La rentrée scolaire a débuté sous tension ce lundi matin, après deux semaines de vacances de la Toussaint. Dès 7 heures, des blocages ont commencé à se mettre en place devant plusieurs lycées, notamment à Paris et à Marseille. Dans la capitale, les forces de l’ordre sont intervenues devant le lycée Condorcet, dans le IXe arrondissement, pour empêcher l’installation d’un blocus. Plusieurs lycéens ont été interpellés. Cette nouvelle journée de mobilisation prolonge les manifestations de samedi contre la politique du gouvernement.
Paris : intervention policière et interpellations devant le lycée Condorcet
À Paris, la situation s’est tendue dès les premières heures de la matinée devant le lycée Condorcet, situé dans le IXe arrondissement. Des lycéens ont tenté d’organiser un blocage de leur établissement pour empêcher le déroulement normal des cours.
Vers 8h07, les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher la formation du blocus. Plusieurs lycéens ont été interpellés au cours de l’opération. Des policiers ont ensuite pris position de part et d’autre de l’entrée principale afin de permettre aux élèves d’accéder à l’établissement.
Cette intervention marque le début d’une nouvelle journée de tensions entre les lycéens mobilisés et les autorités, alors que le gouvernement avait demandé une reprise normale des enseignements après les vacances.
Marseille également touchée par les premiers blocages
À Marseille, des rassemblements et des tentatives de blocage ont également été signalés dès 7 heures devant plusieurs établissements scolaires. Les premières images diffusées dans la matinée montrent des lycéens mobilisés à l’occasion de la reprise des cours.
Ces actions répondent aux appels lancés ces derniers jours par plusieurs organisations lycéennes et étudiantes. Les manifestants entendent poursuivre leur contestation des politiques éducatives et économiques du gouvernement, notamment concernant les conditions d’études, les moyens accordés à l’Éducation nationale et l’accès à l’enseignement supérieur.
Le nombre exact d’établissements bloqués à l’échelle nationale n’est pas encore établi ce lundi matin.
Une mobilisation avancée dès lundi malgré les appels à bloquer mardi et jeudi
Initialement, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante avaient appelé à des journées de blocage mardi 3 novembre et jeudi 5 novembre. Mais l’organisation Les Lycéens ! a décidé de soutenir les établissements souhaitant se mobiliser dès ce lundi.
Dimanche, Pierre Sourzat, responsable de l’organisation, avait annoncé : « Ce sera plus à partir de mardi, mais on sait qu’il y aura des lycées qui vont être bloqués dès demain. » Il avait également affirmé son soutien aux élèves décidés à empêcher l’ouverture de leurs établissements dès la rentrée.
Les organisations lycéennes et étudiantes maintiennent leurs appels à la mobilisation pour les prochains jours. Jeudi, une nouvelle journée de grève et de manifestations interprofessionnelles doit également avoir lieu.
Après les 565 interpellations de samedi, la contestation reprend
Ces premiers blocages surviennent deux jours après les manifestations du samedi 31 octobre, qui ont donné lieu à 565 interpellations sur l’ensemble du territoire. Plusieurs villes avaient connu des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.
À Paris, des cocktails Molotov avaient notamment été lancés en direction de gendarmes et de policiers porte de Charenton. Une enquête pour tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique a été ouverte.
Le mouvement lycéen, déjà actif depuis plusieurs semaines, avait également été marqué par des incidents dans différents établissements, notamment à Reims, où un policier de la BAC avait été filmé lançant une grenade fumigène au milieu de lycéens.
Le gouvernement voulait une rentrée normale, les lycéens maintiennent la pression
Le président Emmanuel Macron avait appelé jeudi à une reprise des cours dans le calme, estimant que les revendications de la jeunesse avaient été entendues. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait également demandé un retour normal des élèves dans les établissements.
Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour tenter de répondre à la contestation, notamment le remplacement progressif de Parcoursup d’ici à 2028. Des annonces jugées insuffisantes par les organisations mobilisées.
Pierre Sourzat a dénoncé une « politique de comptoir » et accusé l’exécutif de ne pas avoir véritablement répondu aux attentes des lycéens.
Les premiers blocages de ce lundi ouvrent une semaine de mobilisation, avec deux nouvelles journées d’action prévues mardi et jeudi. À Paris, après les interpellations devant le lycée Condorcet, les policiers restent positionnés aux accès de l’établissement pour permettre la rentrée des élèves.









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