À deux jours des manifestations du samedi 31 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a lancé une nouvelle alerte aux préfets. Dans un télégramme adressé aux représentants de l’État, il met en garde contre un « risque de violences urbaines très élevé », particulièrement en soirée et durant la nuit d’Halloween. Les autorités redoutent que des rassemblements organisés sur les réseaux sociaux ne dégénèrent en affrontements, pillages et dégradations, dans un climat déjà marqué par les graves violences des 17 et 24 octobre.
Halloween : des appels à se rassembler dans les centres-villes inquiètent le ministère
Dans son télégramme, Laurent Nuñez signale la multiplication des appels à des rassemblements dans les centres-villes et sur les places publiques, en utilisant la fête d’Halloween comme prétexte. Ces messages, repérés sur les réseaux sociaux, font craindre aux services de l’État de nouvelles actions violentes.
Le ministre estime que les visuels accompagnant certains de ces appels révèlent des intentions de commettre « de nouvelles exactions ». Il considère que le danger sera particulièrement important à partir du début de soirée et jusqu’à une heure avancée de la nuit.
Les préfets sont ainsi invités à accorder « une attention toute particulière » aux rassemblements annoncés à partir de 20h, notamment sur les places publiques. L’inquiétude porte sur la possibilité de voir des groupes violents profiter de l’affluence liée à Halloween pour se réunir et provoquer de nouveaux troubles.
Après les violences du 17 octobre, les autorités refusent de revivre une nouvelle nuit de chaos
Cette alerte a été lancée après deux samedis de mobilisation particulièrement tendus. Le 17 octobre, plusieurs villes françaises ont été frappées par de violentes émeutes, des incendies et des pillages. À Paris, Marseille, Lyon et dans plusieurs autres agglomérations, des commerces et des bâtiments publics ont été attaqués.
La journée du 24 octobre a été moins destructrice, grâce notamment à un dispositif de maintien de l’ordre considérablement renforcé. Elle s’est néanmoins soldée par 1 435 interpellations et 267 policiers et gendarmes blessés, selon le bilan communiqué le 26 octobre par Laurent Nuñez.
Malgré ces violences, 410 000 personnes ont manifesté le 24 octobre selon le ministère de l’Intérieur, contre près de 800 000 revendiquées par la CGT. Le mouvement de contestation contre la vie chère et la politique du gouvernement doit se poursuivre samedi 31 octobre, avec un nouvel appel à la mobilisation des Gilets jaunes.
Policiers, gendarmes, unités spécialisées : un dispositif de sécurité renforcé
Laurent Nuñez a déjà annoncé que les forces de l’ordre seraient mobilisées en nombre pour empêcher la répétition des violences du 17 octobre. Le 27 octobre, sur RTL, il a assuré qu’un dispositif « tout aussi conséquent » que celui du samedi précédent serait engagé.
Pour la journée du 24 octobre, environ 70 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés, avec le renfort du RAID, du GIGN et de véhicules blindés. Les forces de sécurité avaient également procédé à des contrôles préventifs et à des saisies d’armes potentielles.
Les autorités envisagent de maintenir les restrictions dans les secteurs considérés comme particulièrement exposés. Les préfets pourront notamment prolonger certains couvre-feux et prendre des arrêtés d’interdiction de rassemblement lorsque les risques de troubles à l’ordre public le justifient.
Un samedi 31 octobre sous haute tension, un dispositif détaillé à 17h30
La journée du samedi 31 octobre réunira deux facteurs de risque identifiés par le ministère : une nouvelle mobilisation nationale contre le gouvernement et la soirée d’Halloween, qui fait l’objet d’appels spécifiques à des rassemblements nocturnes.
Laurent Nuñez doit présenter ce jeudi 29 octobre, à 17h30, les mesures de sécurité prévues pour samedi. Les effectifs exacts engagés et les modalités du dispositif national doivent être précisés à cette occasion.
Le ministre de l’Intérieur a déjà fixé sa priorité : empêcher de nouvelles destructions dans les centres-villes et protéger les forces de l’ordre, les habitants et les commerces. Après deux week-ends de fortes tensions, le gouvernement se prépare à une troisième journée de mobilisation, suivie d’une soirée durant laquelle le risque de violences est jugé particulièrement élevé.









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