Laurent Nuñez refuse de parler d’un racisme au sein des forces de l’ordre. Interrogé ce dimanche dans « Franc-Jeu » sur les propos racistes enregistrés dans une vidéo impliquant notamment un policier municipal de Carcassonne, le ministre de l’Intérieur a reconnu l’existence de comportements individuels racistes, tout en rejetant fermement toute généralisation à la police et à la gendarmerie.
« Il n’y a pas de racisme dans la police, ni dans la gendarmerie », a affirmé Laurent Nuñez face à Benjamin Duhamel. Le ministre était interrogé sur l’affaire de Carcassonne, dont les enregistrements contenant des propos racistes, misogynes, homophobes et complotistes ont provoqué une importante polémique politique ces derniers jours.
Le journaliste lui a demandé si une telle affirmation ne risquait pas d’apparaître comme une manière de « minimiser un phénomène qui existe ». Laurent Nuñez s’en défend : « Je ne minimise pas les phénomènes isolés, individuels, qui donnent lieu à enquêtes et sanctions. »
« Il y a des policiers et des gendarmes racistes »
Le ministre apporte toutefois immédiatement une nuance importante : « Il y a des policiers et des gendarmes racistes. Mais ce n’est pas possible d’être raciste dans la police et dans la gendarmerie. »
Autrement dit, Laurent Nuñez distingue l’existence de comportements individuels de l’institution elle-même. Selon lui, lorsqu’un policier ou un gendarme tient des propos ou adopte des comportements racistes, des procédures doivent être engagées : « Quand c’est le cas, vous êtes sanctionné, vous êtes poursuivi et on a même parfois des révocations. »
« Le racisme, c’est un délit, il ne faut pas l’oublier », poursuit le ministre, rappelant que policiers et gendarmes sont précisément chargés de « combattre les auteurs de délits et de crimes racistes ».
L’affaire de Carcassonne relance le débat
Cette déclaration intervient quelques jours après la révélation d’enregistrements réalisés à Carcassonne, dans lesquels plusieurs policiers municipaux tenaient des propos particulièrement violents. L’affaire a été condamnée jusque dans les rangs du Rassemblement national, le nouveau maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, ayant annoncé la suspension des protagonistes concernés et qualifié les propos d’« à vomir et inexcusables ».
La séquence relance un débat récurrent sur l’existence du racisme dans les forces de l’ordre. Laurent Nuñez assume pour sa part une ligne très nette : reconnaître et sanctionner les policiers individuellement racistes, mais refuser catégoriquement de considérer le racisme comme une caractéristique de la police ou de la gendarmerie françaises.

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