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Royaume-Uni : les écologistes refusent de retirer une motion assimilant le sionisme au racisme, la polémique enfle

Royaume-Uni : les écologistes refusent de retirer une motion assimilant le sionisme au racisme, la polémique enfle
Royaume-Uni : les écologistes refusent de retirer une motion assimilant le sionisme au racisme, la polémique enfle

Le Parti vert britannique traverse une crise politique majeure après l’adoption d’une motion assimilant le sionisme à une forme de racisme. Dimanche 18 octobre 2026, Zack Polanski, dirigeant du Green Party of England and Wales, a confirmé qu’il ne chercherait pas à annuler cette décision, malgré les critiques de plusieurs organisations juives, de responsables politiques et de membres de sa propre formation. Interrogé sur la BBC, dans l’émission Sunday with Laura Kuenssberg, le responsable écologiste a expliqué que le texte resterait inscrit dans les positions officielles du parti jusqu’en 2028, conformément aux règles internes. Il a toutefois reconnu souhaiter modifier certaines formulations lors d’un prochain vote. Adoptée le 4 octobre lors du congrès des Verts à Brighton, la motion a recueilli 1 022 voix favorables contre 813 oppositions, révélant une formation profondément divisée sur la question israélo-palestinienne. Le texte définit le sionisme comme une idéologie favorisant un État juif ethnonational en Palestine historique, au détriment de la population non juive. Il affirme également que le parti doit traiter cette idéologie comme une forme de racisme. Cette position marque un tournant pour une formation politique qui cherche à renforcer son influence dans le paysage britannique, mais qui se retrouve désormais confrontée à une controverse dépassant largement ses rangs.

Au-delà de la condamnation du sionisme, la motion défend la création d’un État démocratique unique sur l’ensemble du territoire historique de la Palestine, avec Jérusalem pour capitale. Une orientation qui s’écarte de la solution à deux États traditionnellement soutenue par le Royaume-Uni et de nombreux partenaires internationaux. Le sionisme désigne historiquement un ensemble de courants politiques défendant l’autodétermination du peuple juif dans sa terre historique, mais ses interprétations et ses objectifs ont évolué au fil du temps. Certains courants soutiennent l’existence d’Israël aux côtés d’un État palestinien, tandis que d’autres défendent des conceptions territoriales plus étendues. L’assimilation générale du sionisme au racisme est donc vivement contestée par plusieurs organisations juives, qui y voient une remise en cause du droit des Juifs à l’autodétermination et un risque de stigmatisation. Les défenseurs de la motion affirment, de leur côté, dénoncer les politiques d’occupation, de colonisation et les discriminations subies par les Palestiniens. Zack Polanski, lui-même juif, considère que les conséquences de la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie doivent rester au cœur du débat. Il affirme néanmoins vouloir préserver la place des membres juifs au sein de son parti et rejette toute forme d’antisémitisme.

Des divisions internes et une rupture avec les travaillistes

La décision provoque des tensions importantes à l’intérieur du Parti vert. Plusieurs membres juifs ont dénoncé une motion qu’ils jugent dangereuse et incompatible avec leur engagement politique. Vivien Lichtenstein, figure des Jewish Greens, a notamment appelé Zack Polanski à quitter la direction du parti. Le responsable écologiste conteste cependant l’idée que les membres juifs de sa formation seraient unanimement opposés au texte et assure que certains soutiennent la position adoptée au congrès. Son absence lors du vote a également alimenté les critiques. Zack Polanski avait quitté la conférence pour participer à la campagne d’une élection législative partielle à Holborn et St Pancras, où son parti cherchait à réaliser une percée électorale. Cette décision lui est aujourd’hui reprochée par des militants qui estiment qu’il aurait dû participer personnellement à un débat aussi sensible. Dimanche, il a défendu le respect de la démocratie interne et expliqué qu’il ne pouvait pas revenir unilatéralement sur une décision prise par les adhérents. Il envisage néanmoins de proposer, lorsque les règles le permettront, une formulation laissant aux Israéliens et aux Palestiniens le choix de leur organisation politique future. Cette perspective de modification ne remet pas en cause le maintien immédiat de la motion, qui devrait continuer à alimenter les désaccords jusqu’en 2028.

La polémique a également des conséquences sur les relations entre les écologistes et le Parti travailliste au pouvoir. Le Premier ministre Andy Burnham a dénoncé une motion qu’il considère comme antisémite, tandis que la direction travailliste a menacé de mettre fin aux accords de partage du pouvoir conclus avec les Verts dans plusieurs collectivités locales. Le Labour participe actuellement à des arrangements de gouvernance avec les écologistes dans différentes municipalités anglaises. Sa direction souhaite désormais que les élus verts concernés prennent explicitement leurs distances avec le texte adopté au congrès. Les responsables écologistes dénoncent pour leur part une pression politique extérieure et refusent que le gouvernement intervienne dans leurs décisions internes. Cette confrontation intervient alors que Zack Polanski cherche à faire du Parti vert une force nationale capable de concurrencer les travaillistes sur les questions environnementales, économiques et sociales. Mais la controverse sur le sionisme menace de détourner l’attention de ses priorités électorales et de fragiliser ses alliances locales. Elle soulève également une question plus large sur la manière dont les partis européens abordent le conflit israélo-palestinien, entre défense des droits des Palestiniens, reconnaissance de l’autodétermination israélienne et lutte contre l’antisémitisme. En refusant d’annuler la motion, Zack Polanski choisit de respecter la décision de ses adhérents, au risque de prolonger une crise politique qui pourrait durablement peser sur l’avenir des écologistes britanniques.

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