Le Congrès des syndicats britanniques, qui représente plus de 5,3 millions de travailleurs, a adopté à l’unanimité une motion soutenant le mouvement BDS lors de sa conférence annuelle à Brighton. Une première dans l’histoire de cette organisation faîtière, qui accentue la pression sur le gouvernement travailliste.
C’est un vote historique pour le mouvement syndical britannique. Réunis en conférence annuelle à Brighton mercredi 16 septembre 2026, les délégués du Congrès des syndicats britanniques (TUC) ont adopté à l’unanimité une motion appelant à soutenir le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), né à l’initiative de la société civile palestinienne. Il s’agit de la première fois que l’organisation, qui fédère plus de 5,3 millions de travailleurs au Royaume-Uni, apporte son soutien formel à ce mouvement.
La motion, présentée par le syndicat Artists’ Union England, exige du TUC qu’il s’engage activement contre ce qu’elle qualifie de « destruction catastrophique de Gaza » et contre les violences des colons israéliens en Cisjordanie occupée. Concrètement, le texte prévoit de faire campagne pour mettre fin à la coopération militaire et aux ventes d’armes à Israël, d’appeler le gouvernement britannique à imposer des sanctions élargies, et de soutenir les initiatives syndicales en faveur de la cause palestinienne.
« Il est essentiel que le mouvement syndical réponde à l’appel du mouvement BDS, qu’il remette en cause toute complicité et qu’il utilise nos pouvoirs collectifs pour se tenir aux côtés des Palestiniens », a déclaré Zita Holborne, représentante d’Artists’ Union England, à l’issue du vote.
Omar Barghouti, cofondateur du mouvement BDS, a salué cette décision tout en estimant qu’elle devait s’inscrire dans un effort plus large. « Ce mouvement de solidarité de masse avec le peuple palestinien est la raison pour laquelle votre gouvernement a été contraint d’adopter des mesures mineures dans la bonne direction », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que ces avancées restaient « très en deçà des obligations légales du Royaume-Uni pour mettre fin à sa complicité dans le génocide, l’apartheid et l’occupation illégale ».
Ce vote intervient quelques jours après l’annonce par le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, d’une interdiction d’importation des produits issus des colonies israéliennes, jugées illégales au regard du droit international. Devant le Parlement, le chef de la diplomatie britannique avait dénoncé des actes de « nettoyage ethnique » perpétrés par des « terroristes colons » dans certaines zones de Cisjordanie. Mais Ed Miliband avait dans le même temps affirmé s’opposer « de tout cœur » au mouvement BDS, en soulignant que Londres entendait maintenir ses échanges commerciaux avec Israël dans le respect du droit international.
Pour Peter Leary, directeur adjoint de la Palestine Solidarity Campaign, le vote du TUC constitue un « point de bascule ». « Les syndicats ouvrent la voie vers un changement réel, en contraste saisissant avec la tentative du ministre des Affaires étrangères de discréditer le mouvement BDS palestinien », a-t-il estimé, appelant à maintenir la pression sur le gouvernement pour qu’il mette fin à tout soutien militaire, diplomatique et économique à Israël.

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