CULTURE Cinéma

« Ni vue, ni connue » : Isabelle Huppert passe à l’arrière-plan pour raconter les invisibles du cinéma avec Sandrine Kiberlain

« Ni vue, ni connue » : Isabelle Huppert passe à l’arrière-plan pour raconter les invisibles du cinéma avec Sandrine Kiberlain
« Ni vue, ni connue » : Isabelle Huppert passe à l’arrière-plan pour raconter les invisibles du cinéma avec Sandrine Kiberlain

Isabelle Huppert en figurante obstinée, Sandrine Kiberlain en vedette jouant une version fictive d’elle-même : Marc Fitoussi inverse les places dans « Ni vue, ni connue », attendu au cinéma le 7 octobre. Présentée en ouverture du Festival du film francophone d’Angoulême, cette comédie suit Corinne Maclou, une comédienne qui multiplie les journées de figuration dans l’espoir d’obtenir enfin un véritable rôle. Sur les plateaux, elle distribue son CV et tente de transformer chaque rencontre en occasion professionnelle.

Son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain, à laquelle elle confie une cassette montrant l’un de ses anciens spectacles. Une amitié inattendue se noue alors entre ces deux femmes, séparées par leur position dans le métier. Le choix d’Huppert donne au récit son ressort central : une actrice immédiatement reconnaissable incarne une femme que personne ne regarde. Ce décalage permet d’aborder la reconnaissance professionnelle à travers celles et ceux qui participent aux films sans bénéficier de leur visibilité.

Les plateaux de tournage vus depuis le second plan

Marc Fitoussi retrouve un univers qu’il a déjà exploré dans son documentaire « Des figurants », en 2009, puis à travers plusieurs épisodes de « Dix pour cent ». Ici, les attentes entre les prises, les différences de traitement et les rapports hiérarchiques deviennent la matière de la comédie. L’ambition de Corinne se heurte à une organisation où chacun doit tenir sa place, tandis que la célébrité du personnage de Kiberlain ne la protège ni de la solitude ni du doute. Leur relation met ainsi en regard deux formes d’insatisfaction, sans effacer l’inégalité de leurs situations.

Vincent Dedienne, Emmanuelle Bercot, Thomas Joly, Ana Girardot et Anne Marivin complètent la distribution, plusieurs apparaissant dans des rôles proches de leur identité publique. Cette circulation entre fiction et personnalités connues prolonge le jeu sur les apparences et le prestige. Après « Copacabana » et « La Ritournelle », Fitoussi retrouve également Huppert autour d’un personnage qui refuse de renoncer à ses aspirations. Le film place ainsi au premier plan une question rarement centrale dans les récits sur le cinéma : ce que coûte, humainement, l’attente d’un rôle qui ne vient pas.

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