Le Premier ministre britannique Andy Burnham veut faire de l’emploi des jeunes une priorité de son gouvernement. Près d’un million de Britanniques âgés de 16 à 24 ans ne sont aujourd’hui ni en emploi, ni en études, ni en formation. Dans une tribune publiée dans The Times, il estime que le pays doit davantage « investir dans la réussite » de cette génération plutôt que financer durablement son éloignement du marché du travail.
Selon les données de l’Office for National Statistics, environ 39% de ces jeunes sont au chômage et 61% sont considérés comme économiquement inactifs. Le nombre de 18-24 ans percevant des prestations liées au chômage atteint 331 000, presque deux fois plus qu’en 2016, même s’il reste inférieur aux pics observés après la crise financière de 2008 et pendant la pandémie.
Andy Burnham considère que cette situation traduit « une génération à qui l’on refuse la possibilité d’avancer dans la vie ». Il pointe plusieurs causes : les effets durables de la crise sanitaire, l’impact des réseaux sociaux sur la confiance et le sentiment d’appartenance, un système éducatif qu’il juge trop centré sur l’université et un marché du travail offrant trop peu d’opportunités. Le gouvernement doit présenter cette semaine un plan prévoyant 22 400 places d’apprentissage par an dans des secteurs comme la comptabilité, le droit ou le conseil, auxquelles doivent s’ajouter 40 000 placements dans le bâtiment. La réforme doit également modifier la logique de l’aide sociale : les prestations resteraient un filet de sécurité, mais l’accompagnement vers l’emploi deviendrait la priorité.
Le gouvernement veut réorienter l’aide sociale vers l’emploi
Le futur rapport sur les jeunes et le travail, attendu le mois prochain, pourrait aller plus loin. Son auteur, l’ancien ministre de la Santé Alan Milburn, plaide pour un transfert d’une partie des dépenses sociales vers l’accompagnement à l’emploi. Il affirme que l’État dépense aujourd’hui beaucoup plus pour verser des prestations aux jeunes que pour les aider à retrouver un travail. Burnham assure toutefois que « le filet de sécurité sera toujours là pour ceux qui ne peuvent pas travailler », mais estime que l’État doit tout faire pour permettre à ceux qui le peuvent de retrouver une activité. Cette orientation sera observée de près alors que le gouvernement doit présenter son premier budget le 28 octobre et qu’une partie des députés travaillistes s’était déjà opposée à de précédentes tentatives de réduction des prestations.
L’opposition conservatrice conteste toutefois la stratégie du gouvernement. Julia Lopez, secrétaire d’État fantôme au Commerce et aux Entreprises, accuse les travaillistes d’avoir aggravé la situation en augmentant les impôts et les contraintes pesant sur les entreprises, rendant selon elle les embauches plus difficiles. Les conservateurs proposent de leur côté de réduire de 36 milliards de livres par an (41,4 milliards d’euros par an) les dépenses sociales. Le débat porte donc désormais autant sur l’emploi des jeunes que sur le modèle de protection sociale britannique : le gouvernement veut déplacer une partie des moyens vers la formation et l’insertion, tandis que l’opposition privilégie une réduction plus large des dépenses de prestations.

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