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Bruxelles s’alarme après la rafle anti-LGBT+ en Turquie

Bruxelles s’alarme après la rafle anti-LGBT+ en Turquie
Bruxelles s’alarme après la rafle anti-LGBT+ en Turquie

Ce lundi 14 septembre 2026, la Commission européenne a dit sa « préoccupation » après les arrestations et procédures engagées contre des militants LGBT+ en Turquie. Le porte-parole Christian Wigand a assuré que Bruxelles « suit l’évolution de la situation de près » et rappelé une évidence diplomatique : pays candidat à l’Union et membre de longue date du Conseil de l’Europe, Ankara doit garantir les droits et la dignité de tous, indépendamment de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle. Le message est mesuré. Le contexte, lui, ne l’est pas.

La police turque a multiplié dimanche 13 septembre les descentes dans des bars et aux domiciles de militants, au nom de la protection de la famille traditionnelle. Selon les parquets d’Ankara, d’Istanbul et d’Izmir, cités par l’agence étatique Anadolu, au moins 63 personnes ont été interpellées. L’opération a été mise en lumière par le pouvoir islamo-conservateur. Recep Tayyip Erdogan vise régulièrement les personnes LGBT+, qu’il qualifie de « pervers » et auxquelles il impute la chute de la natalité. Le cadrage officiel est moral. Le geste, lui, est policier.

Une candidate théorique, une répression bien réelle

LGBT+ et féministes forment, depuis l’arrivée au pouvoir en 2002 du camp islamo-conservateur, l’un des principaux pôles de résistance civile. Lundi, l’Union a aussi déploré le blocage de sites et de comptes sur les réseaux sociaux, ainsi que des allégations sur le financement d’organisations de la société civile. Bruxelles exige que ces organisations puissent agir « librement, en toute sécurité et sans discrimination », dans le respect de l’État de droit. Derrière la formule, c’est la possibilité même d’une opposition non partisane qui est visée.

Sur le papier, la Turquie reste candidate à l’adhésion. Dans les faits, les négociations sont gelées depuis des années. L’écart entre le statut et la pratique n’a jamais été aussi lisible. L’UE ne rouvre pas le chapitre d’adhésion. Elle consigne une dérive et rappelle un cadre juridique qu’Ankara continue d’afficher sans l’appliquer. Les arrestations de dimanche ne sont pas un incident isolé. Elles s’inscrivent dans une politique de stigmatisation assumée au sommet de l’État. Bruxelles s’en déclare préoccupée. Les militants, eux, sont déjà dans les procédures.

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