Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a dévoilé ce lundi 26 octobre de nouveaux éléments sur l’attaque meurtrière de Trappes. Le suspect, Kévin T., âgé de 39 ans, a tiré 128 munitions au cours de son parcours criminel. Le bilan fait état d’un mort et de quatre blessés graves. Le magistrat a également apporté plusieurs précisions importantes sur les motivations présumées de l’assaillant, notamment concernant le caractère raciste des faits et la découverte supposée de documents politiques dans son véhicule.
128 munitions tirées et 8 scènes de crime identifiées
Lors de sa conférence de presse, Olivier Christen a révélé l’ampleur de l’attaque. Les enquêteurs ont identifié 8 scènes de crime correspondant aux différents lieux du parcours meurtrier de Kévin T., qui avait préparé son passage à l’acte.
Le procureur a précisé que 128 munitions avaient été tirées au cours de cette attaque. Ce chiffre illustre la violence des faits et l’importance du travail de reconstitution engagé par les enquêteurs pour établir précisément les déplacements du suspect et les circonstances des tirs.
L’enquête est conduite dans un cadre antiterroriste. Parmi les qualifications pénales retenues figurent notamment l’assassinat et la tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste.
Un mort, quatre blessés graves : le pronostic vital de l’enfant de 12 ans n’est plus engagé
Le bilan humain communiqué par le procureur fait état d’une personne décédée et de quatre personnes gravement blessées. Trois des blessés sont toujours hospitalisés.
Olivier Christen a toutefois annoncé une évolution rassurante concernant l’enfant de 12 ans touché pendant l’attaque : son pronostic vital n’est désormais plus engagé. L’état de santé des autres victimes hospitalisées n’a pas été détaillé dans les éléments communiqués.
Le suspect conteste le caractère raciste de ses crimes
Autre précision importante apportée par le procureur : Kévin T. ne nie pas les faits matériels qui lui sont reprochés, mais conteste leur motivation raciste.
Olivier Christen a ainsi déclaré : « Kévin T., s’il ne conteste pas la matérialité des faits, conteste le caractère raciste de ses crimes. »
Cette déclaration intervient alors que Laurent Nuñez avait maintenu la piste d’un mobile raciste. La contestation exprimée par Kévin T. ne préjuge pas des conclusions que les enquêteurs et la justice pourront tirer des éléments recueillis.
Aucun tract politique retrouvé dans son véhicule, contrairement aux premières affirmations
Le procureur antiterroriste a également démenti une information diffusée après l’attaque concernant la découverte supposée de documents politiques dans le véhicule de l’assaillant.
Olivier Christen a été catégorique : « Aucun tract de parti politique n’a été retrouvé dans son véhicule. »
Cette précision contredit les affirmations relayées par plusieurs médias, notamment Le Monde. Elle écarte donc, à ce stade, l’existence de cette pièce matérielle particulière dans le dossier, sans permettre à elle seule de conclure sur l’ensemble des convictions ou des motivations du suspect.
La garde à vue du suspect a repris après son examen psychiatrique
La situation psychiatrique de Kévin T. a également été abordée. Sa garde à vue avait été suspendue samedi soir à la suite d’un examen médical, avant son transfert à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, où il a été placé en observation.
Un nouvel examen réalisé ce lundi a permis la reprise de la procédure. Selon le procureur, le psychiatre a estimé que Kévin T. ne présentait « pas de signes cliniques d’une pathologie aliénante » et « que la garde à vue pouvait reprendre ».
La garde à vue a effectivement repris à 14h46 ce lundi 26 octobre. Elle peut légalement se poursuivre jusqu’à jeudi à 0h36, compte tenu du cadre procédural applicable à cette enquête antiterroriste.
Quatre proches du suspect ont été placés en garde à vue puis relâchés
Les investigations ont également concerné l’entourage de Kévin T. Quatre personnes ont été placées en garde à vue afin de permettre aux enquêteurs de vérifier leur éventuelle connaissance des faits et de leur préparation.
Ces quatre personnes ont été remises en liberté dimanche soir. Olivier Christen a précisé qu’elles avaient été relâchées « sans suite à ce stade ». Aucune poursuite n’a donc été annoncée à leur encontre à l’issue de ces mesures.
Le procureur appelle à ne plus diffuser les images de l’attaque
Enfin, Olivier Christen est revenu sur la diffusion, sur les réseaux sociaux, de vidéos montrant le parcours meurtrier du suspect. Certaines images des faits ont largement circulé après l’attaque.
Le procureur a appelé « à la responsabilité » et demandé qu’« aucune image des faits portant atteinte à leur intégrité ne soit diffusée », en référence aux victimes et à leurs proches.
L’enquête antiterroriste se poursuit désormais pour établir l’ensemble des circonstances de l’attaque, les motivations exactes de Kévin T. et les conditions dans lesquelles il a préparé et exécuté son parcours meurtrier.

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