Les Suédois se sont rendus aux urnes dimanche pour des législatives dont l’issue reste incertaine : soit la gauche reprend le pouvoir, soit les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite, entrent pour la première fois dans un gouvernement.
Les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures du matin ce dimanche 13 septembre. Magdalena Andersson, cheffe de file des sociaux-démocrates, a été parmi les premières à voter, dans une école de sa commune de Nacka, au sud de Stockholm, accompagnée de son mari.
La dirigeante de 59 ans, qui fut en 2021 la première femme à occuper le poste de Premier ministre en Suède, a interpellé les journalistes après avoir glissé son bulletin : « C’est maintenant au peuple suédois de décider quelle direction notre pays doit prendre. Doit-on avoir un gouvernement entièrement dominé par les Démocrates de Suède, ce qui n’est jamais arrivé en Suède ? Ou doit-on avoir un gouvernement dirigé par moi, qui orientera la Suède dans un nouvel esprit de coopération ? » Son camp promet de renforcer l’État-providence et d’aider les ménages à faire face à la hausse du coût de la vie.
En face, le Premier ministre sortant Ulf Kristersson brigue un second mandat de quatre ans. Depuis 2022, il dirige une coalition de centre-droit qui s’appuie sur le soutien extérieur des Démocrates de Suède pour obtenir une majorité parlementaire. Si le bloc de droite l’emporte, ce parti aux racines néo-nazies, qui avait recueilli 20,5 % des voix en 2022, devrait cette fois obtenir des postes au sein du gouvernement. Kristersson a lui-même annoncé en avril qu’il leur ouvrirait les portes du Cabinet, tout en conservant la présidence du Conseil.
Le chef du gouvernement a résumé ses ambitions en une formule : « Nous voulons utiliser nos nouvelles et bien meilleures conditions pour améliorer la vie des gens ordinaires… pour rendre la Suède grande à nouveau. » Il entend capitaliser sur le bilan de son gouvernement en matière de lutte contre la criminalité organisée et de restriction de l’immigration.
Les sondages d’avant-campagne accordaient longtemps un avantage confortable au bloc de gauche, mais l’écart s’est resserré dans les derniers jours. Environ huit millions de personnes sont appelées à voter dans un pays de 10,6 millions d’habitants, où le taux de participation dépasse régulièrement 80 %. La moitié des électeurs avaient déjà voté par anticipation avant ce dimanche. Les bureaux ferment à 20 heures, heure locale, moment auquel les premières estimations doivent être publiées.

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