La troisième journée de mobilisation contre la vie chère a été marquée ce samedi par de nouvelles tensions à Paris. Des images diffusées en fin d’après-midi montrent des policiers antiémeutes confrontés à des projectiles et à des départs de feu. Des cocktails Molotov auraient été lancés contre les forces de l’ordre, avec des policiers potentiellement touchés par les flammes. Ces incidents se produisent alors que 70 000 policiers et gendarmes ont été déployés dans toute la France et que les autorités redoutent une nouvelle vague de violences dans la soirée.
Paris : des policiers visés par des engins incendiaires
La tension est montée ce samedi après-midi dans la capitale. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un important groupe de policiers équipés de casques et de boucliers, regroupés dans une rue jonchée de débris. De la fumée est visible à proximité du dispositif de maintien de l’ordre.
La publication accompagnant ces images affirme que des policiers ont été visés par des cocktails Molotov et que certains ont pris feu.
D’autres violences ont été signalées dans la capitale. Place de la République, des poubelles et un kiosque ont été incendiés. Une voiture a également été la proie des flammes. Les forces de l’ordre ont par ailleurs repoussé un cortège non déclaré qui tentait de se diriger vers l’Élysée.
Le cortège officiellement autorisé, parti à 14 heures de la porte de Bagnolet en direction de la porte de Charenton, a pour sa part défilé dans des conditions globalement plus calmes. Son parcours avait été imposé par la préfecture de police et validé par le Conseil d’État.
Lyon : affrontements, incendies et découverte de matériel suspect
À Lyon, les tensions ont éclaté en marge de la manifestation partie de la Manufacture des Tabacs. Des groupes violents ont affronté les forces de l’ordre, notamment dans le secteur de la place Guichard. Des jets de projectiles ont été signalés et les policiers ont demandé aux manifestants de quitter les lieux.
Un incendie a également été signalé rue Duguesclin, nécessitant l’intervention des sapeurs-pompiers. À Rillieux-la-Pape, plusieurs poubelles ont été incendiées et les forces de l’ordre ont été prises pour cible. Trois personnes ont été interpellées dans ce secteur.
Les autorités ont également signalé le contrôle d’un individu en possession d’éléments susceptibles de servir à la fabrication d’un engin artisanal. Un important dispositif policier, comprenant environ 1 000 agents, a été déployé dans l’agglomération lyonnaise.
Bordeaux : des affrontements en marge d’un rassemblement de 7 000 personnes
À Bordeaux, environ 7 000 manifestants se sont rassemblés ce samedi. Des affrontements ont été signalés en marge du cortège, alors que les autorités avaient anticipé des risques de débordements.
Dans d’autres villes, notamment Niort, Valenciennes, Guéret et Clermont-Ferrand, les rassemblements se sont déroulés sans incidents importants signalés à ce stade. À Clermont-Ferrand, jusqu’à 2 000 personnes ont manifesté à l’écart du centre-ville.
Déjà 272 interpellations en France en fin d’après-midi
Un premier bilan national faisait état de 272 interpellations ce samedi en fin d’après-midi. Ce chiffre provisoire est susceptible d’augmenter au cours des prochaines heures, notamment avec les opérations de maintien de l’ordre prévues pour la soirée.
À titre de comparaison, le ministère de l’Intérieur avait recensé 1 435 interpellations lors de la précédente journée de mobilisation, le 24 octobre.
Depuis le début du mouvement, le 17 octobre, les violences ont également provoqué de nombreuses blessures parmi les forces de sécurité. Au 29 octobre, le ministère de l’Intérieur comptabilisait 1 193 policiers et gendarmes blessés. Le bilan spécifique des blessés de ce samedi n’a pas encore été communiqué.
70 000 policiers et gendarmes mobilisés, des blindés pour protéger les institutions
Le gouvernement a engagé ce samedi 70 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire. Le dispositif comprend 26 véhicules blindés Centaure, 15 engins lanceurs d’eau, ainsi que des hélicoptères, des drones et des unités spécialisées du RAID, de la BRI et du GIGN.
À Paris, des véhicules blindés ont également été positionnés pour sécuriser les abords des principales institutions, notamment l’Élysée, Matignon et l’Assemblée nationale, face aux risques d’attaques ou d’intrusions.
Les contrôles ont été renforcés dans les gares, sur les axes routiers et aux abords des centres-villes. Dans la capitale, plus de 1 200 contrôles avaient déjà été réalisés à la mi-journée.
Halloween : les autorités craignent une nouvelle flambée de violences ce soir
La principale inquiétude des autorités concerne désormais les rassemblements nocturnes. Des appels à des actions violentes et à des pillages ont circulé sur les réseaux sociaux, avec plusieurs rendez-vous annoncés à partir de 20 heures.
À Paris, des restrictions nocturnes concernent notamment les secteurs de République et des Halles. À Lyon, les autorités ont également prévu des mesures destinées à empêcher les rassemblements violents dans le centre-ville. D’autres communes ont pris des dispositions similaires.
Laurent Nuñez a annoncé que les rassemblements interdits seraient dispersés et que leurs participants pourraient être interpellés. Le ministre de l’Intérieur a promis une réponse « ferme et républicaine » contre les auteurs de violences, les pillards et les personnes appelant à l’insurrection.
La surveillance doit se poursuivre durant toute la nuit, avec des dispositifs de sécurité maintenus autour des bâtiments publics, des commerces et des principaux lieux de rassemblement.









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