L’identité de l’homme filmé vendredi au milieu des lycéens à Reims est désormais officiellement établie. Le procureur de la République de Reims, François Schneider, a confirmé ce dimanche qu’il s’agissait bien d’un policier en civil de la brigade anticriminalité. L’homme avait été filmé le visage partiellement dissimulé, habillé comme les jeunes présents autour de lui, au moment où il lançait ce qui apparaissait sur les images comme un projectile.
Cette confirmation apporte un élément décisif à la vidéo que nous avions publiée samedi, dans laquelle un homme en civil lançait un projectile avant de s’éloigner lorsqu’il était filmé. À ce moment-là, aucune identification officielle ne permettait encore d’affirmer qu’il appartenait aux forces de l’ordre. C’est désormais confirmé : l’homme est bien policier et il était engagé dans une opération de maintien de l’ordre.
Le procureur confirme : « Il s’agit bien d’un policier »
François Schneider donne également la nature du projectile lancé par le fonctionnaire. Selon lui, il s’agissait d’une grenade fumigène utilisée alors que les forces de l’ordre étaient confrontées à des jets de pierres et à des tirs de mortiers.
Le procureur explique : « Il s’agit bien d’un policier jetant une grenade fumigène en action de maintien de l’ordre public, donc dans un cadre totalement légal au vu des circonstances et de la violence des émeutiers jetant des pierres sur les policiers et utilisant des mortiers. » Il conclut : « Aucun sujet donc et soutien aux forces de l’ordre. »
Le fonctionnaire appartient à la BAC. Il intervenait donc en civil, ce qui explique l’absence d’uniforme sur les images. La vidéo le montre avec le visage partiellement masqué et entouré de jeunes avant son lancer.
Deux jours plus tôt, le procureur écartait la présence de policiers en civil lançant des projectiles
Cette confirmation prend un relief particulier au regard des déclarations précédentes de François Schneider. Interrogé le 2 octobre sur les tensions autour des lycées et sur la présence éventuelle de policiers en civil, le procureur avait déclaré : « Je ne crois pas une seconde à la présence de policiers en civil en train de jeter quelque chose. »
Deux jours plus tard, le magistrat confirme donc lui-même qu’un policier en civil a effectivement effectué un lancer. La différence essentielle apportée par sa nouvelle déclaration concerne la nature et les circonstances de ce geste : il ne s’agissait pas, selon lui, d’un casseur infiltré lançant un projectile pour provoquer des affrontements, mais d’un policier de la BAC utilisant une grenade fumigène dans le cadre d’une opération de maintien de l’ordre. Le procureur défend ainsi totalement l’action du fonctionnaire et affirme qu’elle était légale.
Anthony Smith avait directement interpellé l’homme
La vidéo avait été largement diffusée après l’intervention d’Anthony Smith. L’eurodéputé LFI, présent à Reims, avait filmé et interpellé l’homme avant de dénoncer publiquement une « violence policière en direct contre des lycéens » et des « violences et provocations policières ».
D’autres élus de La France insoumise avaient ensuite relayé les images. Aymeric Caron avait notamment demandé des explications au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, estimant que la vidéo semblait montrer un membre des forces de l’ordre en civil lançant un projectile. L’identité policière de l’homme est désormais confirmée, mais le parquet récuse l’interprétation selon laquelle son geste aurait eu pour objectif de provoquer les manifestants.
Une vidéo qui change désormais de statut
Lorsque nous avions relaté l’affaire samedi, la rumeur d’un policier en civil avait déjà pris une ampleur considérable, mais elle restait impossible à présenter comme un fait établi. La confirmation du procureur lève aujourd’hui cette incertitude.
L’homme filmé était bien un policier en civil de la BAC et l’objet lancé était, selon le procureur, une grenade fumigène. En revanche, l’affirmation selon laquelle le fonctionnaire aurait été infiltré parmi les lycéens afin de provoquer des violences n’est pas établie. François Schneider affirme exactement l’inverse : le policier participait à une opération de maintien de l’ordre face à des individus qui lançaient des pierres et utilisaient des mortiers.
Cette affaire intervient alors que les blocages de lycées ont été accompagnés de nombreuses violences et de centaines d’interpellations. À Reims, le débat porte désormais moins sur l’identité de l’homme, qui ne fait plus de doute, que sur les conditions dans lesquelles ce policier en civil a été engagé au milieu du rassemblement.

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