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ALERTE – Manifestations du 17 octobre: la police «prévoit le pire» et redoute une journée de chaos et de violences

ALERTE - Manifestations du 17 octobre: la police «prévoit le pire» et redoute une journée de chaos et de violences
ALERTE - Manifestations du 17 octobre: la police «prévoit le pire» et redoute une journée de chaos et de violences

À deux jours de la mobilisation nationale du samedi 17 octobre, l’inquiétude monte au sein des forces de l’ordre. Invité de BFMTV ce jeudi, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance Police nationale, a lancé un avertissement particulièrement alarmant sur les risques de violences et de débordements. «On la voit comme une journée noire, on prévoit le pire, les renseignements le savent déjà.» Une déclaration qui intervient alors que les autorités anticipent une mobilisation difficile à maîtriser, réunissant potentiellement des Gilets jaunes, des lycéens, des étudiants et plusieurs mouvements de contestation sociale.

«Tout va être chaos, insurrection» : l’avertissement du syndicat Alliance

Face aux caméras de BFMTV, Fabien Vanhemelryck n’a pas caché son pessimisme concernant les manifestations annoncées samedi dans toute la France. Le représentant syndical estime que les tensions accumulées ces dernières semaines pourraient déboucher sur de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.

«On sait qu’évidemment tout va être chaos, insurrection», a-t-il affirmé, avant de prévenir que la journée ne serait pas sereine et que de nombreux policiers risquaient encore d’être blessés. Il a également dénoncé les violences subies par les agents lors des précédentes mobilisations, avançant le chiffre de 1 000 policiers blessés, un bilan présenté par le syndicaliste.

Fabien Vanhemelryck a insisté sur la nécessité de permettre aux policiers d’assurer leur mission de maintien de l’ordre dans des conditions satisfaisantes. «Il faut que cette spirale infernale cesse», a-t-il déclaré, en réclamant des instructions plus claires et des moyens adaptés face aux violences.

250 actions déjà recensées et une soixantaine d’autres en préparation

Les inquiétudes exprimées par Alliance interviennent alors que le ministère de l’Intérieur prépare un important dispositif de sécurité pour le 17 octobre. Selon les informations communiquées ce jeudi, 250 actions sont déjà envisagées sur le territoire national, auxquelles pourraient s’ajouter une soixantaine de manifestations encore en cours d’organisation.

Les services de renseignement surveillent notamment les appels à rassemblement sur les réseaux sociaux, les projets de blocages et les initiatives susceptibles de se développer spontanément. Des actions sur des ronds-points, des axes routiers et d’autres lieux stratégiques sont notamment évoquées, mais leur ampleur exacte reste difficile à anticiper.

À Paris comme dans plusieurs grandes villes, les autorités redoutent la présence de groupes violents en marge des cortèges. Le ministère de l’Intérieur estime notamment que des militants de l’ultragauche pourraient chercher à provoquer des affrontements avec les forces de l’ordre.

Gilets jaunes, lycéens, étudiants : une convergence des colères redoutée

La particularité de cette journée du 17 octobre réside dans la diversité des mouvements susceptibles de se retrouver dans la rue. Des collectifs se réclamant des Gilets jaunes appellent depuis plusieurs semaines à une mobilisation contre la vie chère, notamment contre l’augmentation des prix des carburants et la dégradation du pouvoir d’achat.

À cette contestation pourraient s’ajouter les lycéens et étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines pour réclamer davantage de moyens dans l’Éducation nationale. Plusieurs organisations souhaitent une convergence des mouvements, tandis que des appels circulent également auprès de salariés, de retraités et de représentants d’autres professions.

Cette mobilisation intervient dans un climat déjà particulièrement tendu. Comme nous l’avons rapporté lors des précédents blocages de lycées, plusieurs manifestations ont été marquées par des agressions, des dégradations et des affrontements avec les forces de l’ordre.

Le nombre réel de participants attendus samedi demeure cependant incertain. Contrairement aux grandes mobilisations syndicales traditionnelles, les appels du 17 octobre ne sont pas tous coordonnés par une organisation centrale, ce qui complique considérablement le travail d’anticipation des autorités.

Le gouvernement redoute une nouvelle escalade des violences

Ce jeudi 15 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui aussi fait part de ses inquiétudes concernant l’évolution de la contestation. Il estime qu’une partie du mouvement lycéen bascule progressivement vers des violences urbaines, après plusieurs semaines de manifestations et de blocages d’établissements scolaires.

Le chef du gouvernement a notamment dénoncé des tirs de mortiers d’artifice, des intrusions dans des établissements et des violences qui, selon lui, se sont intensifiées ces derniers jours. Il a néanmoins distingué ces agissements des revendications exprimées pacifiquement par de nombreux lycéens.

Les instructions transmises aux autorités locales prévoient une réponse «ferme et immédiate» en cas de violences, de dégradations ou de blocages durables d’infrastructures essentielles. Les manifestations pacifiques doivent, de leur côté, pouvoir se dérouler sous la protection des forces de l’ordre.

À Paris, un arrêté préfectoral a également été pris afin d’encadrer les itinéraires de certains cortèges et de prévenir les risques de troubles à l’ordre public. Les autorités cherchent ainsi à éviter que plusieurs rassemblements convergent vers des secteurs particulièrement sensibles.

Alliance Police nationale attaque l’État et dénonce des consignes «floues»

La préparation du 17 octobre intervient également dans un contexte de tensions entre le syndicat Alliance et la hiérarchie policière. L’organisation a annoncé une plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui, estimant que les agents sont exposés à des risques excessifs lors des opérations de maintien de l’ordre.

Le syndicat dénonce notamment des consignes «floues» et des injonctions «contradictoires», qui compliqueraient la capacité des policiers à intervenir efficacement face aux violences. Fabien Vanhemelryck réclame une clarification des responsabilités et reproche également à l’administration de ne pas fournir des moyens suffisamment adaptés.

Cette controverse intervient alors que près de 6 900 interpellations avaient été recensées dans le cadre de la mobilisation lycéenne au début du mois d’octobre. Parallèlement, plusieurs interventions policières ont provoqué des blessures graves et suscité des accusations d’usage disproportionné de la force, entraînant l’ouverture d’enquêtes administratives et judiciaires.

Un samedi 17 octobre sous très haute surveillance

Les prochaines heures doivent permettre aux préfectures d’affiner les dispositifs de sécurité en fonction des rassemblements annoncés et des renseignements recueillis sur le terrain. Le gouvernement entend empêcher les blocages prolongés et les violences, tout en garantissant l’exercice du droit de manifester.

La crainte majeure reste celle de rassemblements spontanés difficiles à encadrer, auxquels pourraient se joindre des groupes déterminés à affronter les forces de l’ordre. Les autorités surveillent particulièrement Paris et les grandes agglomérations, sans exclure des tensions dans des villes de moindre importance.

À quarante-huit heures de la mobilisation, aucune certitude n’existe toutefois sur l’ampleur réelle des manifestations ni sur les violences qui pourraient survenir. Mais les déclarations de Fabien Vanhemelryck donnent la mesure des inquiétudes d’une partie des policiers : pour Alliance, le samedi 17 octobre pourrait constituer l’une des journées les plus difficiles de cette séquence de contestation sociale.

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