Le parti britannique Reform UK, dirigé par Nigel Farage, se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique après la révélation de propos racistes, islamophobes et sexistes tenus par plusieurs de ses élus et candidats. Une enquête menée en caméra cachée par la chaîne ITV, dont les premières images ont été dévoilées mercredi 14 octobre, montre des responsables du parti anti-immigration tenir des propos particulièrement violents à l’encontre des minorités ethniques. Certains qualifient des familles asiatiques de « parasites », tandis qu’un élu compare des enfants noirs à des « animaux ». Ces révélations ont provoqué plusieurs démissions et suspensions au sein de la formation politique.
L’enquête, réalisée pendant près d’un an auprès de candidats et de conseillers municipaux en Angleterre et au pays de Galles, met notamment en cause Alan Feeney, conseiller municipal et maire adjoint de Solihull. Celui-ci a été filmé affirmant que la population britannique ne devrait pas compter plus de 1 % de personnes non blanches. Il a également tenu des propos appelant à expulser des habitants d’origine asiatique vers le Pakistan. Dean Miller, élu local à Bromley, a pour sa part tenu des propos racistes sur des enfants noirs et évoqué la décapitation du roi Charles III. D’autres séquences révèlent des commentaires misogynes et des propos à caractère sexuel visant des candidates du parti.
Nigel Farage sous pression après les révélations
Face au scandale, Reform UK a annoncé l’ouverture d’enquêtes internes et la suspension de plusieurs membres. Trois élus ont quitté le parti, parmi lesquels Alan Feeney et Chris Whelan. La direction affirme que le racisme n’a pas sa place dans ses rangs et assure avoir renforcé les procédures de vérification des candidatures. Elle critique toutefois les méthodes employées par ITV, accusant les journalistes d’avoir utilisé de fausses identités pour infiltrer son organisation. Richard Tice, vice-président de Reform UK, a même suggéré qu’une des personnes filmées pourrait avoir cherché à nuire délibérément au mouvement. Nigel Farage, qui promet depuis plusieurs années d’écarter les militants extrémistes, voit ainsi sa stratégie de normalisation de nouveau contestée.
Les réactions politiques se multiplient au Royaume-Uni. Bridget Phillipson, présidente du Parti travailliste, a dénoncé des déclarations profondément choquantes et demandé l’exclusion des responsables concernés. Cette affaire intervient alors que Reform UK cherche à consolider son implantation électorale après ses succès aux élections locales. Elle soulève de nouvelles interrogations sur le recrutement et le contrôle des candidats au sein d’une formation qui compte désormais plus de 2 300 conseillers locaux. Le documentaire complet, intitulé Undercover: A Year in Reform, doit être diffusé dimanche 18 octobre sur ITV. De nouvelles révélations pourraient encore accentuer les difficultés de Nigel Farage, alors que son parti tente de s’imposer durablement dans le paysage politique britannique.

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