Le bilan des interpellations s’alourdit autour des lycées franciliens. Depuis le début du mouvement, 824 personnes ont été arrêtées en Île-de-France, dont 255 pour la seule journée du vendredi 2 octobre, selon les chiffres communiqués samedi par la préfecture de police de Paris. Les mineurs représentent 85 % des personnes interpellées. La préfecture précise que beaucoup sont lycéens, sans nécessairement être scolarisés dans les établissements concernés par les incidents. Ces chiffres recensent des interpellations et ne préjugent pas des suites judiciaires ni de la culpabilité des personnes arrêtées.
Les autorités décrivent une mobilisation qui se déplace d’un établissement à l’autre. Partie du Val-de-Marne, la contestation s’est étendue à la Seine-Saint-Denis, aux Hauts-de-Seine puis à Paris. Selon la préfecture, 90 % des personnes interpellées l’ont été dans leur département de résidence. Elle fait également état de 77 policiers blessés et dénonce des tirs de mortiers d’artifice, des barricades et des dégradations commises avec des engins incendiaires. Ce bilan traduit la multiplication des incidents, mais ne permet pas, à lui seul, de caractériser l’ensemble d’un mouvement dont les formes varient selon les établissements.
Le gouvernement promet des remplacements, les lycéens maintiennent la mobilisation
À l’échelle nationale, Laurent Nuñez a annoncé 1 747 interpellations vendredi et plus de 5 000 depuis lundi. L’Éducation nationale a, de son côté, recensé 735 établissements perturbés vendredi, soit environ 30 % de moins que la veille. Ces deux bilans mesurent des réalités différentes : l’évolution des incidents et des interventions policières ne se confond pas avec le nombre d’établissements touchés. Reçus au ministère, les représentants lycéens se sont désolidarisés des violences tout en maintenant leurs revendications sur les conditions d’enseignement.
Édouard Geffray a annoncé un plan d’action avec les recteurs pour accélérer le remplacement des professeurs absents, en donnant la priorité aux classes préparant un examen. Le ministre a également ouvert des discussions sur la représentation des élèves et reconnu des difficultés concernant les bâtiments scolaires et les rythmes d’enseignement. L’Union syndicale lycéenne appelle néanmoins à poursuivre le mouvement, avec une nouvelle journée de mobilisation mardi 6 octobre, soutenue par plusieurs syndicats de l’éducation. Les prochains jours permettront de mesurer si les engagements sur les cours non assurés apportent une réponse suffisamment concrète pour faire retomber la contestation.

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