Dix ans après le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni pourrait rouvrir l’un des débats les plus sensibles de son histoire politique récente. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a laissé entendre ce lundi 26 octobre 2026 qu’un nouveau référendum pourrait être nécessaire si son gouvernement souhaitait rétablir la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Interrogé par plusieurs médias, le chef du gouvernement travailliste a assuré qu’il ne prendrait aucune décision majeure sur les relations avec Bruxelles sans obtenir l’adhésion de la population britannique. Aucune consultation populaire n’a toutefois été officiellement décidée. Cette ouverture intervient alors que Londres cherche à redéfinir ses rapports économiques et migratoires avec les Vingt-Sept, six ans après sa sortie effective du marché unique européen.
La libre circulation des personnes constituait l’un des principaux sujets de confrontation lors de la campagne référendaire de 2016. Avant le Brexit, les citoyens européens pouvaient, sous certaines conditions, s’installer, travailler et étudier au Royaume-Uni sans avoir à solliciter les visas désormais nécessaires pour de nombreux séjours de longue durée. Ce principe reste indissociable du fonctionnement du marché unique européen, qui repose sur la circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. Andy Burnham souhaite désormais ouvrir une discussion sur les avantages et les inconvénients d’un rapprochement avec Bruxelles. Le Premier ministre estime notamment que la structure de l’immigration britannique a changé depuis la sortie de l’Union européenne, avec une progression de certaines formes d’installation durable. Il considère également que le Brexit n’a pas nécessairement apporté le contrôle migratoire promis à l’époque par ses défenseurs.
Le chef du gouvernement britannique avance néanmoins avec prudence. Interrogé sur la possibilité de rétablir la libre circulation sans organiser de référendum, il a répondu par la négative, tout en laissant son entourage préciser qu’aucune décision définitive n’avait été prise sur les modalités d’une éventuelle consultation. Andy Burnham affirme qu’il ne prendra jamais d’avance sur l’opinion publique britannique concernant le Brexit. Il exclut également toute transformation majeure des relations entre Londres et Bruxelles avant les prochaines élections législatives, attendues au plus tard en 2029. Plusieurs scénarios pourraient être soumis au débat national, allant du maintien des accords actuels à un rapprochement douanier, voire à une réintégration du marché unique. L’hypothèse d’un nouveau référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne figure également parmi les possibilités évoquées, sans constituer à ce stade un engagement gouvernemental.
Un débat qui divise déjà les partis politiques britanniques
Cette évolution intervient alors que le Parti travailliste avait pris des engagements précis lors des élections législatives de 2024. Son programme excluait un retour à la libre circulation des personnes, au marché unique et à l’union douanière européenne. Andy Burnham assure rester attaché à ce mandat, tout en considérant qu’une discussion nationale sur les relations futures avec Bruxelles devient nécessaire. Il souhaite présenter différentes pistes autour du prochain sommet entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Le Premier ministre a toutefois fixé plusieurs limites à un éventuel rapprochement. Il ne se voit notamment pas recommander l’adoption de l’euro ni une adhésion à l’espace Schengen, qui permet de voyager sans contrôles systématiques aux frontières intérieures de ses États participants. Le Royaume-Uni n’appartenait d’ailleurs pas à Schengen lorsqu’il était membre de l’Union européenne et avait conservé sa monnaie nationale.
Les réactions politiques illustrent la persistance des divisions provoquées par le Brexit. La dirigeante conservatrice Kemi Badenoch estime qu’un retour à la libre circulation irait à l’encontre du choix exprimé par les électeurs en 2016. Nigel Farage, à la tête de Reform UK, dénonce pour sa part une remise en cause fondamentale de la sortie de l’Union européenne. À l’inverse, les libéraux-démocrates considèrent qu’un rapprochement avec le marché européen pourrait soutenir la croissance britannique et faciliter les échanges économiques. Pour les entreprises, la question dépasse le seul débat migratoire : elle concerne également l’accès à la main-d’œuvre, la mobilité professionnelle et les relations commerciales avec le principal partenaire économique du pays. En rouvrant cette discussion, Andy Burnham prend le risque de raviver les fractures politiques de 2016, mais cherche aussi à déterminer si une nouvelle orientation européenne pourrait obtenir un mandat démocratique. Pour l’heure, aucun calendrier référendaire n’a été annoncé et la position définitive du gouvernement reste à préciser.

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