Kévin Tessier, 39 ans, auteur de l’attentat raciste commis le 23 octobre à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, a tenté de mettre fin à ses jours en détention. L’homme, mis en examen et incarcéré depuis le 29 octobre, a été hospitalisé après son geste. Son pronostic vital n’est plus engagé. Il est soupçonné d’avoir tué un homme de 26 ans et blessé sept autres personnes lors d’une attaque à l’arme automatique visant des personnes en raison de leur origine ou de leur religion supposées.
Une tentative de suicide quelques jours après son incarcération
La tentative de suicide de Kévin Tessier a été révélée ce mardi soir. Le suspect se trouvait en prison depuis sa mise en examen pour l’attentat raciste de Trappes, jeudi 29 octobre, dans le cadre de l’enquête menée par le Parquet national antiterroriste (PNAT). Après son geste, il a été transporté à l’hôpital, où il a reçu des soins. Son pronostic vital n’est plus engagé.
Les circonstances précises de cette tentative de suicide, notamment la méthode employée et le moment exact des faits, n’ont pas été rendues publiques. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué concernant les conditions de sa prise en charge médicale.
Le suspect avait déjà présenté des troubles du comportement pendant sa garde à vue. Le 24 octobre, au lendemain de l’attaque, des actes autoagressifs et des propos incohérents avaient conduit à son transfert dans une unité hospitalière de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Une période d’observation psychiatrique avait ensuite été décidée avant la reprise de ses auditions.
Un homme tué, sept blessés et au moins 128 coups de feu
Le 23 octobre, Kévin Tessier a ouvert le feu sur plusieurs personnes dans les communes de Trappes et de La Verrière. L’attaque s’est déroulée sur un parcours d’environ 12 kilomètres, comprenant huit scènes de crime distinctes. Au moins 128 coups de feu ont été tirés.
Pengo Bossio Wangi, 26 ans, combattant amateur de MMA, a été tué. Sept autres personnes ont été blessées, dont quatre grièvement. Parmi les victimes figure une fillette de 12 ans touchée par huit balles, dont le pronostic vital avait initialement été engagé.
L’assaillant présumé a finalement été interpellé à Coignières, vers 10h20, sans opposer de résistance aux policiers. Les enquêteurs ont découvert dans son véhicule un pistolet-mitrailleur Sten de calibre 9 millimètres, des chargeurs, des munitions et plusieurs équipements.
Des images de vidéosurveillance montrant le suspect armé devant un commerce ont également été diffusées après les faits.
Le suspect a reconnu avoir ciblé des personnes noires et musulmanes
Au cours de ses auditions, Kévin Tessier a reconnu avoir préparé son attaque et choisi ses victimes en fonction de leur origine ou de leur religion supposées. Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a expliqué que le suspect avait admis avoir spécifiquement visé des personnes « de type musulman ou africain, nord-africain ».
Les investigations ont également révélé que son appartement avait été piégé avec un dispositif utilisant du gaz et deux minuteurs. Le mécanisme, découvert lors de l’intervention du RAID, était susceptible de provoquer une explosion et d’endommager les logements voisins.
Le suspect a été mis en examen dans une procédure portant notamment sur des faits d’assassinat et de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante raciste.
Trente victimes identifiées par les enquêteurs
Ce mardi, Olivier Christen a annoncé que les investigations avaient permis d’identifier au total 30 victimes. Outre la personne tuée et les sept blessés, 22 personnes ont été directement visées ou exposées aux tirs sans être physiquement atteintes.
Le procureur a précisé que certaines avaient vu leur véhicule touché par des balles, tandis que d’autres avaient été prises pour cible sans être blessées. Il a également confirmé que l’attaque avait été longuement préparée, probablement depuis la fin de l’été.
« C’est quelqu’un qui avait largement préparé, prémédité les faits, probablement depuis la fin de l’été, début septembre », a déclaré le magistrat, évoquant des cibles soigneusement choisies.
Une attaque préméditée, une enquête toujours en cours
Les investigations ont établi que le suspect avait organisé son déplacement et préparé son équipement avant de passer à l’acte. Les enquêteurs cherchent notamment à reconstituer les différentes étapes de cette préparation, les conditions dans lesquelles il s’est procuré son arme et les éventuels contacts qu’il aurait entretenus avant les faits.
Le procureur national antiterroriste a également indiqué que les investigations n’avaient pas établi que Kévin Tessier envisageait de mourir pendant son attaque. Le suspect s’était rendu sans résistance lors de son interpellation.
L’instruction judiciaire se poursuit pour déterminer l’ensemble des circonstances de l’attentat, retracer la préparation des faits et établir les éventuelles responsabilités d’autres personnes.









Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.