SOCIÉTÉ Manifestations et conflits sociaux

Grève du 5 novembre: 270.000 manifestants recensés hors Paris, des centaines de milliers de personnes mobilisées dans toute la France

Grève du 5 novembre: 270.000 manifestants recensés hors Paris, des centaines de milliers de personnes mobilisées dans toute la France (@Police nationale)
Grève du 5 novembre: 270.000 manifestants recensés hors Paris, des centaines de milliers de personnes mobilisées dans toute la France (@Police nationale)

La journée de grève et de manifestations de ce jeudi a déjà rassemblé 270.000 personnes dans 180 cortèges à travers la France, hors Paris, selon un premier bilan du ministère de l’Intérieur établi à 13 heures. Dans la capitale, où les renseignements avaient anticipé entre 40.000 et 80.000 participants, le décompte officiel n’a pas encore été communiqué. Au total, plus de 220 manifestations étaient annoncées sur le territoire. La mobilisation, organisée pour réclamer des augmentations de salaires, une amélioration du pouvoir d’achat et davantage de moyens pour les services publics, a également été marquée par des blocages de lycées, des rassemblements étudiants et des interventions policières. Quelque 70.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour encadrer cette journée de contestation.

270.000 manifestants à 13 heures, sans compter le cortège parisien

Le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir recensé 270.000 manifestants dans 180 cortèges en province à 13 heures. Ce premier chiffre ne comprend pas Paris, où une importante manifestation est également organisée. Les renseignements avaient anticipé entre 40.000 et 80.000 participants dans la capitale, ce qui porterait le total provisoire entre 310.000 et 350.000 personnes si ces prévisions se confirmaient. Il ne s’agit toutefois pas encore d’un bilan national constaté.

Les manifestations réunissent des salariés du secteur privé, des fonctionnaires, des enseignants, des étudiants et des lycéens. Plusieurs organisations syndicales ont appelé à participer aux rassemblements pour réclamer des revalorisations salariales, une augmentation du Smic et des mesures destinées à compenser la hausse du coût de la vie.

Cette nouvelle journée de mobilisation fait suite à plusieurs semaines de contestation sociale. Les précédentes manifestations avaient déjà donné lieu à des rassemblements dans de nombreuses villes, ainsi qu’à des tensions entre manifestants et forces de l’ordre.

Près de 16% des enseignants en grève selon le ministère

L’Éducation nationale a communiqué un premier taux de participation à la grève proche de 16% parmi les enseignants. Cette mobilisation concerne les écoles maternelles et élémentaires, les collèges et les lycées, avec des disparités selon les établissements.

Les personnels mobilisés dénoncent notamment le manque de moyens humains et matériels, les difficultés de remplacement des professeurs absents et la dégradation des conditions de travail. Les syndicats réclament également des revalorisations salariales et des investissements supplémentaires dans les établissements scolaires.

Les revendications portent aussi sur les effectifs dans les classes, l’état des bâtiments et les moyens consacrés à l’accompagnement des élèves. La mobilisation des enseignants rejoint celle des lycéens et des étudiants, qui ont multiplié les actions depuis le début de l’automne.

Des lycées bloqués à Paris, Strasbourg et Bordeaux, des gaz lacrymogènes utilisés

Plusieurs établissements scolaires ont été concernés par des tentatives de blocage dès les premières heures de la matinée. À Strasbourg, plusieurs dizaines de lycéens ont tenté de bloquer les accès du lycée Marie-Curie avant d’être rapidement dispersés par les forces de l’ordre.

À Paris, des opérations de police ont eu lieu devant plusieurs établissements, notamment le lycée Honoré-de-Balzac, dans le 17e arrondissement, et le lycée Hélène-Boucher, dans le 20e. Des CRS ont utilisé des gaz lacrymogènes pour empêcher les blocages et disperser les groupes de manifestants.

À Bordeaux, une centaine de lycéens se sont rassemblés devant le lycée Montaigne, où des poubelles avaient été disposées pour bloquer les accès à l’établissement. À Toulouse, les étudiants de Sciences Po ont poursuivi leur mouvement de blocage engagé le 1er octobre, après une interruption pendant les vacances scolaires.

Ces actions ont été organisées alors que les organisations lycéennes appelaient leurs adhérents à rejoindre les manifestations nationales de ce jeudi.

Parcoursup, bâtiments vétustes et journées trop longues : les revendications des lycéens

Les lycéens mobilisés réclament une augmentation du budget de l’Éducation nationale, la rénovation des bâtiments scolaires et la suppression de Parcoursup, la plateforme nationale d’admission dans l’enseignement supérieur.

Ils dénoncent également des journées de cours jugées trop longues, des établissements insuffisamment chauffés et une dégradation générale de leurs conditions d’apprentissage. Plusieurs organisations demandent davantage de personnels éducatifs et une amélioration des équipements mis à disposition des élèves.

Les mouvements de blocage se sont développés dans plusieurs villes françaises depuis le début de l’automne. Les lycéens entendent maintenir la pression sur le gouvernement, dont ils jugent les premières réponses insuffisantes face aux difficultés rencontrées dans l’enseignement.

Les organisations étudiantes participent également à cette mobilisation, avec des rassemblements et des actions de blocage dans certains établissements d’enseignement supérieur.

Salaires, pouvoir d’achat et services publics au cœur des revendications

Au-delà de la situation dans l’enseignement, les manifestants réclament des mesures sur les rémunérations et le pouvoir d’achat. Les syndicats dénoncent les difficultés rencontrées par les salariés face à l’augmentation des dépenses contraintes, notamment pour le logement, l’énergie et l’alimentation.

Les revendications concernent aussi les conditions de travail, les effectifs dans les services publics et les moyens accordés aux administrations. Les organisations syndicales demandent l’ouverture de négociations salariales et des engagements budgétaires supplémentaires.

Cette journée de contestation rassemble ainsi plusieurs catégories de manifestants autour de revendications communes, même si les demandes diffèrent selon les secteurs professionnels.

70.000 policiers et gendarmes mobilisés dans toute la France

Pour encadrer les rassemblements, le ministère de l’Intérieur a annoncé le déploiement de 70.000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire. Les autorités ont prévu un dispositif de sécurité important dans les grandes villes, notamment à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient attendues.

Les forces de l’ordre ont également été mobilisées devant certains établissements scolaires pour empêcher les blocages. Des interventions ont notamment été signalées à Paris et Strasbourg, tandis que des tensions ont accompagné plusieurs rassemblements lycéens.

Plus de 220 manifestations étaient annoncées pour cette journée. À 13 heures, les autorités avaient déjà recensé 180 cortèges en province, avec 270.000 participants.

Le bilan national doit être complété avec les chiffres de la manifestation parisienne et les décomptes des rassemblements organisés dans l’après-midi. Les chiffres définitifs du ministère de l’Intérieur et ceux des organisations syndicales permettront d’établir l’ampleur totale de la mobilisation de ce jeudi.

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