Des heurts ont éclaté samedi dans plusieurs villes italiennes en marge de manifestations contre la hausse des prix et la stagnation des salaires. La présidente du Conseil Giorgia Meloni a condamné les débordements tout en réaffirmant son soutien à la police.
Milan, Turin, Bologne, Bergame : samedi, des affrontements ont émaillé des rassemblements organisés à travers l’Italie pour protester contre le coût de la vie, le niveau des salaires et la pénurie de logements abordables dans les grandes métropoles. Le bilan le plus lourd a été enregistré à Milan, où au moins quatre policiers et une vingtaine de manifestants ont été blessés.
Dans la capitale lombarde, des jeunes vêtus de noir et masqués ont lancé des feux d’artifice et des bouteilles sur les forces de l’ordre, dressant des barricades sur la Piazza Duomo. La police, d’abord contrainte de reculer dans l’attente de renforts, a finalement eu recours aux gaz lacrymogènes pour dégager la place. Une cinquantaine de personnes ont été interpellées, dont environ la moitié étaient mineures. À Bologne, les autorités ont utilisé des canons à eau et procédé à quatre arrestations, toutes concernant des mineurs, tandis que sept individus ont été déférés au parquet.
Dimanche, Giorgia Meloni a pris position avec fermeté, exprimant sa solidarité avec les policiers et dénonçant ceux qui, selon elle, ont instrumentalisé les cortèges pour provoquer des affrontements et « semer le chaos ». « Manifester est un droit, mais mettre le feu à nos villes ne l’est pas », a-t-elle déclaré. Le maire de Milan, Giuseppe Sala, a lui aussi condamné les violences, tout en reconnaissant le bien-fondé des revendications : « Les raisons de la protestation étaient compréhensibles. Les violences contre la police et les dégradations graves infligées à la ville ne peuvent en revanche pas être justifiées », a-t-il affirmé.
Ces événements s’inscrivent dans un climat social tendu, marqué par la hausse des prix de l’énergie et des difficultés croissantes d’accès au logement. À Rome, des milliers de personnes ont participé à un rassemblement organisé par la Confédération générale italienne du travail (CGIL). Son secrétaire général, Maurizio Landini, a annoncé à cette occasion une grève générale pour le 20 novembre.
Les troubles italiens interviennent alors que la France connaît elle aussi une vague de manifestations similaires, qui ont dégénéré en émeutes, incendies et pillages, avec plus de 1 800 arrestations recensées sur l’ensemble du territoire français.

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