Le chauffeur du car impliqué dans le terrible accident survenu ce vendredi à Lent, dans l’Ain, a reconnu lors de sa première audition qu’il se serait assoupi au volant. Âgé de 26 ans, le conducteur a été placé en garde à vue alors qu’il était hospitalisé pour ses blessures. Le drame a coûté la vie à deux passagers, une fillette de 7 ans et un jeune homme de 18 ans. Quatre autres personnes ont été grièvement blessées, dont deux dont le pronostic vital était engagé vendredi soir.
Le chauffeur affirme s’être assoupi avant de traverser la chaussée
Les premiers éléments de l’enquête ont permis de préciser les circonstances de l’accident. Entendu par les gendarmes depuis son lit d’hôpital, le conducteur a expliqué avoir perdu momentanément conscience de sa conduite après s’être assoupi.
La procureure de la République de Bourg-en-Bresse, Karine Malara, a rapporté ses déclarations : « Il indique qu’il se serait assoupi. Il aurait effectivement traversé la chaussée. Lorsqu’il s’est réveillé, il s’est retrouvé de l’autre côté de la chaussée. Et il a percuté plusieurs arbres qui bordaient cette chaussée avant de s’immobiliser dans le ravin. » Le véhicule a ainsi quitté sa voie de circulation, traversé la route et heurté plusieurs arbres avant de terminer sa course dans un fossé.
Une journée de travail la veille et un départ à 5h30 du matin
Le conducteur, qui exerce le métier de chauffeur de car depuis environ 18 mois, avait effectué une journée complète de transport scolaire jeudi. Le lendemain, il avait repris son service très tôt pour assurer la liaison entre Lyon et Bourg-en-Bresse, dont le départ était prévu vers 5h30.
L’accident s’est produit vers 7h30 sur la route départementale 22, à hauteur de Lent, à une dizaine de kilomètres de Bourg-en-Bresse. Selon les premiers témoignages recueillis par les enquêteurs, certains passagers auraient constaté l’endormissement du conducteur avant la sortie de route.
Le chauffeur a également affirmé qu’il respectait la limitation de vitesse, fixée à 70 km/h sur cette portion de route. Il a déclaré avoir activé son régulateur de vitesse à cette allure. Les enquêteurs devront vérifier ces affirmations, notamment à partir des données techniques du véhicule.
Alcool et stupéfiants : les premiers tests sont négatifs
Les premières analyses pratiquées sur le conducteur n’ont révélé aucune consommation d’alcool ou de stupéfiants. Un précédent contrôle inopiné, réalisé à la mi-octobre, avait également donné des résultats négatifs.
Blessé aux jambes et à un œil, le chauffeur a dû être désincarcéré du véhicule avant d’être transporté à l’hôpital. Son état de santé a néanmoins permis aux enquêteurs de procéder à une première audition dans le cadre de sa garde à vue.
Les investigations doivent désormais établir les conditions exactes de son service, ses horaires de travail et ses périodes de repos. Les gendarmes doivent également entendre les responsables de l’entreprise de transport, qui assurait cette liaison régionale pour le compte de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Une fillette de 7 ans et un étudiant de 18 ans ont perdu la vie
Le bilan humain est particulièrement lourd. Une fillette de 7 ans, qui voyageait avec sa mère et sa petite sœur, a été tuée dans l’accident. La seconde victime est un jeune homme de 18 ans, étudiant à Lyon.
Au total, 49 passagers se trouvaient à bord du car, dont 23 mineurs et 26 adultes. Quatre personnes ont été hospitalisées en urgence absolue, parmi lesquelles trois adultes et une mineure. Vendredi soir, le pronostic vital de deux blessés restait engagé ; 25 autres personnes ont été légèrement blessées.
Les secours ont déployé des moyens considérables, avec une centaine de sapeurs-pompiers, une cinquantaine de gendarmes et plusieurs hélicoptères. Les victimes ont été prises en charge dans différents établissements hospitaliers de la région.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait exprimé son émotion après l’annonce de l’accident, en adressant une pensée aux élèves victimes et à leurs familles.
Une enquête ouverte pour homicide routier et blessures routières
Le parquet de Bourg-en-Bresse a ouvert une enquête en flagrance pour homicide routier et blessures routières. Les investigations ont été confiées aux gendarmes, chargés de reconstituer précisément le déroulement de l’accident et de déterminer les éventuelles responsabilités pénales.
Les déclarations du chauffeur sur son endormissement, sa vitesse et ses conditions de travail devront être confrontées aux constatations techniques et aux témoignages des passagers. Les enquêteurs examineront également les données du véhicule et les conditions dans lesquelles le conducteur avait pris son service.
Le car accidenté appartenait à la société Philibert Transports et assurait la liaison interurbaine A32 entre Lyon et Bourg-en-Bresse. Il transportait notamment des élèves se rendant dans leurs établissements scolaires lorsque le drame s’est produit vendredi matin.









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