué : « Il ne s’agit plus d’encadrer des cortèges déclarés, il s’agit effectivement de traiter des petits groupes épars. »

Plusieurs préfets avaient interdit les rassemblements nocturnes en raison des appels à la violence. Les forces de l’ordre avaient reçu pour consigne de disperser les attroupements interdits et d’interpeller les individus soupçonnés de préparer des dégradations ou des pillages.

Réactions politiques : Mélenchon exige le départ de Macron, le gouvernement accuse l’ultragauche

Sur le plan politique, Jean-Luc Mélenchon a profité de cette nouvelle journée de mobilisation pour accentuer ses attaques contre Emmanuel Macron. Le leader de La France insoumise a adressé un nouvel avertissement au président de la République : « Plus dure sera la chute. Il devra céder ou partir. »

Le responsable insoumis avait déjà appelé Emmanuel Macron à céder face aux revendications des manifestants. La semaine précédente, il avait évoqué la possibilité d’un départ du chef de l’État si celui-ci persistait dans son refus de répondre au mouvement social.

Présent dans le cortège parisien, Jean-Luc Mélenchon était accompagné de plusieurs élus insoumis, notamment Rima Hassan, Thomas Portes et Manon Aubry. La manifestation a également été marquée par l’humiliation d’Elwan, repoussé à l’arrière du cortège alors qu’il voulait se placer au premier rang.

Le gouvernement défend de son côté une politique de fermeté face aux violences. Sébastien Lecornu avait déjà accusé Jean-Luc Mélenchon, après les affrontements du 17 octobre, de chercher à faire porter aux forces de l’ordre la responsabilité des débordements.

Les nouvelles accusations de Laurent Nuñez contre l’ultragauche ont accentué les tensions entre le gouvernement et La France insoumise, alors que le mouvement de protestation entre dans une nouvelle semaine.

Les syndicats appellent à une nouvelle journée de grèves jeudi

La mobilisation doit se poursuivre dans les prochains jours. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont appelé à de nouveaux blocages d’établissements mardi et jeudi. L’Unef reproche au gouvernement de ne toujours pas avoir apporté de réponses concrètes aux revendications de la jeunesse.

Une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations est programmée jeudi 5 novembre à l’appel de l’intersyndicale. Les organisations mobilisées entendent maintenir la pression sur le gouvernement autour du pouvoir d’achat et des revendications sociales.

Après les 550 000 manifestants recensés le 17 octobre, les 410 000 du 24 octobre et les 320 000 du 31 octobre, la participation a diminué lors des deux derniers samedis. Les syndicats préparent désormais leurs prochaines actions, avec une nouvelle mobilisation nationale prévue jeudi.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Réagir à l’article

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une