Une nouvelle vidéo de l’attentat commis vendredi 23 octobre à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, circule sur les réseaux sociaux. Les images de vidéosurveillance montrent un homme armé devant l’entrée d’un commerce, tandis qu’une personne tente désespérément de se protéger à l’intérieur. Parallèlement, des accusations concernant le passé militant de Kévin T., 39 ans, soupçonné d’avoir tué un homme et blessé cinq autres personnes, circulent. Des liens avec des associations antifascistes, des mouvements pro-palestiniens et un élu de gauche de Guyancourt sont notamment évoqués, sans confirmation à ce stade.
Une vidéo glaçante : un homme armé face à une personne recroquevillée au sol
La scène, filmée par une caméra de vidéosurveillance, montre l’entrée d’un commerce équipé de portes vitrées automatiques. À l’intérieur, une personne portant une casquette rouge est assise au sol, contre un présentoir situé à droite de l’entrée. Un objet ressemblant à une trottinette est renversé à proximité.
Un homme vêtu d’une veste sombre et d’un pantalon bleu apparaît devant les portes. Il tient une arme longue, qu’il manipule à plusieurs reprises. Il s’approche du commerce, se penche et redresse son arme, tandis que la personne réfugiée à l’intérieur reste recroquevillée contre le mobilier.
Les images sont particulièrement impressionnantes. L’individu armé se trouve à quelques mètres seulement de la personne au sol, qui semble chercher à échapper à son regard. Celle-ci ne tente pas de se relever et demeure plaquée contre le présentoir pendant que l’homme effectue plusieurs mouvements avec son arme.
L’homme finit par s’éloigner de l’entrée. La personne réfugiée au sol reste dans sa position. Les images montrent la terreur provoquée par la présence de l’individu armé, sans permettre d’établir si des coups de feu ont été tirés précisément devant ce commerce.
Des liens présumés avec des militants antifascistes et pro-palestiniens
De nouvelles affirmations concernent le passé militant de Kévin T. Le suspect aurait fréquenté des milieux antifascistes et pro-palestiniens, notamment autour de l’Association France Palestine Solidarité. Une éventuelle appartenance à des associations d’extrême gauche en 2018 est également évoquée.
Plusieurs photographies présentées comme anciennes sont également associées à ces accusations. Elles montreraient un homme identifié comme Kévin T. aux côtés d’Olivier Pareja, élu de gauche à Guyancourt, dans les Yvelines, présenté comme proche de la mouvance de La France insoumise. Ces accusations n’ont pas été confirmées par les enquêteurs.
Un mort et cinq blessés, dont une fillette de 12 ans touchée par huit balles
Vendredi 23 octobre, vers 10 heures, un homme circulant à bord d’une Renault Clio a ouvert le feu sur plusieurs personnes dans les rues de Trappes et de La Verrière. Le tireur a utilisé un pistolet-mitrailleur de type STEN, une arme conçue au Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’attaque a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, 26 ans, espoir français du MMA. Le jeune sportif s’entraînait à l’Atch Academy d’Aubervilliers et ambitionnait de devenir combattant professionnel. Sa mort a provoqué une vive émotion parmi ses proches et ses partenaires d’entraînement.
Cinq autres personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans, atteinte par huit projectiles. Transportée à l’hôpital Necker, à Paris, elle a notamment été touchée au foie, à la rate et aux jambes. Sa mère a livré un témoignage bouleversant sur la fusillade et les blessures de son enfant.
Le suspect a été interpellé quelques minutes après les faits à Coignières, une commune voisine. Les policiers ont découvert dans son véhicule l’arme utilisée, ainsi que des équipements supplémentaires.
Un appartement piégé et un exemplaire de Mein Kampf découvert
La perquisition menée au domicile de Kévin T., à Plaisir, a nécessité l’intervention du RAID et des démineurs. Les policiers ont découvert un dispositif de piégeage composé de trois bouteilles de gaz reliées à des fils électriques et à un minuteur.
Les enquêteurs ont également retrouvé un exemplaire de Mein Kampf, le livre d’Adolf Hitler, ainsi qu’une Bible et un Coran. Ces découvertes font partie des éléments examinés pour déterminer les convictions du suspect et les circonstances de la préparation de son attaque.
Kévin T. était déjà connu de la justice pour plusieurs infractions de droit commun. Il n’était cependant pas fiché S et n’avait pas été identifié par les services de renseignement comme une menace terroriste avant les faits.
Schizophrénie, cocaïne et cannabis : la garde à vue du suspect levée
La garde à vue de Kévin T. a été levée samedi 24 octobre au soir, à l’issue d’un examen psychiatrique. Le Parquet national antiterroriste a annoncé dimanche son transfert à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, à Paris, pour une période d’observation susceptible de durer 48 heures.
Le parquet a précisé que « la mesure de garde à vue le concernant est suspendue le temps de cette période d’observation ». Les médecins doivent déterminer si son état de santé permet la reprise des auditions. Selon les informations recueillies au cours de l’enquête, le suspect souffre de schizophrénie et suivait un traitement médical.
Les analyses toxicologiques ont également révélé la présence de cocaïne et de cannabis dans son sang. Ces résultats établissent une consommation de stupéfiants, sans déterminer à eux seuls leur influence exacte sur son comportement au moment de l’attaque.
Quatre personnes appartenant à son entourage familial et amical ont par ailleurs été placées en garde à vue. Les investigations cherchent à déterminer si elles avaient connaissance de ses intentions ou de la préparation de son passage à l’acte.
Le parquet antiterroriste privilégie la piste d’une attaque raciste
Lors de son interpellation, Kévin T. aurait expliqué aux policiers avoir voulu « venger les commerçants » victimes des violences du 17 octobre. Il aurait également déclaré vouloir s’en prendre « aux Noirs et aux Arabes », des propos qui orientent les investigations vers un mobile raciste.
Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante liée à l’origine ou à la religion réelle ou supposée des victimes.
Vendredi soir, Emmanuel Macron a dénoncé un « attentat terroriste raciste », après s’être rendu sur place. Le chef de l’État a exprimé son soutien aux victimes et à leurs familles.
Les enquêteurs doivent maintenant déterminer comment Kévin T. s’est procuré son arme, s’il a bénéficié de complicités et quelles convictions ont motivé son attaque. L’examen de son état psychiatrique doit également permettre de déterminer dans quelles conditions les investigations pourront se poursuivre.
L’attentat a fait un mort et cinq blessés en quelques minutes. La vidéo de surveillance montre désormais l’une des scènes de terreur vécues par les personnes présentes sur le parcours du tireur.

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