La Chine ajoute un nouveau dossier aux tensions commerciales avec l’Union européenne. Le ministère chinois du Commerce a annoncé samedi 3 octobre l’ouverture d’une enquête antidumping sur le p-nitrotoluène importé de l’UE. Ce composé sert notamment à fabriquer des produits utilisés dans les colorants, les médicaments et les pesticides. La procédure fait suite à une demande déposée le 14 septembre par deux producteurs chinois, Jiangsu Huaihe Chemical et Hubei Oriental Chemical, qui dénoncent un préjudice pour leur activité.
Selon les éléments préliminaires présentés par les plaignants et relayés par le ministère, les prix des importations européennes ont baissé de près de 60 % entre 2022 et 2025, tandis que leurs volumes restaient élevés. Ces accusations devront être examinées au cours de l’enquête : son ouverture ne constitue pas une conclusion sur l’existence d’un dumping. L’avis officiel prévoit une procédure normalement achevée avant le 3 octobre 2027, avec une prolongation exceptionnelle possible de six mois. Les entreprises concernées disposent de vingt jours pour demander à y participer.
Un nouveau contentieux à quelques jours du dialogue avec Bruxelles
Cette annonce intervient avant le déplacement à Pékin du commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, les 8 et 9 octobre, pour des discussions avec son homologue Wang Wentao. Les échanges doivent tenter de réduire les tensions accumulées entre les deux partenaires. Bruxelles dénonce les déséquilibres commerciaux et les conditions de concurrence imposées à ses industriels, tandis que Pékin critique la multiplication des procédures européennes visant ses exportations. Le secteur chimique occupe désormais une place importante dans ces différends.
Dans sa réponse officielle, le ministère chinois rapproche explicitement cette enquête des mesures européennes : il affirme que l’UE a engagé 28 enquêtes de défense commerciale contre la Chine depuis 2025, dont environ la moitié concernent la chimie. Pékin assure néanmoins agir sur la base d’une plainte industrielle et dans le respect des règles commerciales. Ce calendrier donne au dossier une portée diplomatique, sans permettre d’établir qu’il s’agit formellement de représailles. Les prochaines discussions devront montrer si les deux parties peuvent obtenir des engagements concrets alors que les contentieux sectoriels continuent de se multiplier.

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